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MON ŒIL !

Les Fatals Flatteurs flagorneurs comme jamais

Brigade confidentielle à ses débuts, les Fatals Flatteurs sont devenus un commando d’élite de la flagornerie médiatique, redouté sur tous les supports. Ses terrains de combat : les forums du Nouvel obs, les chats de Libé, les questions sur les matinales de France Inter...



Selon certaines sources, Spinoza s'est largement inspiré de l'oeuvre d'Alain Minc (Crédit : Direct 8 et FlickR CC Arinudh Koul / Montage SL)
Selon certaines sources, Spinoza s'est largement inspiré de l'oeuvre d'Alain Minc (Crédit : Direct 8 et FlickR CC Arinudh Koul / Montage SL)
« Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». Déjà La Fontaine, en son temps, mettait en garde ses contemporains contre la crédulité vaniteuse dans la fable du Corbeau et du Renard. Si la leçon est toujours valable, elle n’a pas été retenue par tout le monde. La brigade des Fatals Flatteurs en fait la démonstration régulièrement.

Qui sont les Fatals Flatteurs ? Nul ne sait vraiment. Une bande de joyeux lurons qui gravite autour de la galaxie Acrimed, Plan B, Monde Diplo et qui s’amuse à squatter les chats, forums et autres lieux de discussion sur le Net. Véritables snipers de la flatterie, ils repèrent leurs cibles dont ils connaissent la sensibilité toute particulière à la flagornerie : philosophes (les « nouveaux » surtout…), patrons de presse (les « anciens » souvent), ou encore les incontournables figures médiatiques que certains journalistes comme Guillaume Durand qualifient rapidement d’intellectuels (Alain Minc, Jacques Attali et leurs émules.

Le Nouvel Obs, cible privilégiée des Fatals Flatteurs
Les Fatals flatteurs se sont d'abord fait connaître sur le forum du Nouvel Observateur. Au début, il semble bien que la démarche relevait du gag, sinon du « one shot ». Poser les questions les plus bêtes et les plus serviles aux invités d’un forum du Nouvel Observateur afin de voir si les questions étaient ou non filtrées. Le résultat a dépassé toutes leurs espérances. Non seulement, les questions passaient mais les invités répondaient très sérieusement à ces questions délirantes de flatterie. L’habitude peut-être.

Un exemple avec le chat de Claude Perdriel, propriétaire du Nouvel Observateur:
- « Le Nouvel Observateur a-t-il les moyens de rester un îlot de liberté, d´indépendance et de regard critique sur le monde, à partir des valeurs des Lumières, et avec une exigence intellectuelle et d´écriture singulière?
Réponse : Pas facile, mais avec le talent de nos rédacteurs et l´aide de nos lecteurs nous allons y arriver ».


- « Si j´ai bien compris Denis Olivennes est le successeur de Claude Perdriel. Qui va être la personne qui va remplacer Jean Daniel (enfin, s´il y a quelqu´un capable de remplacer Jean Daniel)?
Réponse : Personne ne remplacera jamais Jean Daniel qui est unique et qui, heureusement, continue à nous accompagner. Denis prend la direction rédactionnelle de la publication ».


Les Fatals Flatteurs font des petits
Outre ces questions, dont le plan B publie sur son site un « best-of » savoureux, les Fatals Flatteurs ont imaginé un autre angle d’attaque, poser à certaines personnalités des questions tirées de leurs propres citations.

Depuis lors, la brigade des fatals flatteurs sévit tous azimuts: Nicolas Demorand, qui officie le matin sur France-Inter, est une cible de choix. Certaines émissions de radios ouvertes aux auditeurs semblent également faire les frais des Fatals Flatteurs ou d’une brigade formée à la même école. Bref, les Fatals Flatteurs ont fait des petits. Ainsi des innombrables émissions de sport sur les radios généralistes. De plus en plus fréquemment, des auditeurs interviennent, s’interrogeant par exemple sur la saison qu’ils jugent « absolument exceptionnelle » de tel ou tel joueur (connu pour avoir fait une saison absolument calamiteuse). Et nos journalistes sportifs de référence, jamais assez courageux pour prendre les auditeurs à revers, d'abonder dans leur sens.

Le Nobel à BHL !
Au cours du mois d’août, Libération a publié une tribune d'André Glucksmann et Bernard Henri-Lévy sur la Géorgie la semaine dernière, puis lundi une réponse d'Alain Minc. Les trois contributeurs ont été la cible des Fatals Flatteurs. Jean Paul réclame que le Nobel soit décerné à BHL : « BHL est la parfaite synthèse de Zola, Sartre et Althusser. Il rayonne sur la philo, le théâtre, la littérature, le cinéma et la géo-politique. Il serait justice que le Prix Nobel de littérature (ou de la paix) lui soit enfin décerné. Je souhaite que les lecteurs de Libé se mobilisent pour cela! ».

De son côté, Norbert, qui se dit ébloui par l’intelligence fulgurante d’Alain Minc, en arrive à se demander, si ce n’est pas Spinoza qui a lu Minc : « Alain Minc est un laboratoire d'idées à lui tout seul. Aux Pays Bas, il nous fait souvent penser à notre illustre Spinoza. On se demande parfois si ce n'est pas Spinoza qui a lu Minc ».

Marianne2.fr n’échappe pas à la brigade
Marianne2.fr a également reçu les honneurs des Fatals flatteurs lors d’un article sur le nouvel éditorialiste d’Europe 1, Claude Askolovitch. Dans un commentaire, Luis Andres Sanzot nous relatait ainsi la fascinante expérience vécue par sa tante Audrey : « D'habitude, je suis plutôt un esprit rationnel. Néanmoins, comme vous parlez de Monsieur Claude Askolovitch, je voudrais vous faire part d'une étrange anecdote qui concerne ce journaliste d'exception. Il y a trois mois de cela, je me suis rendu à Lourdes avec ma tante Audrey. La soeur aînée de mon père souffre d'une douloureuse infection du nerf phrénique depuis de nombreuses années, douleur qui lui pourrit la vie. N'y tenant plus, cette femme très pieuse a décidé de faire le voyage jusqu'à Lourdes (nous habitons en banlieue de Lille). Elle s'y trouvait depuis deux jours lorsqu'elle a croisé Monsieur Claude Askolovitch. Reconnaissant le talentueux journaliste, elle n'a pas hésité à l'interpeller (« Vous avez bien fait, avec ce Monsieur Siné, c'est un malhonnête! ») afin de lui serrer la main. Aussitôt, ses douleurs ont disparu. De sa part, je voudrais donc ici exprimer sa gratitude éternelle à l'adresse de Monsieur Askolovitch. Je constate également que le bon Dieu a su le récompenser au travers de cette légitime promotion ».
Amen.

Samedi 06 Septembre 2008 - 09:27
Régis Soubrouillard
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