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Enfin les impôts entrent dans la campagne !
La campagne à l'économie, par Hervé Nathan
Par Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne.
Il était temps qu'on parle un peu des impôts. Pour une raison de bon sens citoyen : aucun programme, aucune promesse de candidat qui cherche à soigner un peu soit-il les maux dont souffre la société n'est possible sans finances publiques, et donc sans les moyens de remplir les caisses. C'est désagréable, mais c'est ainsi. En moins d'une semaine, deux événements majeurs ont mis la question des impôts dans le débat, et créent un joyeux désordre, au PS comme à l'UMP.
Le premier est l'annonce de l'exil fiscal de Johnny Hallyday. La star part en Suisse, à Gsdaat, la station la plus huppée des Alpes, et peut-être du monde. Un paradis pour milliardaires. Pour Nicolas Sarkozy, c'est à l'évidence une contre-publicité puisque Johnny figurait en bonne place (à côté de Doc Gyneco, qui serait lui-même redevable de 700 000 euros au fisc), au premier rang du meeting de Marseille, avec force accolade pour le président de l'UMP. Toute la droite s'est désolidarisée du chanteur, depuis Copé, jusqu'à Chirac, qui à Bruxelles, commentait : « si j'apprécie l'artiste, je regrette l'attitude du citoyen ». On le comprend : l'UMP vient de voter une réforme fiscale d'ampleur, très favorable aux hauts revenus, dont Marianne (numéro 501) a rendu compte largement. Toute la droite est contre Johnny… sauf un irréductible, Sarkozy lui-même. Très crâne, le candidat a soutenu que le départ de Johnny posait le problème… de la fiscalité française, accusée de pousser « les talents » au départ.
Disons-le tout de suite, en l'occurrence, l'argument est faux. La Suisse, est tout simplement un paradis fiscal à nos portes. Alors que les citoyens helvétiques payent de lourds impôts, le droit du pays réserve aux riches étrangers un traitement particulier : imposition sur le train de vie apparent (en gros, le nombre de mètres carrés du logement) après une négociation à l'amiable avec le percepteur. Impossible de lutter contre une telle concurrence, sauf à supprimer complètement tout impôt en France. Par ailleurs, si Johnny, qui dit « en avoir marre de payer des impôts comme tous les Français », a des problèmes d'argent, c'est, apparemment, bien moins à cause du fisc que de son producteur historique Universal Music, à qui il réclame devant les prud'hommes 60 millions (oui millions) d'euros. Et tout le monde sait aussi que le chanteur a soutenu longtemps un train de vie extravagant, en entretenant une tribu de pique-assiettes…
Voici donc le désarroi fiscal installé à droite par un chanteur de rock : le président de l'UMP désavoue tous les parlementaires du parti, qui ont voté en bloc la réforme fiscale, en jurant qu'il n'y reviendrait pas. D'ailleurs le programme de l'UMP ne prévoit pas d'autres baisses d'impôts. Quant à Sarkozy lui-même, il refuse de démanteler l'ISF et prévoit une exonération des droits de succession, sauf pour les 10% les plus fortunés, dont on peut penser que Johnny en fait partie. Le désarroi est accentué lorsque Villepin et Breton lancent la retenue à la source. Comme ils ne sont plus au pouvoir que pour 5 mois, cela signifie qu'ils transmettent le bébé à leurs successeur. Or là aussi, la retenue à la source n'est pas dans le programme de l'UMP, mais dans celui du PS. Et pour cause, les socialistes y voient un moyen technique de parvenir à la fusion CSG-impôt sur le revenu, avec une option, la suppression du quotient familial. Du coup, Alain Lambert qualifie la proposition de Breton (une année de non-déclaration des revenus en 2008) de « non constitutionnelle ». Ambiance.
Le deuxième événement est venu secouer la gauche. François Hollande dans un entretien au Monde a réaffirmé un engagement du PS, celui de « revenir sur toutes les baisses d'impôts sur le revenu qui ont été accordées sur les tranches supérieures du barême ». Pas de chance, Le Monde a tronqué son titre. Du coup la droite cartonne sur le retour de la gauche « impôtphile ». Thierry Breton, ce mardi, lors de sa conférence de presse trimestrielle, s'en est donné à cœur joie. « Je suis littéralement effondré, parce que malheureusement, il est sérieux », s'est faussement indigné le Ministre des finances. Et d'ajouter : « dire qu'on va augmenter les impôts ça revient à dire qu'on va baisser le pouvoir d'achat de tous les Français, qu'on veut casser la consommation et la croissance. Autant dire qu'on veut des chômeurs en plus ! ». Le plus cocasse, c'est que dans la même conférence de presse, le ministre s'en est pris à l'UMP qui prévoit le retour à l'équilibre des finances publiques en 2012, alors que lui-même a envoyé à Bruxelles, quelques semaines auparavant, l'engagement de la France d'y parvenir en 2010. Interrogé par les journalistes, Breton affirme que pour atteindre ce but, il faut cesser… de baisser les impôts. !
