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PCF: une autre manière de vendre des saladesOrganisateur dans quarante villes de marchés à prix coûtant, le PCF lutte contre l’invisibilité médiatique en se reconvertissant dans le service commercial. Une évolution révélatrice de sa difficulté à exister à gauche.
Pendant que l’UMP fini sa tournée des plages, le PCF fait les marchés. «Dans quarante villes, des ventes directes au juste prix», titrait jeudi 21 août L’Humanité pour promouvoir la vente annuelle organisée le jour même par les communistes et le syndicat agricole Modef.
Place de la Bastille, dès 7h30, une poignée de cadres et de militants échangent avec des centaines de Parisiens quelques kilos de prunes du Lot-et-Garonne (vendues 5€ les 8 kilos, une affaire) contre un peu d’écoute de leur argumentaire militant. Arrivée à 8h15, Marie-George Buffet parcourt les longues files d’attentes en sollicitant des témoignages vécus et en les agrémentant d'attaques contre la grande distribution. En cette rentrée politique, les stands du PCF ressemblent curieusement à ceux des Restos du cœur. On savait les militants communistes experts dans l'art de vendre du muguet. On découvre aujourd'hui d'autres dimensions de leurs talents commerciaux.
«Service militant»
«Pour suivre la recommandation de l’OMS de cinq fruits et légumes par jour, j’ai calculé, ça coûte 12% d’un Smig ! [sic !]», répète la secrétaire nationale, insiste-t-elle face aux caméras. Mais, elle cherche surtout le contact avec le public, ce qui fait d'ailleurs partie de cette opération de communication, sans parler de la propagande avec la distribution d’exemplaires gratuits de L’Humanité. Certaines personnes, venues pour profiter des prix, ignorent même que le PCF est à l’initiative. Tous les acheteurs de ce marché-manif reconnaissent que le parti «fait quelque chose» pour eux. Quelques-uns se réjouissent de faire «d’une pierre deux coups» : une bonne affaire ET un acte politique. Le PC leur rend un «service-militant», résume un trentenaire avant de partir avec ses melons et ses abricots.
Du parti-syndicat à l’épicerie sociale
Selon l'expression de Marie-George Buffet elle-même, le parti «expérimente» la vente directe pour mettre en lumière les difficultés des consommateurs et celles des producteurs. Le PCF n'en finit pas de redéfinir son rôle politique au fur et à mesure de son déclin. Il y a quelques décennies, il se fixait une mission historique, celle de faire la Révolution. Puis le PCF est devenu une sorte de «super-syndicat», soutien du mouvement social aux côtés de la CGT. Aujourd'hui, le voici devenu un parti modestement dévoué à l'aide concrète de ses concitoyens. Qu'on se le dise, les nouveaux communistes défendent les Français des villes et des champs, victimes des abus du gouvernement et de la grande distribution. «Plus que les mots du «Président du pouvoir d’achat», une action concrète», clame le communiqué annonçant le marché du 21 août.
Cette attitude, les militants et les élus du PC la justifient par l'attitude du reste de la gauche : pour eux, Besancenot n’existe pas car il «n’assume pas ses responsabilités» (comprendre s’écarte du jeu des alliances) et les socialistes ne parlent pas assez de la vie concrète. Dotés d'un sens éprouve de l'organisation, les communistes ont toujours su proposer avec succès la plus grande fête populaire de France Fête de L’Huma ou marchés à prix coûtant. Jusqu'où ira la mue du PCF ? «Le Parti communiste et le gouvernement organisent des ventes à prix cassé», titre curieusement Le Monde. Et L'Humanité de ce jour consacre un article pour attaquer les prix élevés des centres Leclerc. Un nouveau concurrent pour la place du Colonel-Fabien ?
Mise à jour de l'article à 17h45 : ajout des vidéos.
Jeudi 21 Août 2008 - 13:31
Sylvain Lapoix, vidéos de Maude Milekovic
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