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Mariage annulé : les Mariannautes unis pour le meilleur et pour le pireAvalanche de commentaires : cette semaine, la polémique a fait rage autour des articles sur le mariage annulé de Lille. Les Mariannautes avancent des contre-arguments qu'on ne peut ignorer. Chiche ! Continuons le débat !
329 commentaires sous l’article de Bénédicte Charles, Ramadan l'avait rêvé, les juges l'ont fait, 259 réactions à celui de Catherine Kintzler, Cachez cette virginité que je ne saurais voir ! … clairement, l’objet de toutes les discussions mariannesques cette semaine, c’est ce fameux mariage annulé pour non virginité de l’épouse. Et le débat vole haut, arguments contre arguments. Parmi les détracteurs de Bénédicte, on trouve par exemples des renvois, sous la plume de Davesnes ou de Yobs, à l’article du célèbre blogueur Maître Eolas, qui analyse ce sujet sous l’angle juridique ; A lire : c’est vraiment très intéressant. Pour certains, comme Yobs, il y a également un vrai problème moral autour de ce fait de société : le jugement de Lille « arrange la mariée ». Enfin, d’autres, comme Isidor, sont gênés par le fait que Bénédicte s’en réfère à Tariq Ramadan : « L'auteur ne se soucie guère de qui elle attaque pourvu qu'elle attaque... avec tous les clichés sur les musulmans et les vierges », écrit ce mariannaute, avant d’évoquer le cas d’un mariage annulé par des catholiques, en 1997. Voici, au moins, trois vraies questions qui ouvrent la controverse : la justice n’a-t-elle pas fait que son devoir ? La morale ne nous commande-t-elle pas d’empêcher un mariage qui n’est pas désiré par l’épouse ? L’universalisme ne nous impose-t-il pas d’être tolérants avec toutes les religions ?
Juridique Prenons la question sous l’angle juridique : Maître Eolas s’en tient au simple fait que c’est le « mensonge » sur la virginité – mensonge reconnu par l’épouse – qui est en jeu dans l’annulation de ce mariage. Mais peut-on fermer les yeux sur le contenu de ce mensonge ? Comme le relève très justement Pierre 60 : « Hommes et femmes sont égaux devant la loi, mais pas devant la nature : essayez de garantir la virginité ou la non virginité d’un homme ! » Diogène renchérit : la femme peut-elle « être considérée comme un mouchoir jetable que l'homme refuse d'utiliser parce qu'il a déjà servi à un autre homme ? » De fait, c’est déjà souscrire à cette femme-kleenex que de considérer que sa virginité peut être une « qualité essentielle » ! Ces commentaires éclairent bien l’hypocrisie de l’argument juridique : au fond, ce « mensonge » sur une pseudo « qualité essentielle » de l’épouse qui serait sa virginité n’a de sens que du point de vue des valeurs rétrogrades prônées par de nombreuses religions, qui exigent toujours des femmes plus de signes de leur soumission. Heureusement, tous les croyants n’y souscrivent pas : mais ce n’est en aucun cas à la République de verser dans ces travers. Ethique Deuxième point : la justice n’a-t-elle pas sauvé cette jeune fille d’un terrible destin grâce à ce jugement ? A quoi l’on peut répondre aussi sec : si le mariage est forcé, c’est sur cette considération qu’il peut être annulé ! Pas sur un alibi dégradant, qui fait passer l’épouse pour une marchandise comme les autres. A cet égard, Attila ironise bien : « Je suis désolé mais quand tu payes pour du neuf, il est normal que tu reçoives du neuf, la dernière fois chez Renault ils m'ont refilé une voiture "neuve" avec 14 km »… Eh oui, c’est exactement la même chose et c’est bien ça qui est insupportable ! Laïc Enfin, dernière question : quid de la tolérance ? Les catholiques, les musulmans, les croyants de toute obédience, secte, religion… n’ont-ils pas le droit de voir leurs valeurs respectées par la loi républicaine ? Le commentaire numéro 315, signé Biloute, sous l’article de Bénédicte, remet bien les points sur les i : bien sûr que les croyances sont respectables, mais ce n’est pas à la loi républicaine de s’y plier pour autant ! Or ce jugement, sanctionnant la virginité comme « une qualité essentielle » « est, sur le territoire de la République, une grave atteinte au principe de laïcité ». Mariannesque Alors, il est vrai : cette affaire est un cas isolé, une affaire privée, sur laquelle médias, lecteurs, électeurs et politiques ont beaucoup disserté cette semaine… Mais c’est tout le problème des principes – en l’occurrence des principes républicains : un seul cas y déroge, et ils sont menacés. La vigilance à leur égard est donc un devoir. Les Mariannautes y veillent. Dimanche 08 Juin 2008 - 07:47
Anna Borrel
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