On le voit, la question des impôts, sous des apparences techniques, est au cœur de la politique, et donc de la campagne. On aurait tort de s'arrêter à une polémique d'aussi courte vue. La question des impôts et de leur répartition demeure un discriminant entre la gauche et la droite.
Si François Hollande « préempte » la démocratie participative voulue par Ségolène Royal, en assénant d'un coup le programme, il pose deux jalons importants pour la campagne.
D'abord, en avertissant que les « prélèvement obligatoires ne baisseront pas », à la fois à cause du poids de la dette publique, et de l'ampleur des réformes à faire (retraites, formation, recherche, etc…). La France n'a plus de marges de manœuvres budgétaires. Et la réduction des déficits publics est une véritable nécessité si l'on veut éviter les recettes vraiment libérales qui conduiront à l'effondrement de la protection sociale, et à l'impuissance de l'Etat. Donc l'effort fiscal, aussi désagréable soit-il, est encore nécessaire.
Ensuite, il reste à répartir cet effort selon « un ordre juste ». C'est peut-être ce qu'a voulu exprimer François Hollande, s'il propose d'imposer davantage les plus riches (les tranches supérieures de l'impôt) pour baisser d'autres prélèvements (à prélèvements obligatoires constants). Mais on aimerait que ce soit Ségolène Royal, gardienne de la formule magique, qui nous explique comment elle compte s'y prendre.
Quand Villepin s'improvise conférencier
La campagne à l'économie, par Hervé Nathan
Par Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne
La conférence sur l'emploi et les revenus qui s'est déroulée jeudi au Conseil d'analyse stratégique (ex-commissariat général du Plan) ne restera pas dans les mémoires. A la sortie, tous les partenaires sociaux, syndicalistes comme patrons se tenaient à peine les côtes, tellement le résultat est insignifiant. « Tout ça pour ça », aurait dit Chérèque. Pourtant, quelques jours plus tôt Matignon avait jeté l'effroi au Medef, en le prévenant qu'il faudra que les employeurs fassent des efforts « parce qu'il s'agit bien d'un Grenelle social ». Mais il y a loin des lèvres à la coupe de ciguë. En fait, le « Grenelle » n'a pas acté grand chose. Sur les salaires rien, car demander à ce que les branches professionnelles négocient pour faire passer leurs minima de grille au-dessus du Smic, c'est bien le moins. Sur le Smic lui-même, on verra si le fait d'instituer un « comité d'experts » chargé de donner son avis sur la hausse annuelle est le premier pas d'une réforme que souhaite le patronat depuis longtemps ou pas. Quant aux crèches dans les hypermarchés, on est loin des besoins des travailleuses à temps partiels, dont le premier est tout simplement de sortir de la pauvreté.
Les deux petites avancées de la conférence sont d'une part le dispositif « locapass » généralisé (une sorte de caution publique pour les locataires), dont la naissance est forcément remise à plusieurs mois ou davantage, d'autre part la création d'un crédit d'impôt dont pourront bénéficier les ménages salariés non imposables pour les services à la personne. Il faudra attendre que cette mesure soit inscrite dans le collectif budgétaire pour voir qui en bénéficie réellement. Quant au coût de la mesure, ce sera le gouvernement en place en 2008 qui aura à en assumer la charge (on parle de 200 à 500 millions d'euros).
Au plan politique, on notera simplement que Villepin a mis en place deux éléments du programme présidentiel de Sarkozy. D'une certain, manière, c'est la caractéristique de la politique du Premier ministre : faire tout de suite ce que le président de l'UMP promet pour demain. De temps en temps, cela porte malheur. C'est ainsi que Villepin avait mis en place le CNE et le CPE, pour devancer Sarko, partisan du « contrat de travail unique ».
Au total donc, un bilan bien maigre. Le plus drôle, c'est que les participants à la conférence ont été prévenus qu'il en serait ainsi dès le matin, par…Emmanuel Todd ( lire son intervention sur Marianne2007.info). L'invité surprise de Villepin a tranquillement expliqué que rien de grand ne pourrait être fait sans repousser les contraintes de la mondialisation au niveau européen. Même si l'argumentaire frappé au coin du bon sens du démographe et historien mérite une vraie discussion, on se demande si Todd n'est pas venu excuser d'avance l'impuissance de Villepin.
