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La gratuité, fiction ou réalité ?

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Qui répond ici aux objections de certains auditeurs qui ont critiqué sa chronique de la veille.



La gratuité, fiction ou réalité ?
Certains auditeurs se sont fâchés contre certaines de mes chroniques… Comme souvent on me critique sur ma défense du téléchargement… Un auditeur me fait remarquer que le «téléchargement n'est pas du tout gratuit». Les opérateurs internet, les fabricants de matériel informatique, les fournisseurs d'électricité tout simplement vous font payer le téléchargement. Et cet auditeur de conclure : le problème est que ceux qui sèment ne récoltent pas : les artistes sèment, les opérateurs récoltent. Certes. D'accord. Une raison de plus pour taxer les opérateurs, c'est le principe de la licence globale, et de redistribuer via une société de collecte de droits, type SACD, ce qui revient aux artistes en fonction du nombre de fois où ils ont été téléchargés (facile à déterminer)
Ce n'est pas le choix du gouvernement… Non. Le choix du gouvernement c'est la riposte graduée. La police autrement dit. La licence globale c'est Michel Rocard et beaucoup de députés européens.
Autre critiques : assez de parler de gratuité, la gratuité n'existe pas ! Un journal gratuit est un journal payé par la pub. Or la pub se retrouve sur le prix de vente des produit. Et si l'on divise le chiffre d'affaires de la pub par le nombre de français, on trouve des chiffres astronomiques.
Certes. Lorsque je parle de gratuité, je parle d'échanges gratuits. D'échanges qui ne passent pas par la valorisation du marché. L'exemple typique c'est l'acte de recherche : un chercheur propose ses recherches à un colloque, d'autres chercheurs les acceptent et leur en proposent d'autres en échange. Acte totalement gratuit. Pourquoi le marché, l'économie marchande ne peut pas comprendre cet acte, parce qu'il n'implique pas d'exclusion. Ce que le chercheur offre, il ne le perd pas. Ce n'est pas comme le lire d'essence : il appartient à Pierre ou à Paul, mais pas aux deux...
La phrase « Plus encore que la religion, le sport reste l'opium des peuples, la transcendance en moins, si vous y tenez vraiment » Bernard Fauconier, Témoignage chrétien.

Retrouvez «L'autre économie» de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.

Vendredi 20 Juin 2008 - 07:13
Bernard Maris
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