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Les Américains s'informent moins et lisent moins les journauxUn new deal médiatique ? C'est la tendance que confirme une étude menée par l'institut américain Pew Research Center. Si la télévision reste la source d'informations recueillant le plus d'audience aux États-Unis, les Américains consultent désormais autant Internet que la presse traditionnelle. Une constante: le scepticisme vis à vis des médias ne cesse de progresser.
Les Américains boudent les médias. C’est le constat qui ressort de l’analyse d’une récente étude du Pew Research Center. La proportion d'Américains qui ne consultent pas les sources d'information pendant une journée type est en forte progression. Elle est passée en dix ans de 14% à 19% de la population. Les auteurs de l’étude les qualifient de «désengagés». Le phénomène touche prioritairement les plus de 65 ans, suivis des 30-34 ans et des 18-24 ans.
Internet autant consulté que la presse Si la télévision reste la source d'informations qui recueille le plus d'audience aux États-Unis, les Américains consultent désormais autant Internet que la presse traditionnelle. Depuis deux ans, la proportion des Américains qui consultent les nouvelles en ligne au moins trois fois par semaine est passée de 31% à 37%. A contrario, 34% des américains interrogés en mai 2008 déclarent avoir lu un quotidien la veille du sondage, contre 40% en 2006. La lecture régulière d'un journal sur papier a baissé : 27% contre 34% en 2006. L'information sur papier et en ligne baisse aussi : 3% contre 4% en 2006. Seul le nombre de lecteurs uniquement en ligne a augmenté (4% contre 2% en 2006) mais la hausse de la lecture en ligne ne compense pas la baisse de la lecture sur le papier. Traditionnalistes, Intégrateurs et consommateurs du net Le Pew Research Center insiste sur les profils qui varient selon l'âge et le profil sociologique. Les «traditionalistes» (46%), les plus âgés en moyenne, niveaux scolaires et de revenus plus bas que la moyenne, s’informent principalement en regardant la télévision. Les «intégrateurs» (23%) d'âge moyen, plus diplômés que la moyenne, combinent les sources d'informations, Internet et télévision. C'est ce groupe que les annonceurs s'efforcent principalement d'atteindre, ce qui contribue à expliquer pourquoi les éditeurs de journaux constatent une baisse marquée de leurs revenus publicitaires, alors que ces dépenses tendent à se déplacer vers le cyberespace. Enfin les «consommateurs du Net» (13%), plus jeunes que la moyenne, masculins, les plus diplômés, évitent les grandes marques de l'information pour chercher d'autres sources sur Internet. Ce sont notamment des consommateurs de blogs politiques. La crise de confiance Cette nouvelle étude vient confirmer que depuis 2006, les habitudes d'information sont en pleine mutation. Une constante, malgré tout, valable pour la France, et toujours superbement ignorée par la profession : l'étude révèle que le scepticisme vis-à-vis des médias est particulièrement élevé, et continue même à s'accroître inexorablement. Vendredi 22 Août 2008 - 13:44
Régis Soubrouillard
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