La lettre d'information
 





Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille du texte Augmenter la taille du texte    Diminuer la taille du texte Diminuer la taille du texte

ASSOCIATIONS

Les Enfants de Don Quichotte primés à Cannes?

Cannes accueille cette année, aux côtés de Penelope Cruz et autres Brad Pitt, les Enfants de Don Quichotte. Après avoir dormi sous les ponts pendant plusieurs mois, Augustin Legrand, l'initiateur du mouvement pour les sans-abris, reçoit Marianne2.fr sur la terrasse du Carlton.



tendencies - flickr - cc
tendencies - flickr - cc
Ahmed et Marco, deux anciens SDF, monteront lundi soir les marches du palais du festival. Deux ans après leur mobilisation le long du canal Saint-Martin, les Enfants de Don Quichotte présentent le documentaire dont ils sont les principaux acteurs. Avec un budget de seulement vingt euros, Les Enfants de Don Quichotte, Acte 1, Poudre aux yeux réalisé par Augustin Legrand, fondateur de l'association, est probablement l'un des moins chers de l'histoire du cinéma. Pourtant il pourrait bien remporter la Caméra d'Or de la Quinzaine de la critique. Distribué par Bodega, il sortira sur les écrans en novembre. Le film s'inscrit dans la continuité du combat mené depuis deux ans par le militant. «Au début j'étais convaincu que ça marcherait. Si ça n'était pas le cas, nous voulions que le film témoigne de nos tentatives. Aujourd'hui on est à Cannes pour continuer à alerter» explique-t-il.

Sous le soleil de Cannes, Augustin Legrand fait un triste constat : "On nous avait promis 80 000 logements très sociaux en trois ans. Cette année seulement 12 000 ont été débloqués." Ce documentaire vient donc palier l'inaction du gouvernement et cherche à réveiller les consciences, une nouvelle fois. Le ton n'est ni larmoyant ni révolutionnaire. Le message est simple : tout homme doit pouvoir se loger, c'est un droit fondamental. Les hommes et les femmes de la rue s'adressent directement au spectateur et racontent leur histoire. Convaincus que leur cause passe par la sensibilisation du plus grand nombre, le film est d'abord diffusé sur Daily Motion, il est vu 600 000 fois. Un score impressionnant qui encourage l'apprenti-réalisateur à le présenter au festival. Les idées reçues y sont démontées : la majorité des SDF ne sont pas des clochards accrochés à leurs bouteilles, beaucoup travaillent.

La promesse de Sarko

Les politiques seraient incapables de faire des réformes durables. La fondation Abbé Pierre a pourtant démontré que l'hébergement d'urgence n'est pas rentable. Mais tous s'obstinent, car le long terme dépasse les échéances électorales. «On voudrait imposer 20 % de social à chaque nouvelle construction. Nous l'avons proposé de façon unanime avec toutes les associations» Ce n'est pas vendeur. Même Martin Hirsh, secrétaire d'Etat à la solidarité, semble les lâcher : «Il se tait car il a peur pour son RSA».

Optimiste, Augustin Legrand assure que les mentalités évoluent. Depuis deux ans, la mobilisation a permis d'améliorer le statut juridique des sans-abris avec la réforme DALO (droit au logement opposable). Un dialogue direct entre l'association et le gouvernement semble également s'être instauré. «Ahmed, chanteur de slam et Marco, un ancien braqueur, ont aujourd'hui un logement. Il y avait toujours dix SDF avec moi chez Borloo !», se souvient Augustin Legrand. Dans le film, une image marque. Celle de Nicolas Sarkozy qui, durant la campagne présidentielle, promet qu'en deux ans, s'il est élu, plus aucun sans-abris ne seront dans la rue. Il lui reste un an...

Lundi 19 Mai 2008 - 08:34
Pauline Delassus
Lu 7109 fois





Vos réactions

Dans la même rubrique

Abus de garde à vue - 29/12/2008

|1| >>