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LE JOURNAL DES MARIANNAUTES

Les émissions littéraires ? Du bête renvoi d'ascenceur

Par Le Frugivore Halluciné, mariannaute, que la suppression de «Vol de nuit» sur TF1, ou encore «Le bateau livre» et «Esprits libres» sur France 5 et France 2, aurait tendance à laisser de marbre.



Des émissions littéraires pour parler de quoi ? De ce qu'est l'écriture en tant qu'art, vocation, besoin, nécessité ? De littérature vivante ? D'auteurs et de poètes du présent qui publient en revues, fanzines, e-zines, micro-eds, éditeurs alternatifs, provinciaux, underground ? Ou du fonds de commerce fossilifère et nombrilliste de la nébuleuse Galligrasseuil, les Chapsal, Groult, d'Ormesson, Gallo, Nothomb, Sollers, Houellebeigbeder , sans oublier les époux Wolinski et ces produits culturels hâtivement qualifiés de bouquins, signés et publiés par des bouffons du show-biz, de la pub, du sport et de la politique, dont on imagine qu'ils sont à peine capables de rédiger une carte postale sans faire quatre fautes par phrase...
Evidemment, le phénomène ne date pas de PPDA et Guillaume Durand. Ils n'en sont que les dépositaires. Et le service public n'est pas en reste.

Dès les années 70, Apostrophes à la télévision et Le Masque et la Plume à la radio travaillaient à la mise en place de ce qui allait peu à peu devenir la culture officielle que nous connaissons (l'exemple pouvant être étendu aux autres formes d'art et d'expression artistique). Sélection des artistes par l'argent, les relations, les réseaux d'influence politico-médiatiques, critères d'appartenance sociale, parisianisme, le talent éventuel passant au second plan, la cuistrerie démagogique lui étant de loin préférable si l'on souhaite faire carrière dans ces milieux. La soi-disant exception culturelle française est avant tout affaire de représentation consensuelle, de vitrine politiquement correcte trahissant un vide organisé en magasin.

Combien de fois ai-je entendu l'ineffable Paula Jacques, sur France-Inter, présenter tel écrivassier(e) de ses relations comme « un grand auteur » ou « une plume magistrale »... Cela allant de soi, puisqu'elle, il passait dans son émission (secrétant un ennui mortel, soit dit en passant). Et que dire de la fumisterie annuelle du Livre Inter, prix décerné par un public d'auditeurs triés sur le volet à qui on ne soumet que des ouvrages publiés par les majors du livre parisiennes et leurs satellites ? Jamais un livre autoédité ou sorti chez un obscur éditeur breton, alsacien ou périgourdin. Quoi qu'il en soit, on cherche en vain un nouvel Henry Miller, un Chateaubriand revenu des limbes, une réincarnation de Boris Vian ou tout simplement un Frédéric Dard du XXIème siècle parmi cette faune de poseurs universitaires et de pisse-copie végétatifs issus des mondes connexes des affaires et du show-biz...

Dimanche 22 Juin 2008 - 07:54
Le Frugivore Halluciné
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