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Mélenchon bouscule la gauche du PS

Jean-Luc Mélenchon jette encore un pavé dans la mare en envisageant la création d'une force politique réunissant la gauche du PS et les communistes. Réactions des intéressés.



Jean-Luc Mélenchon récidive. Le turbulent sénateur socialiste jette encore un pavé dans la mare, ce matin, en déclarant dans une interview à l'Humanité que « la question du divorce » d'une frange de la gauche avec le Parti socialiste « doit être posée ». Motif : la gauche du PS « est de plus en plus un alibi pour ce parti ». Jean-Luc Mélenchon propose de prendre pour modèle le parti allemand Die Linke fondé par Oskar Lafontaine et imagine une alliance de certains communistes avec des membres de la gauche du PS. A la veille du deuxième tour des élections législatives, qui devrait aussi sonner l'ouverture de la « refondation » tant promise à gauche, l'idée de créer une force nouvelle n'est pas du goût de tout le monde. Y compris chez les principaux intéressés...

A chacun sa refondation
Côté communiste, ce « pôle de transformation sociale » a pourtant ses partisans. François Asensi, député PCF de Seine-Saint-Denis et membre de l'association des communistes unitaires en témoigne : « Jean-Luc Mélenchon a raison. En France, il faut trois pôles. Le pôle ultra-libéral et conservateur, le pôle social-démocrate et ce troisième pôle de transformation sociale. Après, on peut s'entendre avec les sociaux-démocrates sur certains points, mais en ce qui concerne les enjeux sociaux et économiques, nous ne sommes pas sur la même ligne », constate ce proche de Clémentine Autain et de Patrick Braouezec. « Encore faudrait-il savoir ce qu'en pense Marie-George Buffet », ajoute-t-il, un brin ironique. Or justement, si l'on en croit Olivier Dartigolle, porte-parole du PCF, cette question n'est absolument pas à l'ordre du jour et le « jeu de petites phrases des cadres socialistes sur la recomposition de leur parti » agace les hautes instances du Parti. Pour lui, « il est hors de question de diluer l'identité du PCF dans un autre ensemble dont on ne sait pas quelles sont les options politiques. » Conclusion : la refondation du PS doit se faire rue de Solférino et celle du PCF, place du Colonel Fabien et à la fête de l'Humanité.

« Les militants communistes sont viscéralement attachés à leur parti », analyse aussi le fabiusien Claude Bartolone, à qui l'idée de Jean-Luc Mélenchon paraît peu réalisable. « Je comprends pourquoi Jean-Luc dit que la gauche du PS est devenue « un alibi », c'est parce qu'il n'a pas été assez exploité pendant la campagne présidentielle, et c'est vrai que c'est dommage. » Pour autant, le député de Seine-Saint-Denis appelle plutôt de ses vœux une refondation idéologique « au sein d'un parti stable, assuré de faire 35% » comme le PS, plutôt que la naissance d'un parti né de la « scissiparité » entre le PS et le PCF. Même son de cloche du côté de Marie-Noëlle Lienemann, elle aussi proche de Laurent Fabius. La fondatrice du tout nouveau club « gauche avenir » qui souhaite justement faire discuter des membres de la gauche du PS et du PCF appelle au « rassemblement », et sûrement pas à la division. Reste à savoir si, après le second tour, les cadres socialistes parviendront à surmonter leurs différends. Ou s'ils verront la solution Mélenchon l'emporter, par défaut plus que par choix.

Jeudi 14 Juin 2007 - 18:59
Anna Borrel
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