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PARTIS

UMP recherche militants: prix à débattre

Répondant aux inquiétudes du président de la République face à l'hémorragie des militants, l'UMP tente de redynamiser sa base. Supprimer ou réduire les cotisations, généraliser les votes aux primaires, les cadres multiplient les idées... dans l'espoir d'une promotion ?



Pupitre de la salle de presse au siège de l'UMP. Crédit : SL
Pupitre de la salle de presse au siège de l'UMP. Crédit : SL
Adhésion à prix réduit, démocratie interne... L'UMP serait-il le dernier conservatoire des idées de Ségolène Royal ? Non, il est tout simplement en manque de bras. Passée la ferveur présidentielle qui avait amené plus de 370.000 personnes à cotiser, comme le rappelle avec nostalgie le site de l'UMP, le nombre de militants a plongé sous la barre des 200.000 depuis le printemps.

Une débandade que n'apprécie pas du tout Nicolas Sarkozy, considérant les effectifs de son parti comme un reflet de son influence. «Le Président a tiré une partie de sa légitimité du nombre de militants qui se sont engagés pour lui, rappelle-t-on au siège du parti. Il a besoin d'avoir un parti qui continu d'être à l'initiative dans le débat politique, comme il l'a été durant la campagne.»


Adhésion gratuite ou «low cost» ?
A la mi-août, Le Point avait évoqué, dans une brève, la proposition du président de supprimer la cotisation, à la façon du parti démocrate américain où le don est libre mais l'inscription gratuite. La plupart des cadres UMP assuraient n'en avoir «jamais entendu parler». «Notre budget ne nous permet pas de nous passer des cotisations», estimait un responsable.

Selon des proches du secrétariat général, l'idée est en fait bel et bien «à l'étude» : «les cotisations pour le parti, c'est peanuts !» assure un conseiller. A 25 euros par an de cotisation maximum (des réductions sont prévues pour les jeunes, les étudiants, les couples et les chômeurs), les 200000 cotisants apporteraient tout au plus 5 millions d'euros, soit environ sept fois moins que le financement public calculé sur les résultats des dernières législatives.

«La contribution financière est symbolique d'un engagement», estime Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP qui imagine des adhésions à bas prix (5€) ouvrant le droit au vote lors des primaires. Une proposition étonnante quand on se souvient qu'en juin dernier l'idée de réduire les cotisations avancée par Nathalie Kosciusko-Morizet avait été fermement rejetée par le bureau politique.

Les primaires : l'attrape-militants
En revanche, l'idée de relancer les adhésions en impliquant les militants dans la désignation des candidats aux élections locales via des primaires avait été plébiscitée. Les dernières élections ont été un bon laboratoire : «à Paris, en un an, on est passé de 3.000 à 22.000 adhérents au moment de la désignation du candidat aux municipales,» rappelle un responsable fédéral.

Le possible départ de Patrick Devedjian fait espérer un rebattage des cartes dans le parti. Crédit : SL
Le possible départ de Patrick Devedjian fait espérer un rebattage des cartes dans le parti. Crédit : SL
Résultat : des primaires seront organisées à l'occasion des régionales de mars 2010 pour les têtes de liste UMP. Avec cette annonce, le parti espère regonfler ses effectifs «dès septembre». Mais, comme le souligne un cadre : «la vie interne de l'UMP ne s'arrête pas aux régionales.»

«La suite» ce sont notamment les élections internes des fédérations UMP à la mi-novembre et la succession de Patrick Devedjian à la tête du parti qui devraient libérer quelques postes. La course aux idées est donc aussi une course à la promotion : chacun espère que sa trouvaille pour relancer le militantisme lui vaudra du chef de l'Etat un poste politique, voire ministériel.

Que restera-t-il aux militants à plein tarif ?
Thierry Solère, le Monsieur Internet du parti, responsable de la fédération numérique, défend le rôle des sympathisants (surnommés «supporters» pendant la campagne) : «le vote des sympathisants s'impose naturellement dans l'évolution actuelle des partis et de la démocratie et l'UMP doit en tenir compte.» Une autre option de gratuité qui révolte les cadres, pour qui «Solère prêche pour sa paroisse.»

Si les idées se bousculent pour rendre le militantisme plus accessible, quel privilège restera-t-il aux militants «à plein tarif» de l'UMP ? «On trouvera bien quelque chose...», se défile un membre du bureau. Que ce soit au gouvernement ou à l'UMP, la crise du pouvoir d'achat fait décidément des ravages dans la majorité.

Lundi 01 Septembre 2008 - 08:24
Sylvain Lapoix
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