Le Blog de la Rédaction

Les billets quotidiens de la rédaction de Marianne sur l'élection présidentielle de 2007

Recherche




Marianne2007.info

Marianne-en-ligne.fr


Ségo dans l'ascenseur  

100% brut, par Philippe Cohen et Alain Léauthier

Le blug de Philippe Cohen et Alain Léauthier

Ça s'est passé cette semaine dans l'immeuble de Marianne. Sur un bord de la cage d'ascenseur, une main anonyme a chaudement vêtu Mme Royal pour le reste de ce faux hiver et de cette pré-campagne présidentielle qui hélas, par bouffées, sent déjà quelquefois le pâté avarié. S'inspirant de la forte créativité lexicale montrée par la patronne de Charentes-Poitou lors de son RTT exotique en Chine, l'insolent (e) a tracé : « Ségo, la connitude ». Le coupable ne s'est pas dénoncé d'autant que personne ne le lui demandait. Mais à la rédaction, un trouble s'est installé : « y aurait-il de la part de certains, y compris des confrères, acharnement sur la candidate ou pire, sur la femme ? » D'acharnement, le Petit Robert donne la définition suivante : « ardeur furieuse et opiniâtre dans la lutte, la poursuite, l'effort ». Cela correspond-il à l'attitude des médias français à l'égard de l'ex-chouchoute des sondages ? Dame Royal le croit ou du moins l'affirme, comme jeudi soir (1er février) à Grenoble pour le dernier des ses « débats participatifs ».

Donc si l'on comprend bien, dans un joli mouvement collectif digne des envolées de nos trois-quarts et arrières de légende, la classe médiatique se serait ruée toutes dents dehors sur une victime surtout coupable, nous explique-t-on, de ne pas lui flatter le museau, comme le fait si bien le petit Nicolas. Plumitifs, porteurs de micro, chroniqueurs et rédacteurs en chefs de tous acabits seraient-ils donc si dupes (ou complices flattés) de l'attention, millimétrée et roublarde, que leur témoigne le patron de l'UMP? L'affirmer d'un bloc peut sembler passablement injurieux pour les intéressés mais pas forcément illégitime, nos professionnels de la profession (celle d'informer) n'ayant pas vocation à échapper au regard critique dont eux-mêmes se prévalent.

Sauf que ce bel unanimisme pro-Sarkozy, pendant de l'acharnement anti-Royal, ne fait pas toujours évidence. Pour preuve, l'ample écho donné aux révélations du Canard Enchaîné sur les enquêtes pour le moins perturbantes conduites par les RG (et autres ?) sur la candidate ou son entourage. Pour preuve encore les interrogations régulières, récurrentes, sur la confusion des genres, des fonctions et, semble-t-il (malgré les démentis), des fonds, entourant le pétaradant début de campagne du toujours ministre de l'Intérieur.

Rien de comparable, insistent pourtant certains, avec le traitement au kärcher infligée à la dame en blanc. C'est bien simple : avant même d'ouvrir la bouche, cette dernière aurait été l'objet d'un procès en incompétence, fondé sur les seuls préjugés-politiques, intellectuels et théoriques-de ses procureurs. Hypothèse loin d'être absurde, à cette nuance près qu'en l'ouvrant finalement, dame Royal, n'a rien fait pour réduire au silence ces accusateurs de mauvaise foi. Car, comme l'explique Marianne ce samedi 3 février, bourdes il y eut et mauvaise campagne il y a. Ne revenons pas sur ses déclarations à géométrie variable concernant l'utilité, ou l'injustice, du mur séparant Israël des territoires occupés. Que dire du satisfecit donné à la justice chinoise, « plus rapide que la nôtre » ? Qu'en gravité, il vaut largement les oublis de ministre de l'Intérieur lors de ses propres déplacements dans l'Empire du Milieu où il s'est bien gardé d'embêter les autorités chinoises avec les questions qui fâchent. Que penser du « piège corse » tendu par un « comique » (il vous fait rire ?), qui estime que tout est bon du moment que cela accroît sa notoriété et donc son compte en banque, probablement déjà copieusement garni ? En réalité, pensons-nous, rien d'accablant sur l'idée, émise avec un léger rire de gorge, qu'une majorité de Français ne seraient pas mécontents si la Corse devenait indépendante. Somme toute, on a le droit, y compris la candidate, de ne pas ignorer l'irritation de nombreux citoyens (et peut-être surtout des Corses eux-mêmes) sur le sujet… surtout si cela ne porte pas à conséquence.

Ce n'est pas la liberté de parole de Ségolène Royal à propos de l'île qui fait problème. C'est sa parole même. L'ex-conseillère de François Mitterrand n'a visiblement pas encore pris la mesure de sa nouvelle stature : candidate à la fonction suprême. La méthode pour y parvenir peut, et d'ailleurs doit changer comme change l'époque. Mais l'enjeu reste le même et devrait inciter à la prudence absolue. Le patron du Parti socialiste peut éventuellement s'ouvrir de ses jugements plus ou moins sérieux et fantaisistes au chef d'un parti souverainiste québécois. Pas la possiblement future locataire de l'Elysée, à moins de partager avec lui une intimité très ancienne et sans risque, ce qui n'était manifestement pas le cas.

