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TF1 : La galère n'a pas fini de voguerSelon l’étude d’un des plus grands cabinets d’analystes de médias basé à Londres, TF1 paie son retard en matière de diversification numérique et pâtit de l’atonie du marché publicitaire. Pire, la première chaîne «devra attendre deux à quatre ans pour voir le bout du tunnel».
TF1 n’a pas fini d’en baver. Le bout du tunnel est loin. La chaîne aura besoin de deux à quatre ans de profondes et douloureuses remises en question pour seulement l’apercevoir.
C'est le groupe d’analystes médias anglais Screendigest qui dresse ce constat dans l’une de ses études consacrée à la première chaîne française. Globalement, « l’industrie télévisuelle est sur le point de s’enfoncer dans un véritable marasme de plusieurs années combinant ralentissement économique, réduction des dépenses publicitaires de la part des annonceurs et fragmentation accélérée de l’audience avec l’extinction de l’analogique en 2011 » écrivent les rapporteurs. Dans ce contexte, les acteurs ayant raté le train de la diversification numérique seront les plus atteints. Et c’est là que le constat se fait véritablement inquiétant pour TF1. Car c'est précisément dans ce domaine que la chaîne a pris le plus de retard, le duo Le Lay-Mougeotte ayant multiplié les erreurs stratégiques. Dans une interview accordée récemment aux Echos, Nonce Paolini ne jette pas la pierre à ses prédécesseurs : « L'équipe précédente a fait de TF1 une magnifique réussite. Maintenant, sur le chapitre précis de la TNT, il faut se remémorer l'époque : il y avait TPS, des incertitudes sur la technologie numérique et bien sûr un réflexe de protection face au danger que pouvait constituer la TNT... ». TF1, indirectement affectée par la baisse du pouvoir d'achat La chaîne est frappée de plein fouet par la crise du marché publicitaire, les performances d’audience de la chaîne leader du groupe, notamment sur les créneaux les plus stratégiques, ont connu des baisses significatives au cours de l’année 2008, tombant de 30% à 27,8%. De même TF1 a subi une diminution de son chiffre d’affaires de 4,7% et de 3,6% de ses recettes publicitaires qui représentent pourtant 2/3 des revenus du groupe. Clin d’œil de l’histoire, la chaîne du groupe Bouygues pâtit lourdement de la baisse du pouvoir d’achat des français. « TF1 est frappé de plein fouet par la crise du marché publicitaire. Les marques de grande consommation, affectées par la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation des prix, ont beaucoup moins investi sur le marché publicitaire télévisuel ». Les esprits mal intentionnés, convaincus des accointances de la chaîne avec le pouvoir politique, estimeront qu’on est toujours puni par là où on a pêché… Et le chemin de Damas sera long : « Il est fort à craindre que TF1 ne soit qu’au commencement d’une douloureuse et longue phase de transition comparable à celle expérimentée par le groupe ITV en Grande Bretagne. Le leader traditionnel de la télévision privée britannique a en effet connu huit années de crise : la fragmentation de l’audience entraînant une baisse de part d’audience et la chute des recettes publicitaires année après année » écrit Screendigest. Bouygues, fidèle au poste Une lueur d’espoir quand même, si les fondamentaux sont inquiétants pour TF1, les changements réglementaires prévus en 2009 devraient apporter une bouffée d’oxygène d’environ 250 millions d’euros à se répartir entre l'ensemble des chaînes privées. Commentant les résultats du premier semestre du groupe TF1, Martin Bouygues avait rassuré son monde en déclarant qu’il « n’avait aucunement l’intention de se désengager de TF1 ». Compte tenu de la conjoncture, une telle déclaration relève presque de l'évidence. On ne voit pas quel Vincent Bolloré mal inspiré prendrait aujourd’hui le risque de s’aventurer dans un tel bourbier en des temps si incertains. Jeudi 04 Septembre 2008 - 13:45
Régis Soubrouillard
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