Dans quelques mois, quelle que soit l’issue des élections présidentielles puis législatives, François Hollande, du moins l’a-t-il certifié, quitte la direction du PS. Apparemment, le bilan du premier secrétaire est brillant, et même davantage : après le naufrage Jospin, le grand parti de la gauche était à l’agonie, en voie d’implosion et de destruction. La faillite Chirac aidant, Hollande a multiplié les triomphes électoraux, donc politiques : victoires aux régionales, aux cantonales, aux européennes. Dans une démocratie cohérente – ce n’est pas forcément notre cas-, le chemin de l’Elysée aurait dû être ouvert. Face à un aussi brillant bilan, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius n’auraient jamais dû se retrouver en position de candidat. La preuve par trois qu’à un moment précis, François Hollande a failli, que cette erreur l’a éliminé du jeu présidentiel.
Bien sûr, certains socialistes mettent en cause la méthode Hollande elle-même, doucereuse, cauteleuse, évitant par définition le conflit, serait-il idéologico-politique. En lui, ils voient la définition même du social-démocrate remarquablement intelligent, supérieurement tacticien, mais définitivement mou. Mais ils se trompent. A bien des égards, François Hollande est lui aussi un tueur de la politique, avec pour seul objectif l’Elysée, ne réfléchissant qu’avec cette obsession en tête. Or il a échoué. Parce que le reconstructeur du PS a brisé net son parti en une occasion. Et qu’il en est « présidentiellement » mort.
Du référendum interne sur la constitution européenne, François Hollande ne s’est jamais remis. Par cette seule manœuvre, « au nom de la démocratie » bien sûr, Hollande a pris le risque insensé de fracturer le parti. DSK, Fabius et Royal se sont intelligemment engouffrés dans cette brèche-là. Et Hollande, lui, n’a jamais été en mesure de la refermer. Candidat « naturel », il l’était avant cette bourde ; après, il ne pouvait prétendre à rien. D’autant plus qu’il n’avait jamais songé à l’apparition brutale, avec une puissance inouïe, du phénomène … Royal.
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Demain : PS (2) : l’idéologie Royal.