Prétendre du coup que Mme Royal n'aurait pas le sens de l'Etat relève sans doute de « l'acharnement » sans nuance n'ayant comme seul véritable objectif que de la « tuer ». Ce qui est le rôle de ses rivaux mais pas d'une presse sans autre parti que celui de ses lecteurs. Ceux-ci ont en revanche droit à tous les éclairages et tant pis si la lumière déforme plus que prévu. Ségolène Royal n'est condamnée à rien d'autre que de se montrer à la hauteur des valeurs annoncées et que beaucoup partagent dans le « pays réel ». Et ce n'est pas un complot des médias, pour autant qu'il existe, qui peut vraiment l'en empêcher.


Rédigé par Alain Léauthier le Vendredi 02 Février 2007 à 18:23 | Permalien | Commentaires (21)


Du fond du coeur  

100% brut, par Philippe Cohen et Alain Léauthier

Le blug de Philippe Cohen et Alain Léauthier

Toujours modeste, le rédacteur du – très réussi, il faut le reconnaître – discours de Nicolas Sarkozy au Palais des Congrès de Versailles, Henri Guaino, a reconnu que Nicolas Sarkozy avait quand même corrigé sa prose sur un point : il a remplacé « immigré » par « moi, petit Français au sang mêlé », expression qui, il est vrai, fait davantage songer à la prose d'Edwy Plénel qu'à celle du républicain Guaino. Conclusion logique : tout le reste du discours de Sarkozy a été rédigé du fond du cœur …. De Guaino. Bravo Henri, ta plume ne rouille pas !


Rédigé par Philippe Cohen le Mardi 16 Janvier 2007 à 15:34 | Permalien | Commentaires (5)


Campagne numérique  

100% brut, par Philippe Cohen et Alain Léauthier

Le blug de Philippe Cohen et Alain Léauthier

Vexée de ce que l'UMP ait un chouïa de plus d'adhérents que le PS (330 000 contre 280 000), le staff de Ségolène a décidé de relancer une campagne d'adhésions. En solde ? Ce serait logique : si une adhésion avec vote interne vaut 20 euros, une adhésion sans vote devrait valoir deux fois moins. De leur côté, énervés de ce que Ségo batte Sarko sur Internet, les sarkozystes ont lancé un nouveau site supportersdesarkozy.com, dont l'ambition est de recruter 500 000 supporters dans 5 000 équipes.


Rédigé par Philippe Cohen le Mardi 16 Janvier 2007 à 15:31 | Permalien | Commentaires (4)


Quand Ségo s'éveillera  

100% brut, par Philippe Cohen et Alain Léauthier

Le blug de Philippe Cohen et Alain Léauthier

Ségolène Royal a raison de faire l'éloge de la justice chinoise. Mais elle a manqué un autre argument de poids : la justice chinoise ne se distingue pas seulement de son homologue française par sa lenteur, mais aussi par son sens de l'économie. Ainsi, les familles de condamnés à mort (quelques milliers par an, quand même) se faisaient facturer les balles de leurs chers disparus. Dernière trouvaille en cours (dépêche AFP du 1er janvier) : limiter le nombre de détenus (1,76 millions) par des peines « à ciel ouvert » avec « soutien psychologique ». A copier d'urgence par le futur Garde des cseaux de Ségolène. Encore une ou deux sorties comme ça et le Syndicat de la magistrature appelle à voter pour Philippe de Villiers.


Rédigé par Philippe Cohen le Mardi 16 Janvier 2007 à 15:30 | Permalien | Commentaires (5)


Scénettes de campagne  

100% brut, par Philippe Cohen et Alain Léauthier

Le blug de Philippe Cohen et Alain Léauthier

Novembre 2004. Nicolas Sarkozy : « Je veux que, dans leur inconscient, les Français associent mon intronisation comme Président de l'UMP au sacre de Napoléon. »
Le coeur des communicants : « Oui patron ! »
Janvier 2007, Nicoolas Sarkozy: « Je veux que, dans leur inconscient, les Français associent mon affiche à celle de François Mitterrand qui gagna la campagne de 1981 ! »
Le coeur des communicants : « Oui patron ! »
Mai 2007, Nicolas Sarkozy : « Je veux que les électeurs qui m'ont soutenu assimilent mon retrait au départ de Napoléon pour Saint Hélène ! »
Un communicant : « L'ile de la Jatte, ça ne peut pas faire l'affaire ? »


Rédigé par Philippe Cohen le Mardi 16 Janvier 2007 à 15:26 | Permalien | Commentaires (0)





Commentaires


RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile