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DIPLOMATIE

Sarkozy veut une Europe qui protège… le programme de Sarkozy

Invité ce soir sur France 3, Nicolas Sarkozy, qui prend demain la présidence du Conseil de l'Europe, a défini ses priorités pour les six prochains mois : protection, protection, protection.



Sarkozy veut une Europe qui protège… le programme de Sarkozy
Une Europe sociale ? Ah non, quelle horreur. Pour Nicolas Sarkozy, qui était ce soir l'invité du 19/20 de France 3, « le social doit rester national ». La présidence française de l’Union européenne aussi, d’ailleurs. En effet, le président a une conception un peu particulière des six mois qu’il va passer à la tête du conseil de l'Europe. Pour lui, c’est un simple moyen de faire adopter les mesures (surtout fiscales) nécessaires à la réalisation de son programme… franco-français.

Il se fait fort, ainsi, de pousser les partenaires européens à accepter une baisse de la TVA sur les produits pétroliers, ainsi qu’une TVA à 5,5% pour les restaurateurs, mais aussi les disques et les vidéos — « qui sont des produits culturels au même titre que les livres » (dont la TVA est actuellement à 5,5%). Bref, l’Europe doit permettre à Nicolas Sarkozy de tenir ses promesses fiscales. Pour lui, et il l'a bien martelé toute la soirée : « c'est ça une Europe qui protège» Enfin, qui protège surtout Nicolas Sarkozy de la colère des Français : marins-pêcheurs, camionneurs, patrons de restaurants, etc.

Une chose en tout cas est acquise : pour Sarkozy, une Europe protectrice, ce n’est pas une Europe sociale « l'Europe ne doit pas s'occuper de tout !», a-t-il affirmé — en oubliant qu'une directive sur le temps de travail plafonné a été votée il y a quelques jours seulement. Une Europe protectrice, pour le président, c'est une Europe compétitive — il a égratigné au passage la BCE qui « devrait se poser la question de la croissance économique et non seulement de l’inflation» — et une Europe qui exige la «réciprocité» et impose aux pays importateurs les même règles qu'aux pays membres. Une Europe protectionniste, en somme. Mais alors, où est passée la TVA sociale ?

Lundi 30 Juin 2008 - 21:09
Bénédicte Charles et Sylvain Lapoix
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