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Razzia immobilière à ManhattanAvec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Un fonds d’Abu Dhabi vient de racheter l’immeuble Chrysler de New York.
Nous connaissons tous l’immeuble Chrysler, avec sa pointe en forme de calandre de voiture, 320 mètres de haut, construit en 1930, le plus haut immeuble de New-York avant d’être détrôné par l’Empire State Building.
C’est donc un fonds d’Abu Dhabi qui vient de le racheter, après qu’aient été rachetés les immeubles Flatiron et General Motors. Autrement dit ce sont des pétrodollars, des dollars issus de la rente pétrolière qui viennent de s’approprier les immeubles new-yorkais. Les pétrodollars ne vont pas seulement à New York, ils vont à Londres, à Paris, dans tous les endroits où ils peuvent acheter de la pierre de luxe. On se souvient du Georges V acheté par le Prince Al Whaled. Plus récemment le Centre de conférences de l’avenue Kléber a été racheté par un fonds Quatari ; mais souvent les fonds se contentent d’immeubles plus modestes à Neuilly, dans le 7° arrondissement, le 6°... Tout est bon, qui a de la valeur. Les conséquences sur l’immobilier sont importantes. Evidemment, ces fonds entretiennent la flambée des prix de l’immobilier dans les grandes villes, et participent de l’accélération de l’embourgeoisement des centres. Toutes les classes modestes disparaissent. Il n’y a guère que Marseille, en France, où le centre soit encore occupé par des classes populaires. Mais les conséquences économiques sont non moins graves. L’argent de la rente pétrolière est une simple rente, il ne correspond pas à du travail, il est simplement lié à un phénomène de rareté. D’où la bulle immobilière, qui exerce aussi une pression inflationiste laquelle se répercute sur l’ensemble de l’économie. Mais, en faisant pression sur la valeur des logements, elle fait monter la valeur du travail, puisqu’il faut bien que les travailleurs se logent. Les anciens économistes, comme Smith ou Malthus, disaient que la rente avaient un effet dépressif sur l’économie ; ils ajoutaient que tous les profits de l’économie avaient tendance à se transformer en rente, au détriment de l’industrie. La phrase : «La maison du travail, c’est l’anti-maison». François Nourissier, grand adorateur des maisons, dans Lettre ouverte à mon chien. Retrouvez «L'autre économie» de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49. Mardi 17 Juin 2008 - 07:08
Bernard Maris
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