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Quand Warren Buffett insulte les banquiers de Wall Street

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Pour le plus grand gérant de fonds américain, les banques sont entièrement responsables de la crise des subprimes.



Quand Warren Buffett insulte les banquiers de Wall Street
Tandis que les banques françaises annoncent de nouvelles dépréciations d'actifs, les banquiers de Wall Street, eux, se font traiter «d'avares, de tricheurs et de menteurs stupides autant que cupides» . Qui éructe avec tant de colère ? Olivier Besancenot ? Non Warren Buffett, l'un des hommes les plus riches du monde et certainement le plus grand gérant de fonds américain. Il n'a pas de mots assez durs pour les banquiers américains responsables de la dernière crise des subprimes, l'une des crises les plus graves qu'ait connu selon lui l'économie mondiale depuis 1929, crise qui hélas n'est pas terminée et pourrait, comme en 1929, conduire la planète à la faillite et à la guerre. Nous sommes 7 ans après la crise dite des nouvelles technologies, l'éclatement de la bulle internet, elle-même favorisée par les prêts inconsidérés des banquiers, qui a obligé les autorités américaines à baisser les taux d'intérêt, avec pour conséquence l'injection massive de liquidités dans l'économie mondiale qui se sont évidemment retrouvées dans l'immobilier.

Les banques ont transmis les risques aux plus démunis
En quoi les banques sont-elles responsables ? Elles ont voulu maximiser leurs profits sans accepter les risques. Elles ont menti. Elles ont transmis les risques aux plus faibles, aux plus démunis, se contentant, elles, de taux de croissance des bénéfices nets à 2 chiffres. Pour dissimuler les risques, les banques ont inventé la titrisation. Les dettes risquées sont mélangées à des dettes non risquées. Hélas, les risques sont tellement grands, que l'ensemble de l'appareil financier est contaminé. Malheureusement ces dettes risquées sont revendues par les organismes de placement à risque aux banques qui se trouvent à leur tour en difficulté.
D'où une rétention généralisée du crédit : la règle capitaliste voudrait que ceux qui ont joué et perdu soient punis par une faillite. Hélas, l'interdépendance du système financier interdit de mettre une banque en péril sauf à faire périr toute la chaine ; c'est comme si l'on coupait la corde du premier d'une cordée. Hélas, si les premiers de cordée sont les banques américaines, les derniers sont les banques françaises, qui commencent à avoir le vertige.

La phrase du jour : «La Société générale est aujourd'hui plus forte qu'avant la crise» Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France.


Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.

Jeudi 15 Mai 2008 - 15:07
Bernard Maris
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