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La puissance Sarkozy

Par Maurice Szafran, directeur de Marianne
Après avoir nié le le phénomène Royal, la même cohorte de spécialistes tente d’inventer à droite une concurrence à Nicolas Sarkozy.



En politique, le ridicule ne tue jamais. Ainsi pendant une année, la cohorte des spécialistes s’est-elle évertuée à nier le phénomène Royal, en dépit d’indices chaque jour plus évidents. Désormais, les mêmes tentent, vaille que vaille, d’inventer à droite une concurrence à Nicolas Sarkozy. Le ridicule, une fois encore.
Nous ne pouvons guère ici même être soupçonnés de sarkozysme subi ou aigu. Mais le réalisme politique voudrait -en principe- que les évidences, les faits et les chiffres soient tenus pour ce qu’ils valent. Pas plus, mais pas moins. Or, que constatons-nous si l’on se contente d’écouter, de lire, d’analyser ? Que le « peuple » de droite, si jamais il en existe un, est profondément, que cela plaise ou déplaise, sarkozyste ; que jamais, depuis la candidature puis la victoire de Georges Pompidou en 1969, un leader de droite n’a été à ce point en accord, en phase avec son électorat ; qu’aujourd’hui, un autre candidat de droite (que ce soit Chirac, Villepin ou MAM) sera compilé, massacré, anéanti au premier tour par Nicolas Sarkozy.

Alors pourquoi ces réticences nouvelles envers le ministre de l’Intérieur ? Pourquoi ses coups à répétition portés par des éditorialistes qui, jusque-là, n’avaient guère fait preuve de pugnacité ?
D’abord, la surpuissance du phénomène Royal. Dans le jeu médiatique, il emporte tout sur son passage y compris Nicolas Sarkozy. Dans quelques jours, dans une poignée de semaines, la vague Royal se retirera, un peu, selon les règles du jeu en vigueur, permettant le retour au co-premier plan du « champion » de la droite.

Ensuite, le jeu torve des chiraquiens et des villepinistes, pas forcément le même ni les mêmes. Leur objectif unique ? La défaite de Nicolas Sarkozy et ce, quelque soit le prix. Leur candidat ? Non pas Chirac, Villepin ou MAM, des faux nez, mais Ségolène Royal ! Ils connaissent, eux la règle d’airain de l’élection présidentielle façon Ve République : la victoire le plus souvent se joue dans les marges… Et les anti-sarkozystes de droite entendent bien assurer cette marge à Ségolène Royal. Pour l’instant, ils se contentent d’une guérilla quotidienne contre le président de l’UMP. Précisément pour commencer à lui grignoter les électeurs marginaux et indécis. Détourner des votes, c’est aussi cela la garantie de la … défaite. A cet exercice-là, les chiraquiens ne seront pas forcément manchots.

Enfin, la nervosité de Nicolas Sarkozy constatée y compris par les siens -la double déstabilisation- celle de Ségolène, celle des chiraco-villepinistes- l’agace. D’où le coup de gueule, contre-productif, lâché envers Michèle Alliot-Marie. Pourtant, chacun sait que Nicolas Sarkozy se reprendra. Ne serait-ce qu’en raison de sa toute puissance à droite. Cela peut évidemment ne pas convenir, exaspérer, voire révolter, mais la droite est sarkozyste. Ségolène Royal, elle, le sait. Voilà pourquoi elle parle si peu du ministre de l’Intérieur. Les coups et le contournement, ce sera pour 2007.
Mardi 21 Novembre 2006 - 18:14
Maurice Szafran
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