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La bulle s'amuse

Le 2 octobre, comme chaque année, les salons du Press club de France étaient le lieu d'un raout médiatico-politique pour la remise du "Prix de l'humour politique". Quand les bullocrates pétillent, le champagne coule à flot. Marianne2007 était, comme les autres, accoudé au buffet.



Crédits : Anna Borrel
Crédits : Anna Borrel
Peut-on être drôle sans être impertinent ? La question s’est posée, lundi 2 octobre, dans les salons feutrés du Press club de France, dans le VIIIème arrondissement de Paris. Comme chaque année, ses membres s’étaient réunis pour la remise du « Prix de l’humour politique », trophée décerné à l’élu(e) dont la saillie drôlatique, contrôlée ou non, méritait de faire date.
Contrairement au champagne et aux amuse-gueule, qui étaient parfaits, le jury présidé par André Santini avait un arrière-goût…d’institutionnel. Pierre Douglas et Jacques Mailhot (chansonniers du Théâtre des deux ânes) réchauffaient les souvenirs d’une époque où Jean Roucas faisait figure de trublion, quant à Françoise Laborde (France 2), Dominique Verdeilhan (France 2) et Anita Hausser (LCI), ils nous ramenaient à celle, plus actuelle, où le journal télévisé se fait surnommer « grand messe », ce qui en dit long sur son potentiel subversif.

Humour corse
Les « petites phrases » en lice avaient pourtant du piquant, tel l’obscur « Je suis un des rares ministres chiraco-sarko-villepino compatible » de François Baroin, le malheureux « Mes idées n’ont pas pris une ride » d’Arlette Laguiller ou encore le fielleux « Mettre une taxe sur des billets d’avion qu’on ne paye jamais, c’est un comble pour un Président », d’Odile Saugues, député PS du Puy-de-Dôme. Mais l’ambiance était décontractée. Trop peut-être. « Où est Santini ? » s’écrie Jacques Miot, le président du Press Club, au moment de la remise du prix. « Il drague », répond une voix. Les cravates hoquettent : fous rires dans la salle. Politiques et journalistes se tutoient, se chahutent gentiment. Finalement, après deux minutes d’un suspense insoutenable, on apprend que c’est Ségolène Royal qui remporte la palme de « la phrase la plus hilarante de l’année » pour un doublé-gagnant : « Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit. » et, plus contextuel, à l’occasion d’un voyage en Corse : « Je ne parlerai ni des attentats ni des incendies, je ne parlerai que de la Corse qui travaille. » Tout va bien, André Santini s’esclaffe. Arnaud Montebourg vient chercher le prix pour la candidable PS, il a préparé un petit discours de circonstance. « Elle le recevra avec un grand éclat de rire. » Un euphémisme, sans aucun doute.
Mais la cérémonie se termine déjà. Ceux qui ne répondent pas aux journalistes se précipitent aussitôt vers la véritable star de la soirée. Le buffet.
Mardi 03 Octobre 2006 - 10:32
Anna Borrel
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