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Le non des Irlandais serait une victoire des libérauxPar Malakine. Nous ne partageons pas le point de vue de notre ami Malakine. Mais nous lui donnons volontiers la parole dans l'attente des résultats du référendum irlandais.
L'incertitude sur l'issue du référendum irlandais, réveille le clivage de 2005 entre ouistes et nonistes. Cela peut paraître logique, puisqu'il s'agit du même texte avec un emballage moins clinquant. Pourtant la situation est tout de même assez différente. Le texte n'a pas du tout la même portée. Il ne vise plus à instituer un super Etat et n'emporte pas ratification de l'ensemble de l'acquis communautaire. Mais surtout, la partie a déjà eu lieu avec les conséquences que l'on sait.
Trois ans après le non français et néerlandais, il y a des arguments qu'on ne devrait plus entendre, notamment celui de l'électrochoc qui obligerait à refonder l'Europe sur de nouvelles bases. On a vu le résultat en 2005 ! Une Europe paralysée et des politiques tétanisés à l'idée de s'exprimer sur le sujet. La question n'est plus de savoir si on aime ou si on n'aime pas cette Europe là. Les peuples consultés ont déjà répondu en 2005. Dans tous les pays, l'euroscepticisme progresse. En France, il n'y a même plus personne pour soutenir l'Europe telle qu'elle est et les politiques qui y sont conduite. Même François Bayrou, autrefois gardien du dogme européïste, vient de se ranger dans le camp des critiques. Il y a même fort à parier que les prochaines élections européennes seront une surenchère de propositions visant à réorienter ou à reconstruire l'Europe. La question fondamentale aujourd'hui est de savoir comment faire bouger le contenu des politiques communautaires. Comment réviser les objectifs de la politique commerciale pour ériger des protections efficaces. Comment assouplir le dogme de la politique de la concurrence. Comment contraindre la BCE à adopter une politique monétaire plus expansionniste. Comment relancer de nouvelles politiques communes adaptées aux enjeux du 21ème siècle. Comment remettre l'Europe à sa place en faisant respecter le principe de subsdidiarité… Pour tout cela, il sera nécessaire d'arriver à un nouveau traité modificatif portant sur les politiques de l'union. Faut-il faire de ce traité de «refondation» du projet européen un préalable ou faut-il d'abords doter l'Europe d'un système de gouvernance plus efficace où la politique aura plus de place ? Mon point de vue n'a pas changé depuis 2005. Je pense que les innovations institutionnelles prévues seront de nature à améliorer la gouvernance de l'Union Européenne en favorisant l'émergence d'une Europe plus politique et moins technocratique. Si le but est d'aboutir à une redéfinition du projet, il vaut mieux un président du conseil plus stable et un parlement plus fort, un responsable de la politque étrangère, un contrôle des parlements nationaux sur l'application du principe de subsidiarité et un droit de retrait (enfin) reconnu aux Etats. Si le but est de produire de la norme, des règles et des jurisprudences en application des traités existants, on peut tout à fait laisser les pleins pouvoirs à la technocratie bruxelloise. L'intégration européenne est aujourd'hui allée trop loin pour qu'on puisse la bloquer en refusant tout nouveau traité. La machine fonctionne toute seule comme on a encore pu le voir récemment avec cette aberrante injonction faite à la France de libéraliser les jeux d'argents. Avant de changer l'Europe, il faut d'abords en reprendre le contrôle politique. Le rejet par les Irlandais du traité de Lisbonne serait une victoire apparente pour les anti-européens qui une nouvelle fois se délecteront de voir une nouvelle fois les peuples rejeter l'Europe. Il sera par contre une victoire pour les libéraux que l'Europe actuelle satisfait et une défaite pour tous ceux qui aspirent à une autre Europe. A lire sur le même sujet : La tribune de Marie Noelle Linemann dans Marianne 2 Dire Non à Lisbonne pour une autre Europe parfaitement représentative de la répétition à l'identique du discours noniste de 2005. De même, et plus étonnament chez lui, un texte très engagé en faveur du non de Toréador. Jean Quatremer, envisage les scénarios possibles si l'Irlande disait non. Enfin, je ne peux que recommander de relire le magnifique discours de Guaino de Strasbourg la conclusion de l'accord sur le traité simplifié. Vendredi 13 Juin 2008 - 12:12
Malakine
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