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Uribe drague McCain et néglige SarkozyDes médias américains ont révélé que le président colombien avait informé le candidat républicain John McCain par avance de la libération d’Ingrid Bétancourt pour s’assurer de sa présence au moment de la cérémonie… oubliant de prévenir le Président français !
Le sénateur McCain ©.johnmccain.com
Alvaro Uribe ne libère pas Ingrid Bétancourt toutes les semaines ! Alors, tant qu’à faire, autant en profiter pour s’assurer les bonnes grâces d’un homme susceptible de jouir d’une certaine influence dans l’avenir. Comme le candidat républicain à la présidence des États-Unis John McCain qui, «coïncidence», se trouvait en Colombie depuis mardi 1er juillet en visite auprès du Président.
Un coup de pouce à McCain… Dès la libération des 15 otages retenus par les Farcs (dont trois Américains), le Washington Post découvre le pot aux roses: Alvaro Uribe avait personnellement informé le sénateur McCain de l’imminence de l’évènement dès son arrivée, offrant ainsi au candidat à l’élection américaine l’occasion de figurer sur la photo de famille du triomphe militaro-humanitaire. Le choix du président colombien de privilégier McCain à Obama est transparent : le candidat républicain a soutenu un accord de libre-échange américano-colombien, rejeté par son adversaire démocrate, et fait des propositions concrètes pour la lutte contre la production de drogue dans le pays. Un petit programme auquel il a pu ajouter, à l’occasion de son voyage, un couplet sur la façon dont il aurait libéré les trois otages Américains s’il avait été Président… Le genre de discours antiterroriste à même d’influer très positivement sur une candidature en temps de crainte : merci Alvaro ! …un croche-patte à Sarko ! Et Sarkozy alors? On imagine mal le Président français se priver de la photo souvenir au côté de l’hypermédiatique madone Ingrid Bétancourt pour un simple vol transatlantique. Dès lors, l’évidence s’impose : le chef d’État colombien a préféré prévenir le candidat républicain à la présidence des États-Unis plutôt que Nicolas Sarkozy. Ce qui n'empêche pas Yves Thréard, du Figaro, d'interpréter cette libération comme une «victoire personnelle de Sarkozy». Mais il ne faut pas insulter l’avenir et de toute évidence, pour Alvaro Uribe, Sarkozy, c’est déjà du passé. Jeudi 03 Juillet 2008 - 17:53
Sylvain Lapoix
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