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Villiers et Le Pen : deux styles

Les dernières élections professionnelles ont montré une droitisation du monde agricole, sur laquelle Villiers et Le Pen tentent de surfer. Avec deux styles bien particuliers.



Crédit : Sylvain Lapoix
Crédit : Sylvain Lapoix
Au bout de la ligne 12, près de la station de métro Porte de Versailles, la France agricole tient son salon. En sortant de voiture, Philippe de Villiers porte une mauvaise nouvelle : « A partir de 2013, il n y aura plus d’agriculteurs. L’Europe était là pour les protéger, elle est aujourd’hui là pour les détruire». Comme pour les autres candidats, une meute de caméras et de micros serre le Président du conseil général de Vendée, dans les allées de ce qui ressemble soudain à un parc d’attraction de la ruralité. « On dit qu’il faut sauver Besancenot et Le Pen, mais personne ne parle de moi. Et bien le soldat Villiers se sauvera tout seul ! ».

Villiers court après Bayrou
Après avoir discuté avec des promoteurs de la vache bordelaise, charolaise et des fabricants de confitures de lait, la route de Villiers croise celle d’un autre candidat. C’est Bayrou. Un confrère qui suit le centriste depuis quelques minutes nous prévient : « c’est n’importe quoi. Bayrou, il arrête pas de faire des zigs-zags. Il ne suit pas du tout le trajet prévu ». La bousculade de caméramans est impressionnante. De Villiers flaire le bon coup. A une dizaine de mètres à peine, Bayrou vient de s’installer sur le plateau de la chaîne Public Sénat. Après quelques instants, De Villiers se dirige donc en direction du troisième homme. Mais la foule de caméras est dense et laisse au béarnais le temps de voir venir l’assaut du vendéen. Le troisième homme s'esquive, plusieurs caméramen trébuchent.

Le Pen, ses militants et les noirs
Une demi-heure plus tard, Jean-Marie Le Pen descend de voiture. Il a mis sa tenue de salon de l’agriculture : veste kaki et casquette rayée. Les applaudissements n’ont rien de spontané, un comité d’accueil est là. « Le Pen président » crie une militante du Front national venue du Gard avec ses deux enfants. Plus loin, quatre adolescents de 17 ans, originaires du Pas-de-Calais racontent qu’ils sont dans le même lycée et que leurs parents travaillent tous dans la « polyculture et l’élevage ». Autre point commun, ces quatre compères aiment bien Le Pen. «On pense qu’il y a beaucoup de noirs, il faut arrêter de les faire rentrer» dit l’un d’entre eux, vite approuvé par les autres.

Quelques mètres plus loin, Deborah, une jeune femme noire suit la foule dans le sillage de Le Pen. Un cadre du Front national prend cette lycéene des Yvelines par le bras et demande à la sécurité de lui frayer un passage. Le candidat Le Pen embrasse la jeune fille noire de dix-sept ans. Les flashs crépitent. « Il ne faut pas croire les horreurs qu'on dit sur Le Pen affirme l'un des jeune homme. Ce dernier, nous assurait quelques minutes plutôt penser que: « les noirs veulent prendre nos places et nos emplois ».
Mardi 06 Mars 2007 - 19:03
Octave Bonnaud
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