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Le financement de la campagne présidentielleTracts, conférences, déplacements, meetings, affiches, sites web : quels que soient les moyens de propagande, une campagne coûte toujours cher. Très cher. Le point sur le nerf de la guerre.
Combien coûte une campagne présidentielle ?
Recours accru au marketing politique, aux sondages, aux nouveaux outils de communication : le coût des campagnes ne cesse d’augmenter. Depuis 1988, l’Etat rembourse les frais de campagne des candidats. Voici combien ils ont coûtés, tous partis confondus, lors des précédentes élections : 1988 : 27,75 millions d’euros 1995 : 28,92 millions d’euros 2002 : 53, 4 millions d’euros. La profusion des petites candidatures aux élections de 2002 explique en partie l'envol de ces dépenses, mais pas seulement. En témoignent les frais de campagne des principaux candidats cette année-là : Jacques Chirac : 18 millions d’euros Lionel Jospin : 12,5 millions d’euros Jean-Marie Le Pen : 12 millions d’euros Les dépenses de campagne sont-elles plafonnées ? Oui. Le plafond des dépenses de campagne est de 14,8 millions d’euros pour les candidats présents au premier tour du scrutin et de 19,7 millions pour les candidats présents au second tour. L’Etat rembourse-t-il les frais de campagne de tous les candidats ? Sauf erreurs ou malversations dans les comptes que présentent les candidats, l’Etat rembourse leurs frais de campagne, indépendamment de la nature de leur programme ou de leur idéologie. En revanche, il existe des plafonds de remboursement en fonction de l’importance des suffrages recueillis. Si un candidat fait 5% ou moins au premier tour, l’Etat lui rembourse ses frais de campagne à hauteur de 739 800 euros. Si un candidat fait plus de 5%, l’Etat lui rembourse ses frais de campagne à hauteur de 7,4 millions d’euros. Enfin, si un candidat (ou une candidate) est présent au second tour, l’Etat le rembourse jusqu’à 9,9 millions d’euros. D’où vient l’argent ? Depuis 1988, le financement des partis obéit à une législation stricte. Les entreprises et les personnes morales ne peuvent subventionner les candidats, à l’exception des partis politiques. L’argent provient donc : -Des partis ou formations politiques. -Des cotisations des adhérents. -Des dons de personnes privées. Ces dons sont plafonnés à 7500 euros par an et par personne pour les partis et à 4600 euros par an et par personne pour les candidats. -Du financement public. Dès réception des 500 signatures de chaque candidat, l’Etat leur alloue une avance de 153 000 euros. Après le scrutin, il rembourse tout ou partie des frais de campagnes. Qui contrôle l’argent de la campagne ? Tout candidat doit déclarer, en préfecture, un mandataire financier, par l’intermédiaire duquel il pourra recueillir les fonds pour sa campagne. Il doit aussi remettre au Conseil constitutionnel une déclaration patrimoniale. La Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP) vérifiera par la suite les comptes de campagne confiés au mandataire pour remboursement. La Commission pour la transparence financière de la vie politique s’assurera qu’il n’y a pas eu enrichissement personnel du candidat. Jeudi 21 Septembre 2006 - 17:27
Anna Borrel
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