La lettre d'information
 







Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille du texte Augmenter la taille du texte    Diminuer la taille du texte Diminuer la taille du texte

Des candidats en plein brouillard

Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne.



Si le ton monte, si les concurrents s'affrontent désormais directement sans plus prendre les gants que leur fonction imposerait, ce n'est pas seulement à cause de la fatigue, ou parce que le ressentiment s'est accrû, ou encore parce qu'ils ont été marqués par les premiers coups, fussent-ils d'épingle. Ils deviennent tous nerveux, irascibles parce qu'à l'approche de la ligne d'arrivée, ils sont en plein brouillard.

Certes, il y a des attaques qu'ils n'ont pas supportées. Ainsi, Ségolène Royal n'a-t-elle pas aimé, et on la comprend, d'avoir été rangée par Nicolas Sarkozy dans le camp des « fraudeurs et des voleurs » parce qu'elle exprimait un désaccord avec sa politique sécuritaire aux résultats insuffisants. Ainsi Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas admis de son côté de voir qualifié d'ignoble son projet de ministère de l'immigration et de l'identité nationale. L'une et l'autre avaient, il est vrai, tout intérêt à durcir le combat pour mieux en exclure le troisième larron, le trouble-fête, François Bayrou. Mais à la vérité, c'est le grand méchant flou de la campagne qui explique ce durcissement. L'une et les autres sont angoissés, à cran, parce qu'ils n'y voient pas clair.

Personne, en effet, ne peut aujourd'hui prétendre avec certitude que l'élection à la qualification est jouée. Pendant que les thèmes de campagne chantent tous les deux jours, les têtes des Français tournent au point qu'aucun sujet ne semble dominer. Aucun candidat ne s'impose. Ainsi l'indécision progresse-t-elle puisque, selon l'IFOP pour Paris-Match, 42 % des électeurs aujourd'hui ne sont pas fixés dans leur choix. Soit 5 % de plus que la semaine passée. Et plus de 15 % d'entre eux pourraient se déterminer au dernier moment dans l'isoloir. Or l'avance dont dispose censément Nicolas Sarkozy dans les sondages n'est absolument pas suffisante pour lui garantir sa qualification.

Lors d'une réunion des éléphants de la majorité, le candidat de l'UMP est allé jusqu'à confier qu'il pouvait très bien se retrouver dans la situation de Lionel Jospin en 2002 si l'on n'y prenait garde. Sarkozy rejeté, Sarkozy exclu du second tour de la présidentielle ! Ces mêmes perspectives que Dominique de Villepin a évoqué sans fard devant des proches rappelant que jamais jusqu'ici l'élu de Neuilly n'avait réussi des scores électoraux consistants. Et que sa campagne, après avoir bien démarré, s'était perdue dans les sables, qu'il avait été incapable de prendre de la hauteur, d'incarner un changement que les Français veulent mais sans que cela s'apparente à un affrontement de salle de bar. La preuve, comme en 1995 pour Balladur, les Français ne souhaitent pas la victoire du favori. Ils préféreraient, de peu, le succès de Ségolène Royal ou même de François Bayrou ! Pourtant ni l'une ni l'autre ne sont assurés de se qualifier.

A gauche, on est d'autant plus inquiets qu'en dépit du traumatisme du 21 avril 2002, il y a toute une élite socialiste du parti qui fait la campagne pour elle, si j'ose dire, en se pinçant le nez de dégoût. Quant au champion de l'UDF, il cherche aujourd'hui son second souffle, et ses plus proches amis ont beau enregistré des affluences records aux meetings, un enthousiasme sans précédent sur Internet notamment, ils confient aussi être incapable de dire s'ils ont la moindre chance d'être en finale. De même, personne ne peut affirmer avec précision à quel niveau se situe Jean-Marie Le Pen.

Tous assurent que le président du Front national est plus haut que ce que l'on dit et qu'il monte régulièrement, ce qui est exact mais, peut-il être la troisième surprise après la sélection de Royal et la percée de Bayrou ? Alors là, personne ne s'aventure à émettre des pronostics. Les meilleurs des experts sont dans le bleu et vous renvoient au prochain sondage dont ils vous disent par ailleurs qu'ils sont… aléatoires.

Alors, puisqu'on nous renvoie à des augures incertains, j'ai consulté quelques voyantes et astrologues, afin de vous faire un peu sourire. Ceux-là, au moins, n'ont pas de doute. En raison de la configuration des astres, ils prophétisent avec une certitude absolue la victoire de… Nicolas Sarkozy. Mais les autres assurent avec tout autant de confiance que ce sera un triomphe pour… Ségolène Royal ! Or vous savez que les astres, eux, ne mentent pas. Pas plus que les prénoms qui déterminent un destin. Ainsi, savez-vous que Ségolène signifie, étymologiquement, « victoire » et que Nicolas, ce très, très joli prénom, vient du grec et veut dire « victoire du peuple » ! Au moins, maintenant, vous êtes fixés.

Mercredi 04 Avril 2007 - 13:56
Nicolas Domenach
Lu 10084 fois




Le rêve de Mafalda - 19/11/2007

|1| >>

TOUTES NOS VIDEOS | AUDIOS JEAN-FRANCOIS KAHN | EDITOS | L'AGORA DE MARIANNE2007.INFO | ACTUALITES | BREVES DE CAMPAGNE | LE BUZZ DE LA CAMPAGNE SUR LE NET | CANDIDATS 2007 | TRIBUNES | PROGRAMMES | DOSSIERS | REVUE DE BLOGS | A PROPOS | ABONNEMENT | SYNDICATION | COMMUNIQUES DE PRESSE MARIANNE2007.INFO