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PARTIS

Les élus PS veulent redémontrer leur utilité en images

En plus des traditionnelles journées parlementaires, les députés et sénateurs socialistes organisent un show annuel pour rendre compte de leur activité. La première était ce lundi, au Rex. Histoire de faire comme si on oubliait, un peu, les querelles de chapelles. Ambiance...



«Le ciel étoilé au-dessus de moi…» Daniel Vaillant se surprend à citer Emmanuel Kant, sous le dôme constellé de la grande salle du cinéma Le Grand Rex. Trêve momentanée chez les socialistes ? Ce lundi, on ne parlera pas des contributions qui pleuvront cette semaine, du Congrès ou des querelles de personnes, sauf entre deux portes ou dans les couloirs avec les journalistes. Pourquoi François Hollande, Laurent Fabius, le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, l'emmanuelliste Benoît Hamon, le ségoléniste David Assouline, Jean-Luc Mélenchon ou encore Arnaud Montebourg et Manuel Valls ont-ils fait le déplacement ? « Une réunion sert toujours à quelque chose », philosophe Daniel Vaillant. Devant un petit millier de militants et d'élus, on projettera des courts-métrages choisis pour montrer que les parlementaires se battent à la tribune. «Ce compte-rendu de mandat n'est pas une gloriole, une vanité », lance Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée, il s'agit de montrer «qu'on ne travaille pas seulement une heure le mardi». Et que la politique, - on y reviendra souvent lors de la réunion - ce n'est pas seulement les manifs où l'on ne va pas, mais que l'opposition joue aussi son rôle à l'Assemblée. Tests ADN, réforme des institutions, bataille sur la durée légale du travail : on met en valeur les thèmes sur lesquels on a contré le gouvernement, si ce n'est dans les lois, du moins par le verbe.
Les socialistes au cinéma le Grand Rex (montage SL)
Les socialistes au cinéma le Grand Rex (montage SL)

Sur l'écran noir, les nuits blanches à venir...
Pourtant, en coulisses, à l'abri des projecteurs, les masques sont moins riants. La salle n'est pas pleine, l'ambiance est flottante, les esprits sont ailleurs. Manuel Valls textote discrètement son ami Jean-Marie Le Guen pendant les discours de ses camarades. François Hollande a beau tacler la campagne de com' du gouvernement sur le pouvoir d'achat, difficile de se réjouir de l'année écoulée et de ne pas craindre la séquence à venir. Serrés entre la montée d'Olivier Besancenot et la « gauche Carla », les socialistes, en pleine remise en question, ont surtout peur d'eux-mêmes. A la tribune, Jean-Marc Ayrault implore «celles et ceux qui ont l'ambition légitime de nous diriger de ne pas couvrir de leur voix forte» les efforts des élus. «Le plus grand danger pour les socialistes aujourd'hui, ce sont les socialistes eux-mêmes», confesse Delphine Batho. Une petite phrase qu'on entend bien souvent ces temps-ci. Le Congrès et le prochain (ou la prochaine) leader du Parti occupent les têtes. «Mais on a connu pire, tempère un Daniel Vaillant confucéen, qui, décidément, en a vu d'autres. Ce n'est pas le Congrès de Rennes, ce n'est pas la bataille Mitterrand-Rocard… Au moins, cette fois-ci, on se parle ! On continue même à se dire bonjour !»

Mardi 24 Juin 2008 - 07:03
Anna Borrel
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