Ségolène éclate les débats
La campagne à l'économie, par Hervé Nathan
Par Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne
C'était sur TF1. A 20 heures, Ségolène Royal lançait sa campagne « participative ». Questionner les Français sur leurs problèmes, bonne idée après tout. Ça nous laisse respirer avant le grand affrontement annoncé avec Sarkozy. On se dépêche d'aller sur www.desirsdavenir.org, pour y voir plus clair. Voici les quatre thèmes mis en discussion par SR. :
1) « l'éducation, la formation professionnelle et l'emploi »
2) « les violences, les insécurités et la précarité »
3) « le pouvoir d'achat » (rebaptisé depuis en « la vie chère »)
4) « l'environnement et le codéveloppement »
Tiens se dit-on. On discute d'un côté » les violences , c'est normal. Mélangé avec les insécurités (physique, sociales..) et la précarité.
Et puis de l'autre le pouvoir d'achat..
Etrange séparation, puisque c'est bien l'insécurité sociale (chômage, précarité), et l'emploi à temps partiel qui sont le principal facteur de baisse du pouvoir d'achat des ménages, en particulier les plus pauvres d'entre eux. C'est un socialiste, Jacques Delors, qui nous le rappelle (Marianne l'avait dit bien avant) dans son rapport du CERC remis vendredi à Matignon. De même l'Insee a publié son étude sur les revenus et le patrimoine des ménages 2006. D‘où il ressort que la France compte plus de 6,86 millions de pauvres, c'est-à-dire vivant avec moins de 788 euros par mois. Et la majorité d'entre eux sont des actifs. Il y a donc bien une relation étroite entre le travail, la précarité et le pouvoir d'achat. On espère que la candidate pourra faire la synthèse d'un débat écartelé en trois lieux (numériques). Sinon on risque d'y perdre la paroles des « meilleurs experts de leur vie… »
L'euro, Villepin, Trichet et les autres…
La campagne à l'économie, par Hervé Nathan
Par Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne
Alerte à l'euro. Villepin, qui n'est pas candidat, est parti en guerre contre «l'euro fort». Avec quelques arguments. En quatre ans, le dollar s'est dévalué de 50% par rapport à la monnaie unique européenne. Cela explique une partie (seulement) des difficultés d'Airbus. Le constructeur aéronautique n'en peut plus de lutter avec des coûts en euro, contre Boeing qui construit en dollar, les deux vendant leurs appareils en monnaie américaine. La conséquence devrait en être la recherche de sous-traitants en «zone dollar» c'est-à-dire partout sauf en Europe, au détriment des industriels allemands, français, espagnols. Villepin semble prêcher dans le désert politique. Le « patriotisme économique » n'a pas été repris dans le programme de l'UMP. Dans lequel on ne retrouve pas non plus les accents anti-européens de Nicolas Sarkozy dans les discours d'Agen et de Périgueux. Fini les envolées, inspirées d'Henri Gaino, sur la nécessaire redéfinition des missions de la Banque centrale européenne, ou sur un gouvernement économique européen. A gauche, on cherche vainement les déclarations de Ségolène Royale sur la question du niveau de l'euro, ou sur celui des taux d'intérêts de la BCE. On aimerait pourtant qu'on nous explique « l'Europe économique et sociale par la preuve ».
D'autant qu'il y a urgence. Notre confrère Eric Le Boucher, dans Le Monde de ce week-end, tire la sonnette d'alarme : « l'industrie française perd pied ». Les chiffres lui donnent raison : depuis 2001, la production industrielle n'augmente pratiquement plus. « C'est la faute aux 35 heures », assène Le Boucher. C'est peut-être un peu vrai. Mais les 35 heures explique-t-elle que depuis 2001, l'investissement dans ce secteur est lui aussi à zéro, alors qu'il avait bondi pendant la période 1998-2000, en pleine mise en place de la RTT ?
La vulgate du journalisme économique, sur le sujet de l'euro, cite volontiers les exemples allemands et espagnols. Le premier est champion du monde des exportations. Le second est champion de la croissance. Les deux avec l'euro. Ce serait la preuve qu'il n'y a rien à reprocher à Jean-Claude Trichet, et tout à réformer en France. Mais :
1- L'Allemagne a, patiemment et avec constance, pratiqué la désinflation compétitive. En cinq ans, elle a réduit à zéro le différentiel de coûts salariaux avec la France qui était de 15%. Et les entreprises ont continué à investir. Le prix de cette stratégie de conquête des parts de marché mondiales, ce sont les salariés, et les chômeurs, allemands qui l'ont payé. Le résultat : la consommation a longtemps stagné outre-Rhin
2- Les Espagnols ont profité de l'euro et de l'Europe. Les fonds structurels ont représenté 1% de croissance en plus pendant plus de 10 ans. Cela a aidé l'Espagne à rattraper son retard et à s'équiper. Et avec des taux de 2% de la BCE, quand l'inflation était de plus de 3%, il valait mieux emprunter de l'argent pour investir que d'épargner. Là aussi, on a calculé que les taux négatifs valait à l'Espagne 0,5% de croissance supplémentaire. Le Monde (toujours lui) d'hier nous explique qu'un économiste espagnol a calculé que l'immigration de 3 millions de personnes depuis 2000 aurait été à l'origine de la moitié de la croissance espagnole (3,6% par an).
