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Obama : l'électorat de Royal et le programme de SarkozyEnvoyé du Nouveau centre à Denver, Thierry Rochas trouve en Obama un étrange mélange politique : un électorat bobo à la Royal, un côté people et "gauche caviar" assaisonné d'un volontarisme très sarkozyien..
Mes amis, le moment est grave car il y a dans ce pays une fracture sociale…
Je parle des États-Unis bien sûr… La France n’a plus le monopole de la sinistrose (à juste titre ?) puisque la première puissance mondiale a elle aussi le blues. Et c’est vrai que le pays se paupérise. Les classes moyennes voient leurs conditions de vie se dégrader. Ne parlons pas des plus défavorisés, condamnés, au moindre écueil à glisser vers la misère. Seul subsistent les plus aisés, certes touchés par la morosité ambiante mais vivant bien quant même. A l’image de ses candidats, la population américaine est fractionnée. Les cartes que nous repassent inlassablement Fox ou CNN montrent toujours la même chose. A Obama les côtes est et ouest, à McCain le centre du pays. Toujours ce même clivage entre les classes moyennes et supérieures et les classes plus populaires.
L’électorat Obama sent bon le déodorant équitable à 30 dollars le tube. Il est à l’aise aussi bien en tongs qu’en Berlutti. Il s’agit là d’une Amérique plutôt cultivée, ouverte d’esprit parce qu’elle est à l’aise financièrement. C’est comme ça, l’être humain est plus enclin à s’occuper de son prochain une fois qu’il a le ventre plein. Et c’est bien pour cela que cette élection n’est pas jouée. Car des gens dans la misère, il y en a malheureusement de plus en plus aux USA.
Barack a ce coté people, peut être un peu de gauche. Mais la comparaison s’arrête là car lui dispose d’un programme présidentiel construit, étoffé et compréhensible pour chacun, même si beaucoup de détails manquent pour l'instant à l'appel. Ses opposants lui reprochent son inexpérience, l’argument se brisera sur le mur de son projet et la force de sa parole car, oui, il faut bien le dire, il y a un monde entre le charisme d’une Ségolène ou d’un McCain et celui Obama.
Pourrions-nous établir des passerelles, des comparaisons avec notre dernière campagne présidentielle ? Pourquoi pas… Sur la forme, il a sa nature propre. L’image est posée, la parole aussi. Pas de branchitude ici, mais pas de tic nerveux non plus. Il incarne le rêve américain, le self made man parti de rien pour arriver là ou il est. C’est en tout cas le message qu’il martèle à longueur de journées. Évidemment, il nous paraît polissé, parfait, bien trop net. Mais a-t-on le choix quant on revendique d’être noir aux USA ? Les américains sont très loin d’être tous des racistes ! Mais imaginer l’image d’un Colombo noir en campagne.
Sur le fond, sur son projet, et bien il ressemble plus à… Sarkozy ! Lui aussi souhaite changer son pays en profondeur en instaurant des réformes lourdes comme la couverture universelle santé. (Nous ferions bien, peut être de nous inspirer des idées que son équipe pourrait avoir sur le sujet…). Mais attention, s'il gagne, il devra avant tout s'occuper de l’économie de son pays car aucune réforme sociale de fond n’est envisageable en l'état actuel des choses. Ce sera pour son deuxième mandat ! Vendredi 29 Août 2008 - 16:38
Thierry Rochas Duperier
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