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Journalistes et politiques réagissent à la suppression d’« Arrêt sur images »

Marianne2007.info a fait réagir politiques et journalistes à la suppression de l’émission. Si certains s’indignent, d’autres refusent de répondre ou même enfoncent carrément Daniel Schneidermann.



Si la suppression d’« Arrêt sur images » suscite un flot de réactions chez les internautes, qu' est-il du monde des médias ou de la politique ? Claude Bartolone, responsable des questions des médias au Parti socialiste, ne cache pas son indignation face à « une très mauvaise nouvelle ». Et il n’y va pas par quatre chemins : « Les premiers signes que donnent ce gouvernement ne vont pas dans le bon sens. Cela a commencé par la nomination d’un proche de Nicolas Sarkozy à la direction de TF1 alors qu’il n’a pas de compétence particulière dans ce domaine. Cela se poursuit », explique à Marianne2007.info le fabiusien. Pour le MoDem, Marielle de Sarnez remarque que « ce n’est pas neutre. C’est un très mauvais signal. J’ai un peu peur que ce soit à cause de la liberté de ton ». Elle regrette une émission « utile et conforme au cahier des charges du service public ».

Pégard ne répond pas
Qu’en pense-t-on à l’Elysée ? Catherine Pégard, encore journaliste pour Le Point il y a un peu plus d’un mois et qui a rejoint l’équipe communication de Sarkozy, ne veut pas répondre, s’en tenant à son devoir de réserve. Georges-Marc Benamou, lui aussi ancien journaliste aujourd’hui aux côtés du président de la République, n’avait pas répondu à nos sollicitations, à l’heure où nous écrivions cet article.

Franz-Olivier Giesbert, Patron du Point, qui présente lui aussi une émission sur France 5 ne souhaite pas non plus répondre. Emmanuel Berretta, journaliste du magazine, a cependant tenu a souligner dans un article, sur le site de l'hebdomaire Le Point, la légère baisse d’audience qu’a connu l’émission.

Edwy Plenel, ancien rédacteur en chef du Monde et donc ancien patron de Daniel Schneidermann, avant qu’il ne le licencie après un article sur La Face cachée du Monde, regrette la fin d’« Arrêt sur images » : « C’est toujours bien qu’il y ait des émissions qui dérangent, qui bousculent. Arrêter Schneidermann et continuer Franz-Olivier Gisbert, je ne vois pas où est la recherche d’originalité », souligne-t-il. L’actuel directeur de la rédaction du Monde, Eric Fottorino, ne souhaite quant à lui pas s’exprimer. Nicolas Beytout, directeur de la rédaction du Figaro, n’a pas pu être joint, comme Jean-Pierre Elkabbach, patron d’Europe 1.

« L'émission fut très novatrice »
Colombe Schneck, qui anime sur France Inter « J’ai mes sources » et sur i>Télé « i>média », a commencé à travailler à « Arrêt sur images ». Elle trouve « très triste » la disparition de l’émission « qui fut très novatrice ». Elle salue « la grande indépendance » de Daniel Schneidermann et souligne « qu’il est très rare qu’une émission dure si longtemps ». En revanche, elle ne voit pas « un acte de censure » dans l’arrêt. « Il ne faut pas exagérer non plus. Il n’y a pas nécessairement de complot politique dès qu’on arrête une émission », souligne-t-elle. Jean-Marc Morandini, journaliste à Europe 1, a pour sa part la dent dure contre Daniel Schneidermann : « C’est une chose normale. C’était original à l’époque mais l’émission a duré douze ans, elle a fait son temps. » Et Jean-Marc Morandini d’ajouter « Il crie tout de suite à la censure, mais il n’y a rien d’exceptionnel. Il y a d’autres émissions de décryptage des médias, comme sur Europe 1 (l’émission de Morandini Nldr). Ce n’est pas Dieu qu’on assassine. Il a quitté Le Monde en crachant sur ses employeurs, il quitte France Télévision en crachant sur ses employeurs », conclut-il.

« Ça me rappelle la situation où j’étais il y a un an, se souvient Daniel Mermet, le présentateur de « Là-bas si j’y suis », sur France Inter. C’est exactement le même scénario. Même processus et même arbitraire surtout. On a une direction féodale de l’audiovisuel public qui décide souverainement, sans explication, de la disparition d’une émission ». Il remarque que « c’est une émission critique qui fait du bon boulot et qui d’ailleurs n’a pas rencontré le soutien de la profession. Schneidermann est vu comme un électron libre, un hérétique… ». Surtout, pour Daniel Mermet, c’est autant la décision elle-même que ses conséquences qui sont à craindre : « Des évictions comme celle-là, qui sont terrorisantes pour tout le monde, entraînent l’autocensure de chacun ».
Mercredi 20 Juin 2007 - 16:48
F.V. avec S.L. et A.B.
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