3- La France, elle, a déjà expérimenté l'immigration. Le pays qui a fermé ses portes à l'immigration de travail en 1975 demeure celui qui abrite la plus forte proportion d'étrangers, ou d'origine étrangère. Malgré des ouvertures limitées et nécessaires, c'est un instrument de politique économique désormais hors de sa portée. Elle a aussi pratiqué la désinflation compétitive, sous les gouvernements Bérégovoy, avec Jean-Claude Trichet aux manettes. Là encore cet instrument ne peut servir qu'une fois. Qui peut sérieusement expliquer aux électeurs qu'il faut aujourd'hui plus de chômage de masse, moins de salaires, plus de précarité ?
Conclusion : si Villepin ne se présente pas à la présidentielle, il faudra bien que le débat sur l'Europe économique, ses buts et ses moyens, soit présent dans le débat politique.
Sarkozy, toujours davantage pour les riches
La campagne à l'économie, par Hervé Nathan
Par Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne
Sarkozy adopte la tactique Ségolène : lancer un (gros) ballon d'essai, faire parler de lui, puis revenir dessus et nuancer. Il l'avait fait à Agen en annonçant la suppression des droits de succession. Levée de boucliers (justifiée) au sein de l'UMP. Méhaignerie, mais aussi Alain Lambert trouve l'idée imbécile, puisque ce que cherche l'Etat (y compris Sarkozy lorsqu'il était à Bercy), c'est d'accélérer la transmission de patrimoine, pour éviter qu'une population vieillissante ne couche sur l'argent qui dort. « Supprimer les droits de succession, c'est aussi supprimer toute incitation fiscale à transmettre l'héritage par avance à des classes d'âges qui en ont besoin pour consommer », explique à Marianne l'ex-ministre délégué au Budget Alain Lambert. (Le sénateur vient de fonder un club Courage et convictions qui participe au débat au sein de l'UMP). On pourrait rajouter que supprimer les droits de succession, c'est construire à coup sûr une société de rentiers. Sarkozy pas bête, concède dans l'interview aux Echos de ce matin « que les modalités peuvent être discutées ». Dans son entourage on fait savoir que la défiscalisation pourrait être limitée à l'habitation principale. Bref, on rétropédale place Beauvau.
Mais Sarkozy avance un nouveau pion. Dans la même interview, le président de l'UMP se dit « favorable à la défiscalisation totale (des emplois familiaux) de l'impôt sur le revenu. » Alors là, ça va être la fête à Neuilly. La réduction d'impôt pour emplois familiaux existe depuis 1993, elle consiste à pouvoir retirer la moitié du salaire versé de l'impôt sur le revenu. Le plafond est actuellement de 15 000 euros (couple avec deux enfant), c'est-à-dire qu'en employant quelqu'un au Smic à plein temps, on peut réduire son propre impôt de 7 500 euros. Mais pour cela, il faut payer au moins cette somme au fisc. C'est donc réservé aux ménages les plus aisés. Le Snui a calculé qu'un couple avec deux enfant déclarant 70 000 euros de revenus fiscaux peut réduire son IR à zéro. En revanche, l'employé, lui paiera 391 euros au fisc !
Ce que propose donc Sarkozy, c'est de supprimer le plafond, et de doubler la déduction fiscale (on pourra déduire tout le salaire versé et plus la moitié). Evidemment, ce sont les plus riches, et en fait les extrêmement riches, qui en profiteront. Déjà en 2005, lorsque le plafond a été augmenté (par sarkozy à Bercy)) de 7 500 euros à 15 000 euros, seuls 30 000 à 40 000 contribuables ont profité de la mesure, qui coûte 64 millions d'euros au budget. La proposition Sarkozy n'est pas encore chiffrée. Nous espérons que debat2007.fr s'y attellera, et nous dise rapidement combien ça coûte, et surtout combien de personnes se partageront un telle manne publique.
PS. Un rappel à propos de debat2007.fr. Certes issu du très libéral et patronal Institut de l'Entreprise, ce site n'hésita pas à démonter la campagne de presse de Jean-François Copée. Le ministre du Budget avait fait chiffrer le programme socialiste par les services du ministère, donc de la direction du Budget. Résultat : 106 milliards d'euros ! Contre 48, selon le PS. Comme le document portait l'en-tête du ministère, le chiffrage, outrageusement gonflé, paraissait sérieux. En publiant son propre décompte, de 46 milliards seulement, debat2007.fr a rendu un fier service à la démocratie !
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