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Ludovic Guilcher : président de la fédération des jeunes UDF de ParisLudovic Guilcher est un militant, un vrai. Plongé depuis l’âge de 15 ans en politique, il nourrit son engagement d’un optimisme indéfectible. Du collage d’affiches aux responsabilités nationales, retour sur un chemin de croix nourri par une foi inébranlable.
Ludovic Guilcher appartient à cette race étrange du « militant ». Vous savez : ces gens qui, très tôt, ont eu une sorte de révélation, qui se sont dit qu’il fallait s’investir dans la vie du quartier, voir même du pays pour « changer les choses »… A 15 ans, le petit Ludovic, fils d’un père jospiniste et d’une mère plutôt à droite, toque à la porte de l’UDF, presque par hasard. Il erre d’abord au congrès national avant de se rabattre sur la cellule locale de sa ville natale : Bourg-la-Renne, en banlieue parisienne. Très actif, motivé, il se voit confier plusieurs missions. A 18 ans à peine, il entre au conseil municipal. Aujourd’hui, il en a 31, il a grimpé un à un les échelons jusqu’à devenir président de la fédération des jeunes UDF de Paris. Mais avant d’en arriver là, il a dû prouver, plus d’une fois, sa ferveur politique.
L'appel des marchands du temple Il faut d’abord concilier les études avec les permanences, le collage d’affiches et la distribution de tracts. Après le bac, il intègre HEC, puis c’est le service militaire. Quand, ensuite, il est recruté par de prestigieux cabinets – Deloitte puis Mac Kinsey – il trouve malgré tout le temps de se replonger dans sa passion. Sa hantise : « Les gens qui critiquent et qui ne font rien. » Il balaye les moqueries d’un revers de main, le sourire aux lèvres : « Les gens qui connaissent mon engagement commencent toujours par trouver ça bizarre. Ils ont l’impression que la politique ne sert à rien », explique-t-il en riant. Traversée du désert En 2002, il prend une disponibilité : 6 mois sans solde pour faire la campagne présidentielle. Un moment difficile : c’est la fuite des caciques de l’UDF vers l’UMP, la traversée du désert : « Quand on s’est retrouvés à 3% en février dans les sondages, c’était pas la joie. » Mais c’est également le moment de vérité : l’heure où le militant peut prouver sa ferveur. Le parti reconnaît les siens. Ludovic Guilcher a toujours eu confiance en François Bayrou « comme tous les militants, assure-t-il. Les affrontements avaient lieu au niveau du bureau politique, mais nous, on ne comprenait pas du tout cette idée de se fondre dans la droite, ça n’avait pas de sens ! » En 2005, nouvelle déception : c’est le référendum sur l’Europe. Pour lui, les électeurs ont répondu à une autre question que celle qui leur était posée : « C’est comme si on leur avait demandé : êtes-vous heureux aujourd’hui ? Evidemment, la réponse a été non ! » L’Europe politique est « une urgence » et, de son avis, une des clefs qui remettra la France en marche. 2007 : année de l'ascension ? François Bayrou ? Il l’estime mais le connaît à peine. Pas de culte de la personne autour de ce chef de parti à qui il n’a parlé qu’une fois, il y a quelques mois. L’UDF ? La meilleure formation politique à ses yeux, évidemment, mais aussi « un parti brouillon, mal organisé, qui s’appuie trop sur des bénévoles ». L’engagement ? Une passion nourrie d’un optimisme indéfectible. Malgré les coups durs, Ludovic Guilcher reste persuadé que son camp a tout pour réussir. « Je le vois lorsque j’accueille les nouveaux venus. Il y en a beaucoup plus qu’avant ! D’ailleurs, jusqu’à l’an dernier, pour dix personnes nouvelles, on en avait huit qui étaient plutôt de droite. Aujourd’hui, la moitié sont de gauche. » Il veut croire que l’afflux de ces nouveaux venus confirme ses prédictions : « en 2007, tout est possible ». Y compris une candidature Guilcher à Paris aux prochaines élections législatives… Lundi 11 Décembre 2006 - 08:00
Anna Borrel
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