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Le Figaro : Sarkozy fait baisser les ventesBaisse des ventes en pleine campagne électorale, chute des recettes publicitaires, engueulades entre le directeur de la rédaction et les journalistes, les journalistes du Figaro vont apprécier de partir en vacances... Et si l'engagement outrancier du quotidien conservateur en faveur de Nicolas Sarkozy était responsable de la baisse de la diffusion ?
Nicolas Beytout, directeur de la rédaction du Figaro, déteste la critique, qu'elle soit extérieure ou inérieure au quotidien qu'il dirige. Mais son arrogance n'est guère en phase avec les performances du journal : la situation des ventes et de la publicité est plus que médiocre. Les ventes en kiosque on baissé de 4% en avril. Or, il s'agit d'un mois électoral ! Par comparaison, Libération a fait +10% et Le Monde +4%. De son côté, la pub a baissé de plus de 10% depuis janvier. Cette dégradation des comptes a provoqué l'inquiétude des élus du Comité d'entreprise, qui craignent même un nouveau plan social. A quoi sont dues ces mauvaises performances ?
Nul ne peut fournir une réponse scientifique à cette question. Mais les journalistes pensent que la tradformation du quotidien de toute la droite plurielle en Pravda sarkozyste n'est pas pour rien dans cette évolution. Lorsqu'il a pris ses fonctions, voici bientôt trois ans, Nicolas Beytout s'était profilé comme le « bouclier » de la rédaction contre papy, l'actionnaire Dassault, que « son » journal, trop à gauche à son goût, énervait chaque matin au petit déjeuner. Et en effet, Beytout lui a imposé une réserve d'usage : pas d'éditorial, pas de glorification trop visible de son action d'élu ou de ses avions. Mais cet aggiornamento apprécié des journalistes a peu à peu laissé place à une orientation ouvertement sarkozyste du nouveau directeur de la rédaction, alors que Le Figaro, précédemment, prenait garde de ne jamais choisir une partie de la droite contre l'autre pour conserver les lecteurs électeurs de Villiers, Bayrou ou Le Pen. Même la balladurisation avait été modérée en 1995. A la fin mai, Beytout a invité les rédacteurs du service politique à déjeuner. A la fin du repas, un journaliste s'est plaint de l'omniprésence des sondages, notamment ceux de l'Institut « Opinion Way » (d'ailleurs contestés par leurs confrères et l'organisme de contrôle car ils utilisent une méthodologie Internet très discutable) : plus de cinquante depuis le début de l'année, ce qui transforme les journalistes en commentateurs d'études d'opinion. Après avoir reconnu que l'inflation des sondages coûtait cher, Nicolas Beytout s'est énervé et le déjeuner a fini dans une ambiance moyenne. Au point qu'à la réunion mensuelle de Beytout avec la société des rédacteurs, qui semble sortir de sa torpeur, cette question a été évoquée, ainsi que le problème du dessinateur censuré Dobrytz et d'autres sujets de discorde. La réunion fut très tendue, marquée, en arrière-fond, par les rumeurs de départ de Nicolas Beytout vers TF1, qui n'ont pas été confirmées depuis. Vendredi 06 Juillet 2007 - 16:58
Philippe Cohen
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