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Les commissariats les plus cool de ParisC'est dans les vieux Marianne qu'on trouve les meilleurs déconnautes. Ainsi de cette série parodique parue en 2001 consacrée aux «marronniers», ces sujets qui refleurissent régulièrement à la une des magazines. Aujourd'hui: pourquoi aller en boîte quand on peut passer la nuit au poste?
Evidemment, il y a la queue à l'entrée… (photo Gimli-Flickr)
Confort des locaux, accueil, mais aussi cantine, nous avons tout testé pour vous. Pour la couleur, préférez le commissariat du Ier arrondissement. Avec les Halles, le quartier draine des «clients» de toute la périphérie. Evitez cependant l'annexe Saint-Eustache, en particulier ses sous-sols, où d'énormes tuyaux diffusent une chaleur insupportable. Pour le confort, optez pour le commissariat du IIe arrondissement. «Un hôtel trois étoiles», confie un habitué. Avec, en supplément, tout l'exotisme de la rue Saint-Denis. Si vous voulez connaître l'ambiance d'autrefois, dirigez-vous vers le commissariat du IIIe arrondissement. Vous y verrez des fonctionnaires entassés les uns sur les autres dans des locaux exigus et vétustes comme dans les vieux films en noir et blanc. Pour les mêmes raisons, vous pourriez choisir le commissariat du IVe arrondissement. Les cages de garde à vue sont parmi les plus anciennes de la capitale. Celui du Ve n'est pas beaucoup plus brillant, l'animation en plus, quand le soir venu s'éveille la rue de la Huchette. Quant à celui du VIe, il vous donnera simplement envie de fuir. La vieux bar du commissariat du VIIIe a été fermé. Dommage ! En échouant dans le commissariat du VIIe arrondissement, vous comprendrez les bienfaits du comité d'hygiène et de sécurité. Les locaux sont décents, les vestiaires aussi, mais c'est du côté de la cuisine que vous devrez vous attarder. Sachez cependant que l'accès en est réservé aux fonctionnaires: le gardé à vue doit payer son casse-croûte, lequel sera acheté à l'extérieur. Celui qui n'a pas le sou sera nourri sur le dos de la «caisse café» des policiers, ce que les fonctionnaires apprécient modérément. Le commissariat du VIIIe est logé dans un recoin du Petit-Palais. Les anciens seront déçus: le vieux bar tout cuivre a été fermé pour cause de gestion bizarroïde. Le commissariat du IXeest un lieu sans histoires... Celui du Xe mérite, en revanche, le détour si l'on recherche l'animation: les locaux sont parfois trop exigus pour accueillir tant de monde. Evitez absolument le XIe par temps de pluie: les caves, où se changent notamment les fonctionnaires, sont rapidement inondées. Le XIIe, à côté, fait figure de privilégié - normal, c'est un site pilote. Trois macarons pour la maison Poulaga du XIXe Les locaux du XIIIe auraient besoin, eux aussi, d'une bonne rénovation. Le commissariat du XIVe dispose carrément d'un petit mess, géré par une société privée. Mais vous n'avez encore rien vu... Le XVe est, de loin, l'arrondissement le plus demandé. Locaux neufs, population facile, effectifs importants, les élus locaux ont fait le nécessaire pour améliorer l'ordinaire. Le XVIe n'est pas trop mal loti non plus: des appareils automatiques distribuent une nourriture a priori exempte des microbes qui se glissaient dans les antiques frigos, lesquels sont encore en vigueur dans le XVIIe. Dans le XVIIIe, changement de décor: vous êtes sur les terres du ministre de l'Intérieur*. Un arrondissement où l'on veut bien faire, mais qui reste l'un des plus difficiles de la capitale. Particularité locale: un logement de fonction au dernier étage, pour le patron - que vous ne visiterez pas. Vous vous demandiez à quoi ressemblait le paradis des flics ? Rendez-vous devant le commissariat du XIXe. Une étoile de plus que celui du IIe dans le guide bleu des utilisateurs associés. Trois logements de fonction, un vrai self-service pour la restauration, des douches, une salle de sport... que demander de plus ? Seule fausse note, il en faut toujours une: les cars de police secours sont trop hauts pour rentrer dans le parking. Mais ce n'est pas votre problème, n'est-ce pas ? Terminez votre périple par le XXe. Vous y trouverez la police comme elle a toujours été: mal logée, avec des toilettes à la limite de l'acceptable, une salle à manger à couper l'appétit... mais de l'action dans la rue pour ceux qui aiment ça. * Soit, au moment où cet article a été publié, Daniel Vaillant. Pour retrouver les précédents marronniers de l'été, cliquez ici Dimanche 20 Juillet 2008 - 12:19
Frédéric Ploquin
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