Nicolas Sarkozy adore la bagarre. A condition d’être en position de frapper le premier. Dès qu’il est non plus l’assaillant mais la cible, dès qu’il encaisse un bourre-pif avant d’avoir pu décocher son uppercut, le jeu lui est alors insupportable. Pouce, je ne joue plus, j’ai la migraine…
Son idée de « rupture » ne passe pas dans l’opinion ? On veut m’abattre ! Son voyage aux Etats-Unis où, bien que n°2 du gouvernement, il s’est autorisé à dénoncer l’arrogance de la diplomatie française dans le traitement du dossier irakien, a scandalisé des millions de Français ? On veut m’abattre ! Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis Debré, François Bayrou et quelques autres font entendre une autre musique que la sienne ? On veut m’abattre ! Des sondages placent Ségolène Royal devant lui ? On veut m’abattre… Calimero Place Beauveau !
Sauf que le gentil petit poussin un brin paranoïaque, qui répétait sans cesse, avec un cheveu sur la langue : « c’est trop injuste », n’avait pas autant d’amis dans les médias. Un exemple : le 23 octobre prochain, France 2 diffusera un documentaire plutôt sévère de Patrick Rotman sur Jacques Chirac, président de la République encore en exercice. Vous en connaissez, vous, des chaînes - publiques a fortiori - qui prendraient le risque, aujourd’hui, de diffuser un documentaire à charge sur Nicolas Sarkozy ? Non ? Nous non plus.