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GOUVERNEMENT

Sarkozy devient l'agent de Bruni…

Carla Bruni a déclaré que son mari avait cinq ou six cerveaux en état de marche. Deux ou trois sont actuellement occupés par la sortie de son album le 11 juillet.



Notre Président l’a dit souvent : la politique n’est peut-être pour lui qu’un moment dans sa carrière et il pourrait tout aussi bien exercer un autre job : avocat (il est toujours actionnaire de son cabinet d’avocats d’affaires), homme d’affaires, patron de presse qui sait ? Et pour préparer sa reconversion, Nicolas Sarkozy n’est pas inactif. Il donne régulièrement son avis sur les journalistes, surtout ceux qu’il connaît bien, comme Nicolas Beytout, Nicolas Demorand (information démentie par l'animateur du 7-10 de France Inter) ou Laurence Ferrari. Il joue les conseillers en recrutement dans les clubs de foot, comme avec les dirigeants du PSG, auxquels il a récemment suggéré d’embaucher Lilian Thuram. Il sait aussi «recommander» des collaborateurs, comme Laurent Solly, placé chez TF1 après qu’il ait été en disgrâce auprès de cette épouse du Président qui n’a même pas daigné – contrairement à sa toute première femme qui sait vivre, elle – lui offrir un cadeau de mariage. Comment s’appelle-t-elle déjà ? On ne sait pas, tout le monde a déjà oublié.

Carla et Nicolas, la véritable histoire, par Valérie Benaïm et Yves Azéroual
Carla et Nicolas, la véritable histoire, par Valérie Benaïm et Yves Azéroual
Manager de chanteuse de variété
Mais le métier auquel Nicolas Sarkozy se prépare le mieux, celui dans lequel il excelle déjà, c’est, ne vous y trompez pas, celui de manager de chanteuse de variété. Soit le plan média de la première dame de France. Tous les dirigeants du Paf et des médias frétillent d’aise à l’idée de faire la promotion du prochain opus de Carla Bruni.
Encore faut-il «assurer» la pleine réussite de l’opération. Et éviter des impairs comme celui du sticker «Vous pouvez aimer Carla Bruni sans aimer son mari», que les marketers de sa maison de disque Naïve avaient, selon Libération, imaginé. Ces messieurs ont peur que Carla Bruni déçoive son public de gauche ? Qu’à cela ne tienne ! D’abord, son mari sait, lui, comment élargir son public. Il suffit de convaincre l’ami Drucker d’inviter la chanteuse à la rentrée. Pour le public de gauche, le partenariat de France Inter fera l’affaire. Le président l’a même laissé monter son opération «Libération» avec le succès qu’on sait.
Pour ne rien laisser au hasard, le Président s’entretient même régulièrement avec l’agent de Carla Bruni, Bertrand de Labbey, comme le racontent les journalistes Valérie Benaïm et Yves Azeroual dans leur ouvrage Carla et Nicolas, qui vient de paraître aux éditions de Moment. Comme Carla Bruni a bien voulu répondre aux questions de ces deux journalistes, on est porté à croire qu'ils ont puisé leurs infos aux meilleures sources.
Au total, il est sorti de ces palinodies un plan média qui fera date dans les annales du marketing musical. Ça commence par les journalistes du Figaro, conviés les premiers à écouter le CD. Cela se poursuit par des écoutes organisées par groupes de trois. Personne n’est oublié : ni la presse de province, ni les critiques musicaux, ni, bien sûr, les journalistes politiques. Le choix du teasing se révèle un franc succès : à ce jour, tout le monde a trouvé fantastique l’opus brunien. Libération par exemple, la compare à Barbara. Mais quand Marianne est approché pour faire écouter les morceaux, le journaliste Daniel Bernard est récusé. Il n’a sûrement pas l’oreille assez musicale.

Mercredi 25 Juin 2008 - 07:24
Philippe Cohen
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