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DIPLOMATIE

Sarkozy provoque l’ire de l’Eire

Sarkozy a plus d'un tour dans son sac. En déclarant que les Irlandais devraient revoter sur le traité de Lisbonne, le président par intérim de l'union européenne a réussi à rassembler les partisans du Oui et du Non...contre lui.



«La nouvelle Europe ne vous verra pas, ne vous entendra pas, ne parlera pas pour vous.»©Politics.ie
«La nouvelle Europe ne vous verra pas, ne vous entendra pas, ne parlera pas pour vous.»©Politics.ie
« Cela ne fait aucun doute, si l’on force les irlandais à voter encore une fois sur ce traité impérialiste, le Non l’emportera à 64% ». Voilà Sarkozy prévenu. C’est en tout cas la conviction de Roger Cole fondateur de l'Alliance pour la Paix et la Neutralité, opposant au traité de Lisbonne et qui compte bien dire ses quatre vérités au président français lors de sa visite à Dublin lundi.

Le premier ministre irlandais très irrité
C’est qu’en affirmant devant les députés UMP que les Irlandais devraient revoter sur le traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy a déclenché un tollé dans le pays. Editorialistes et politiques s’en donnent à cœur joie.
Même les partisans du Oui ne supportent pas cette ingérence politique.
Si le premier ministre Brian Cowen, a souligné qu’il ne pouvait pas empêcher les leaders européens sur un sujet de cette nature, l’irish Times rapporte « qu’en privé, il est apparu très irrité par les propos du président Sarkozy ».
Le ministre des affaires étrangères a , pour sa part déclaré que « c’est l’Irlande et l’Irlande seule qui déciderait des actions à mener ».

Position insultante
Même indignation de la part du Sinn Féin, seul parti irlandais à avoir soutenu le « non » le 12 juin, pour qui la position attribuée au président français est « profondément insultante pour le peuple irlandais ».
« Cela illustre bien la nature anti-démocratique de ce qui se passe à Bruxelles », s'est insurgé Declan Ganley, l'un des chefs de file des « nonistes » irlandais.

Détour discret par Dublin
Depuis Sarkozy, a mis un peu d’eau dans son scotch. «Le Président n’a pas donné d’ordre aux Irlandais mais à l’issue du processus de consultation, il serait logique de repasser par un vote» a précisé l’Elysée.
Preuve de la fébrilité du président, l’Irish Times rapporte que les projets de Nicolas Sarkozy de « rencontrer » le peuple irlandais ont été abandonnés à la dernière minute compte tenu de la nervosité de la partie française. Nicolas Sarkozy passera finalement 5 heures à Dublin et devrait consulter des représentants du Oui et du Non Irlandais à l’ambassade de France.
Si c’est pas la rue qui gouverne, c’est quand même là que le peuple abonde…

Jeudi 17 Juillet 2008 - 19:50
Régis Soubrouillard
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