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PARTIS

L'UMP veut-elle aider ou gêner Martine Aubry ?

Patrick Devedjian a surpris son monde en désignant Martine Aubry comme l'adversaire la plus dangereuse à la tête du PS. Jean-Pierre Raffarin avait déjà dit la même chose. Mais sont-ils sincères ? L'UMP cherche surtout à ajouter à la confusion socialiste.



Martine Aubry. Crédit : Wikipedia CC / Incorruptible
Martine Aubry. Crédit : Wikipedia CC / Incorruptible
L'UMP craint-elle ou espère-t-elle l'arrivée de Martine Aubry à la tête du PS ? Interrogé dans Le Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI dimanche 31 août, le secrétaire général de l'UMP a surpris en désignant clairement la maire de Lille comme «la plus dangereuse» prétendante à la direction du PS pour la droite. Il a expliqué qu'elle était dotée d'une «personnalité inattaquable» et d'une «très grande conviction militante.». Aubry aurait également l'avantage d'être «à la fois modérée et en mesure de rassembler la partie la plus à gauche».

L'analyse de ce fin observateur politique qu'est Devedjian se défend. Mais il est étrange de constater qu'il est le second dirigeant de l'UMP à citer Martine Aubry comme adversaire la plus dangereuse en 2012. Dans Le Parisien, Jean-Pierre Raffarin avait déjà porté la même appréciation. C'est d'autant plus surprenant au premier abord que la maire de Lille semble moins présidentiable que les deux autres postulants socialistes en lice.


Faire durer la zizanie
En désignant publiquement son adversaire souhaitée, la droite cherche-t-elle à rendre service à Aubry ? Elle aurait alors intérêt à ce que la moins populaire des prétendants se hisse à la tête du PS. Celle que Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius sont soupçonnés de vouloir installer rue de Solférino pour garder leurs chances d'être investis lors de de la campagne présidentielle. «En choisissant Aubry, il laisse le débat Delanoë-Royal irrésolu, et tout le désordre que cela implique, c'est un joli coup», concède un adversaire du patron de l'UMP. La droite pourrait encore avoir avantage à ce que le principal parti d'opposition soit dirigée par une personnalité emblématique de l'ancienne gauche des 35 heures.


Un peu à court de soutiens dans le parti, Patrick Devedjian semble avoir mis beaucoup de monde d'accord en avançant le nom de la maire de Lille. «Le plus dangereux, c'est Delanoë, juge un membre du bureau politique. Pousser Aubry, c'est la meilleure chose à faire.» L'UMP compte visiblement contribuer à la confusion interne au PS, s'écartant du pilonnage anti-Royal systématique de ces derniers mois.

Mais tout ceci est peut-être encore plus compliqué. Il se peut que la promotion de Martine Aubry par Jean-Pierre Raffarin soit surtout le fruit de sa détestation très personnelle de Ségolène Royal. Et que Patrick Devedjian, amateur de coups de billards à plusieurs bandes, ne cherche en réalité qu'à nuire à la maire de Lille qui préserverait les chances d'adversaires de taille comme DSK ou Fabius. Après tout, en dire du bien à droite ne peut que la desservir dans ses négociations internes au PS.


Mardi 02 Septembre 2008 - 09:01
Sylvain Lapoix
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