La lettre d'information
 





Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille du texte Augmenter la taille du texte    Diminuer la taille du texte Diminuer la taille du texte

ASSOCIATIONS

Foot : le PSG bientôt au tribunal

Après trois ans d'enquête, les juges viennent de clore leur instruction sur les transferts douteux du Paris Saint-Germain. Deux de ses anciens présidents, l'équipementier américain Nike, et de nombreux agents de joueurs pourraient être jugés en 2009



Les juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset viennent de mettre un terme à plus de trois années d'enquête sur les transferts douteux du Paris-Saint-Germain. Les magistrats du pôle financiers ont signifié, au début de cette semaine, à toutes les parties du dossier la fin de leur instruction.
Dans ce dossier deux anciens présidents du PSG, Laurent Perpère et Francis Graille sont poursuivis , la justice les suspectant d'avoir entretenu un système de rémunération occulte des joueurs. Mis en examen notamment pour « faux et usage de faux », les deux hommes ont livré aux juges des versions très nettement différentes sur les moeurs en vigueur dans le football. Si Francis Graille a nié « tout versement de complément de rémunération » lors des transferts, Laurent Perpère a reconnu « des versements faits aux joueurs dans le cadre de transferts » et plus généralement des surévaluations du montant des opérations.
Outre les anciens présidents du PSG, de nombreux agents de joueurs plus ou moins réputés sont mis en examen pour des opérations troubles lors de transferts de joueurs entre 1998 et 2003. Ils sont suspectés de détournements de fonds lors de ces transferts mais également d'avoir perçu des « sur-commissions » (supérieures aux 10% légaux) qu'ils auraient reversées comme compléments de salaires aux joueurs.
Mais l'instruction a dévoilé d'autres aspects des pratiques occultes au PSG. Les juges ont ainsi mis en examen le club de football de la capitale ainsi que la société Nike. Le PSG et l'équipementier mis en examen en tant que personne morale sont poursuivis pour « complicité de travail dissimulé ». Le premier est suspecté d'avoir demandé au second de verser des compléments de salaires à certains joueurs, ce qui aurait permis au PSG de payer moins de charges sociales et aux joueurs moins d'impôts. Pour rentrer dans ses fonds, Nike aurait, de son côté, facturé des amendes au club pour non-respect des obligations du contrat à l'image.
Dans un système extrêmement trouble l'instruction a également mis au jour les rôles clés joués par les footballeurs eux-mêmes. « Le joueur veut de l'argent à l'occasion de son transfert, cela ne se traduit pas nécessairement en salaire », a ainsi expliqué Laurent Perpère. Par exemple, Frédéric Dehu, l'ancien international français, aurait reçu 3 millions de francs en 2000 sur un compte en Suisse, versés par un intermédiaire. « L'agent demande le maximum (au club, NDLR) et distrait une partie de cette somme pour satisfaire le joueur », a déclaré Laurent Perpère.

Curieusement, aucun joueur n'a été mis en examen
Concernant Nicolas Anelka, les investigations ont montré que son transfert de Madrid à Paris en 2000 avait été surévalué de 25 millions de francs « afin d'y inclure la commission des frères et agents du joueur et une partie de ses futures rémunérations ».
En ce qui concerne le joueur portugais Pauleta, Francis Graille a déclaré sur procès-verbal : « Au moment de la signature du contrat il a fait des calculs sur son salaire et a dit que ce n'était pas ce qu'il voulait. Je lui ai donc fait une lettre pour lui dire que le PSG s'engageait à lui payer des compléments de salaire. » Selon l'ancien président du PSG, malgré cette promesse, la somme n'aurait toutefois pas été versée par le club.
Pour autant aucun joueur n'a été poursuivi par la justice.
L'enquête clôturée il appartient désormais au procureur de la République de prendre ses réquisitions avant que les juges ne décident du renvoi devant le tribunal correctionnel. Un procès pourrait avoir lieu en 2009, indique-t-on de source judiciaire.

Mercredi 28 Mai 2008 - 17:49
Eric Decouty
Lu 6847 fois





Vos réactions

Dans la même rubrique

|1| >>