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LCR-NPA : Les vieilles idées du jeune BesancenotOlivier Besancenot a clarifié hier la mission du nouveau parti qui succèdera à la LCR en janvier prochain : préparer « une bonne vieille révolution ». Reste à trouver un nom définitif au « nouveau parti anticapitaliste ». Marianne2.fr avance une proposition.
Olivier Besancenot a craché le morceau. A l’université d’été de la LCR, le jeune et populaire tribun a préconisé hier, à Port-Leucate, « une bonne vieille révolution ». Dans une veine marxiste-léniniste traditionnelle, il a analysé la « crise capitaliste » actuelle comme relevant de la « suraccumulation du capital » et décrété la situation presque prérévolutionnaire : « ça pètera dans un mois, dans un an, d'ici 2012 en tous les cas ».
D’un classicisme éprouvé, ce discours fait toujours superbement l’impasse sur le bilan catastrophique des révolutions du XXème siècle. Il avait peut-être pour fonction de rassurer les anciens de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), inquiets de voir leur organisation disparaître en janvier prochain. Il est toutefois révélateur d’une vérité souvent occultée par la maestria médiatique de Besancenot. Si la forme de son discours est neuve, et s’il est en prise avec certaines tendances de l’époque comme l’individualisme, le projet politique qu’il poursuit n’a rien d’inédit. Le dirigeant d’extrême gauche qui dit « rêver d’une autre société » demeure prisonnier du mythe révolutionnaire au mépris de toutes les expériences historiques. Car ses références théoriques restent bien celles du communisme. Tout cela n’est habituellement pas mis en avant. Besancenot a rassemblé 4,08% des suffrages exprimés, à la dernière élection présidentielle, en se posant surtout en défenseur des victimes des profondes injustices qui caractérisent effectivement la société actuelle. C’est comme cela qu’il a siphonné de nombreuses voix communistes. La LCR remplit désormais le rôle dévolu naguère à un PCF définitivement coincé entre le PS et l’extrême gauche. Très présent sur le terrain des luttes sociales, Besancenot a annoncé que son futur parti se situerait résolument « aux côtés » de ceux qui souffrent. Il profite de l’atonie socialiste en cherchant, non sans succès, à apparaître comme l’opposant le plus efficace à Nicolas Sarkozy. Besancenot n’hésite d’ailleurs pas à reprendre, en la retournant, une formule de l’ancien candidat UMP lorsqu’il vante « une gauche qui ne s’excuse pas d’être de gauche »… Où l'on s'adresse à Monsieur Krivine
La mayonnaise a l’air de prendre. Le NPA en gestation serait irrigué par quelques 300 à 400 comités. Il pourrait rassembler trois fois plus de militants que la LCR qui n’en comptait, il est vrai, que 3.000. Alain Krivine se réjouit de cet afflux de sang neuf et s’amuse que les petits nouveaux lui donnent du « Monsieur ». Le NPA attire de nombreux déçus de la gauche mais aussi pas mal de jeunes. Clémentine Autain, ancienne adjointe de Bertrand Delanoë, « envisage sérieusement » de rejoindre la nouvelle organisation. Et des intellectuels comme Michel Onfray la regardent avec intérêt…
Mais pour faire quoi, précisément ? L’incertitude qui pèse sur le nom du futur parti est révélatrice. Le sigle NPA, qui rappelle curieusement une émission à succès de Canal Plus, n’est qu’un nom de code provisoire. Le terme d’anticapitalisme ne définit aucune identité positive. Fort heureusement, le discours de ce week-end de Besancenot donne la solution. Si le nouveau parti entend faire la révolution, il doit être « révolutionnaire ». Comme il s’agit, de toute évidence, d’une révolution de type communiste (en témoigne l’étude des œuvres de Marx et Engels à Port-Leucate), il ne faut pas hésiter à employer l’adjectif de « communiste ». Doit-on enfin parler de « parti » pour une organisation qui devra fédérer des sensibilités fort diverses ? Par magie, la très riche langue française offre un terme qui se réfère à l’idée de fédération, de coalition, voire de conspiration : celui de « ligue ». C’est tout trouvé : le NPA doit logiquement se nommer « Ligue communiste révolutionnaire ». Lundi 25 Août 2008 - 07:58
Eric Dupin
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