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Les plans de rentrée de Ségolène Royal (2) : l'affaire CloserLe magazine Closer publie des clichés sur François Hollande et sa nouvelle compagne. Histoire d'une nouvelle transgression de la frontière entre vie publique et vie privée.
Tout était sous contrôle pour la rentrée de Ségolène Royal à Melle samedi. Sauf ça : la une du magazine Closer sur la compagne journaliste de François Hollande : « Exclusif : François Hollande l'a quitté pour elle ». Une sorte de remake de la fameuse une de Match sur Cécilia Sarkozy et Richard Attias qui a valu sa place à Alain Génestar, l'ex- directeur de l'hebdomadaire.
Les esprits paranoïaques ou même simplement retors penseront que l'hebdo a choisi une date de publication destinée à saboter la rentrée politique de l'ex-candidate. Ils se trompent sans doute. En réalité, selon nos informations, Closer dispose des clichés pris par des paparazzis depuis le 9 août. Le journal aurait préféré les publier pour son numéro du 20 août, mais il était astreint à une PJ (publication judiciaire) de Claire Chazal. On sait ce que cela signifie pour ce genre de magazine : une moitié de « une » en blanc qui « plombe » les ventes. Les responsables du magazine ont donc décidé de reporter la publication du « scoop » en espérant que la concurrence ne sortirait pas le même genre de clichés avant. Du coup, Laurence Piaue, la rédactrice en chef de Closer, sort son scoop vendredi matin, avec un numéro spécial tiré à 800 000 exemplaires et mis en vente, exceptionnellement, pour dix jours. Il ne lui a pas été trop difficile de justifier ce nouveau « viol » de la vieille frontière entre vie publique et vie privée. D'abord, Closer est un journal people qui ne sent pas tenu de respecter les règles du journalisme politique à la française. Aux yeux de ses responsables, Ségolène Royal, qui a largement mis en scène sa vie privée depuis des années, est un people comme les autres. Ensuite, c'est Ségolène elle-même qui, la première, a évoqué, au soir du second tour de l'élection présidentielle, la seconde vie de son mari. " En publiant ces clichés, écrit Laurence Piaue, Closer montre « en images » ce que la presse parisienne dit tout bas. Là où certains de manqueront pas de « voir » une dérive de la presse people, nous rétorquerons que nous ne faisons que suivre l'histoire de Ségolène. Celle d'une femme blessée qui a du mal à conjuguer réussite professionnelle et vie privée." Nous ne sommes pas à Marianne des fanatiques de ce genre de reportage ni de la transgression qu'elle revendique. Mais il est un peu facile de stigmatiser la presse people lorsque, le 21 juin dernier, l'hebdomadaire Paris-Match, où travaille la nouvelle fiancée de François Hollande, évoquait cette « rivale, comble d'indignité, belle, blonde et vive. » Trop facile en effet quand, la semaine passée, VSD, qui ne se revendique pourtant pas comme un journal people n'en publie pas moins un reportage étalant sur deux pages une Ségolène conquérante en maillot de bain, tandis qu'un autre cliché montrait un François Hollande déprimé, tandis que son fils Thomas Hollande affichait lui un "sourire en banane" aux côtés de sa mère. Le scoop de Closer peu à peu repris par nombre de médias dits sérieux, nous replonge dans la polémique provoquée par les affres du couple Sarkozy. Avec cette différence essentielle : maintenant que l'élection présidentielle est derrière nous, les adversaires de Nicolas Sarkozy doivent de moins en moins s'attendre aux scrupules des médias et des journalistes. Vendredi 24 Août 2007 - 15:35
Philippe Cohen
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