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Le collège Dolto dans le processus de starification (4)Par Gérard Delahaye. Nous reprenons la publication de la série inspirée par le film «Entre les murs». Gain d'image pour le collège François Dolto, ou établissement scolaire pris en otage par la déferlante médiatique ?
Collège Dolto - ©flickr - Gaël Chardon
La corporation médiatique ne pouvait évidemment pas rater le retour triomphal de nos jeunes héros dans les murs du collège mythique. Ils organisèrent avec une voracité coutumière qui tient lieu de déontologie le siège autour du malheureux établissement et harcelèrent les petits camarades de nos chers lauréats de ces questions qui font la gloire du journalisme français telles que :
«Est-ce que vous connaissez ceux qui ont la Palme d'or ?» ou encore «Savez-vous dans quel état ils sont ?» et aussi «Quel effet cela peut-il avoir sur l'image du collège ?». Pas facile pour cette génération de l'écran de résister à une telle débauche de sollicitations. Palmarès médiatique Le goût de la promo s'avère être un virus dangereusement contagieux. Dans un saint esprit d'émulation, chacun y allait du bilan de sa «couverture média» : «J'ai fais BFM, RTL, le Parisien, et toi ?» adressé sur le mode du défi, comme si chaque collégienne et chaque collégien devait revendiquer son instant de gloire fragile, la palme médiatique comme lot de consolation. Le scénario allait-il s'arrêter sur ce moment «hyperfestif» des retrouvailles générationnelles de nos 24 lauréats et de leurs condisciples à la descente du bus ? Azzouz M'hammed, marchand de journaux chevronné du quartier, avait-il raison de s'exclamer triomphalement : «C'est très bien pour l'image du collège qui connait une évolution positive depuis quelques années», non sans étayer cette prophétie par de solides considérations sociologiques de terrain : «J'ai vu des descentes de police ici, il y a quelques années, il était impossible de vendre dans de ce quartier. Mais les choses ont bougé, les bobos débarquent et l'image est déjà meilleure». On ne saurait mieux dire à la fin de cette saison de «Plus belle l'école !». Culture de l'Autre La horde impitoyable des cameramen et autres preneurs de son a opportunément remplacé la Police urbaine de proximité, il n'est pas certain que ce type de descente médiatique constitue une évolution profitable pour nos chères petites têtes blondes ou brunes. Cette quête et cette consécration de l'image font en tout cas largement consensus. Ils ont tous dit Oui à Andy (Warhol). Mais dans ce quartier, sanctuaire de RESF, où se croisent une population de bobos épris d'empathie pour la culture de l'Autre et des étrangers en situation irrégulière fortement représentés dans le secteur du service à la personne, il manquait une dernière saison pour apporter l'ultime touche bouleversante d'humanité, inclue dans la promo du film. Cette lacune scénaristique n'allait pas tarder à être comblée avec l'irruption de Mme Aïssata Bah, mère de Boubacar l'un des acteurs du film de Bernard Cantet. (à suivre...) Lire aussi les précédents épisodes de cette série de Gérard Delahaye, inspirée par le film «Entre les murs» : - A se taper la tête entre les murs... (1) - A se taper la tête entre les murs... (2) - Allons grincheux de la patrie ! (3) Vendredi 20 Juin 2008 - 10:28
Gérard Delahaye
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