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SYNDICATS

Sarkozy remonte sur le ring contre les grèviculteurs

Pour la première fois, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration impromptue en direct depuis l'Elysée alors que les manifestants étaient encore dans la rue.



Nouvelle tactique du chef de l'Etat: l'effet de surprise
Nouvelle tactique du chef de l'Etat: l'effet de surprise
Les manifestants arrivent place de la République à 16H30, fin du trajet qui était parti de la place d'Italie. 18 000 selon la police, 60 000 selon la FSU, l'écart est énorme et entre les deux estimations difficile de savoir vers laquelle pencher. Sur place, les enseignants grévistes se disent en tout cas rassurés «d'une telle mobilisation. On continue d'y croire, le Gouvernement va être obligé de céder» déclare Monique, professeur des écoles depuis vingt ans. À l'angle de la rue Charlot et du boulevard du Temple, devant la bourse du Travail, un groupe de sans-papiers mêlent leurs cris à ceux du cortège. Pendant une quinzaine de minutes, professeurs, agents de la fonction publique et lycéens scandent : «So,So, Solidarité avec les sans-papiers !» La police se fait alors plus présente, ce crochet n'était apparemment pas prévu. À quelques mètres, sur la place, les manifestants se dispersent rapidement. Des élèves de seconde du lycée Georges Brassens à Paris sont optimistes : «Nous sommes solidaires avec nos professeurs, nous ne céderons pas devant le Gouvernement».


Droit au travail
Surprise : à 17H30, on apprend que le président de la République prendra la parole depuis l'Elysée à 18h15 sur le thème de l'Education nationale. Depuis le début de son mandat, les interventions du président étaient toujours annoncées quelques jours à l'avance au moins. C'est donc une première : même au plus fort du mouvement contre les retraites, Sarkozy n'était pas intervenu à chaud.
Comment expliquer cette sortie télévisuelle imprévue? Si la grève des profs a été très suivie, elle a aussi été fort impopulaire auprès des parents d'élèves. Le président a d'abord voulu profiter de cette conjoncture. C'était aussi une bonne occasion de rappeler aux députés de l'UMP actuellement en bisbille avec le gouvernement qu'il restait le seul maître à bord, le chef de la droite, un homme d'action prêt à affronter les grévistes.
mobilisation à peine terminée ? Pas Cette intervention était donc avant tout symbolique, destinée à la fois à l'opinion et à la majorité. Car sur l'école, le président n'a rien dit de bien nouveau : il a essentiellement confirmé les mesures de Xavier Darcos. «Je respecte le droit de grève, a-t-il dit, mais le droit au travail aussi.» Nicolas Sarkozy a également annoncé le dépôt, au début de l'été, d'un projet de loi sur le droit de l'accueil des enfants à l'école les jours de grève et l'obligation de la mise en place, par les communes, de structures rendant possible cet accueil. Il a ajouté que les communes seront dédommagées et que cette organisation sera financièrement assumée par l'Etat. Reste à savoir si les syndicats n'interpréteront pas cette réaction à chaud comme une déclaration de guerre à quelques jours de la grande grève du 22 mai.

Jeudi 15 Mai 2008 - 19:46
Pauline Delassus
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