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MOUVEMENTS

Nouvel Obs : du mouvement mais pas de changements

C'est un tremblement de terre sur la planète presse. Il y aurait du mouvement au Nouvel Observateur. Nommé récemment à la tête du groupe, Denis Olivennes, ancien patron de la Fnac, s'adressera mercredi aux salariés.



Incroyable mais vrai : ça bouge à l’Obs ! Denis Olivennes, l’ancien patron de la Fnac a été nommé au poste de président du directoire et directeur de la publication du Nouvel Observateur. A part ça : rien ou très peu de choses en vérité…
Même si c’est avec un certain soulagement qu’a été accueillie la nomination de Denis Olivennes à ce poste. Pas tellement compte tenu de ses projets pour le groupe de presse, inconnus jusqu’ici, mais plutôt en ce qui concerne les noms des autres «prétendants» qui circulaient.
Claude Perdriel, le PDG du groupe Nouvel Observateur, qui souhaitait prendre un peu de distance avait, en effet, évoqué Franz-Olivier Giesbert, Laurent Joffrin ou encore Jean-Marie Colombani. Des postulants potentiels pour certains, de simples fausses pistes pour d’autres.
Si l’on peut envisager Franz-Olivier Giesbert ou Laurent Joffrin à la tête de la partie «presse» du groupe, on les voit moins chapeautant la partie industrielle : les sanibroyeurs SFA…
Restait donc Jean-Marie Colombani qui avait les faveurs de Perdriel mais suscitait beaucoup moins d'enthousiasme au sein de la rédaction du journal. Il fallait donc jouer la carte de la prudence.

La rédaction dans le flou
Claude Perdriel a choisi l’industriel Denis Olivennes, depuis toujours intéressé par le monde des médias, mais pas assez engagé dans le milieu de la presse pour susciter une réaction défavorable de la part de la rédaction : «Il y a un manque de visibilité mais pas de réelle inquiétude. Pour l’instant, Olivennes est essentiellement dans une phase de communication, on ne sait pas de quoi serons faits nos rapports avec la nouvelle direction. Nous sommes dans le flou mais très calmes» rapporte un journaliste.

Une prise de champ relative
Claude Perdriel réfléchissait depuis un moment à sa « succession ». Et la nomination de Denis Olivennes n’a pas été prise à la légère. Elle permet à Perdriel, plutôt interventionniste, de prendre du champ tout en gardant la haute main sur les activités presse du groupe.
Une prise de champ toute relative, en fait.
En effet, Claude Perdriel compte modifier les statuts de son groupe - qui publie également Challenges et Sciences et Avenir- pour en faire une société à directoire et conseil de surveillance. Denis Olivennes, deviendra alors président du directoire, sans être actionnaire, tandis que Claude Perdriel présidera le conseil de surveillance.
Au delà du passage de témoin, et du renouvellement générationnel, il est beaucoup trop tôt pour dire si le Nouvel Observateur entame là sa révolution culturelle. Les historiques que sont Claude Perdriel, Jean Daniel ou encore Jacques Julliard restent aux commandes des postes stratégiques du titre, pas encore décidés à laisser les commandes éditoriales à d’autres comme le rappelle très subtilement Jean Daniel sur son blog. En plus d'assurer le respect de la ligne éditoriale du titre, la direction des pages débats, il se dit «entièrement disponible, de manière permanente, pour des orientations et des arbitrages parfois délicats».
De son côté, Claude Perdriel a été on ne peut plus clair, déclarant aux Echos que « Denis Olivennes se tenait entièrement sur la ligne intellectuelle et politique que Jean Daniel et moi avons défendue depuis toujours».
Et dont il ne serait donc pas question de dévier d'un iota…Léthargie, quand tu nous tiens !

Mardi 01 Avril 2008 - 07:00
Régis Soubrouillard
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