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POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE

Tapie : le PS interpelle Lagarde

Les députés socialistes demandent à Christine Lagarde de ne pas valider l’arbitrage favorable à Bernard Tapie.



Tour du crédit Lyonnais à Lille - rrattuss - Flickr, CC -
Tour du crédit Lyonnais à Lille - rrattuss - Flickr, CC -
Bernard Tapie, c’est un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock. On ne sait pas comment s’en défaire. Et comme l’affaire Tapie dure depuis treize ans… Avant de partir en vacances, les députés PS ont fait un petit cadeau à Christine Lagarde, en lui écrivant (Voir ci-dessous la lettre de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste. Ils mettent en évidence qu’elle a le pouvoir de ne pas valider la sentence qui attribue 45 millions d’euros à l’ex-homme d’affaires.

Evidemment, la ministre de l’économie ne devrait pas donner suite à la demande socialiste. Elle a elle-même contraint les hauts fonctionnaire siégeant au CDR de voter en faveur d’un arbitrage et d’abandonner toute voie judiciaire. Seul le député de la Marne Charles de Courson s’y étant opposé, comme l'ont rapporté le Canard Enchainé et mediapart.

Mais elle aura le déplaisir de confirmer qu’elle ne s’oppose pas à ce que les contribuables payent 45 millions d’euros de réparation pour «préjudice moral» à Bernard Tapie, un ami du président. C’est toujours populaire pour un ministre chargé de bien gérer l’argent public…

Madame la Ministre,

La sentence arbitrale rendue à propos du contentieux ancien entre le CDR et Monsieur Bernard Tapie a suscité la surprise, l’incompréhension et l’émotion que vous savez dans l’opinion publique.

Comme bien d’autres, le groupe socialiste que je préside s’est étonné de ce que l’on choisisse de faire appel à un tribunal arbitral (justice privée) alors que l’autorité judiciaire était saisie et avait déjà rendu plusieurs décisions, y compris par la Cour de cassation. De plus, la lourdeur des condamnations prononcées à l’égard du CDR et le montant considérable des sommes en jeu ne peuvent manquer de surprendre au regard de ce que l’on savait de ce dossier qui concerne l’Etat et l’argent des contribuables.

Or, il semblerait que cette sentence puisse être utilement frappée d’appel en nullité, avec des chances réelles de succès.

En conséquence, il nous paraîtrait opportun et hautement souhaitable que vous donniez les instructions nécessaires à ce que l’autorité judiciaire soit à nouveau saisie, afin que nul ne puisse plus nourrir la moindre suspicion à l’égard des décisions qui seraient rendues. Comme il est probable, compte tenu des délais, que les conseils d’administration concernés se réunissent dans les heures ou les jours qui viennent, nous pensons qu’il y a urgence. Si, au contraire, vous choisissiez de donner des instructions contraires, je vous saurais gré, de m’en faire connaître de manière précise les motifs que, en l’état, nous ne parvenons pas à imaginer.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’expression de ma très haute considération.



Jean-Marc Ayrault


Jeudi 24 Juillet 2008 - 12:42
Hervé Nathan
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