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Demorand et Hondelatte sont sur un bateau, Demorand tombe à l'eau...Ils devaient être les figures de proue du renouveau culturel de la télé publique. Demorand restera à quai, débarqué avant même sa première émission, alors que Christophe Hondelatte, le chouchou de Sarkozy, est annoncé comme le capitaine du vaisseau France-Télévisions.
Christophe Hondelatte
A eux deux, ils devaient rebooster France 2, incarner la culture, toute la culture, populaire ou plus élitaire. Le premier était annoncé pour animer une émission basée sur le décryptage de la culture mondialisée, le second avouait vouloir « s'intéresser à la culture qui marche », la culture populaire. Le premier, Nicolas Demorand, présentateur des matinales de France-Inter aurait eu des exigences salariales obscènes (25.000 euros par mois), selon les dirigeants de France 2. Pour sa défense, l'intéressé parle de chiffres 8 à 10 fois inférieurs... La vérité se situe quelque part au milieu. Demorand a, en effet, été victime d'un coup de bluff de Serge Moati, son producteur qui a salé l'addition afin d'obtenir un budget plus important de la part de France 2, mais aurait, selon nos informations, tenté de faire monter les enchères en évoquant les propositions de Canal-Plus... Il ne sera finalement pas à l'antenne en septembre.
Le second, Christophe Hondelatte, qui avait fait des adieux larmoyants à son fidèle public des matinales de RTL, a monté depuis plusieurs mois sa société de production Pitch TV et sera la star de la rentrée sur France 2. Présenté comme l'un des chouchou de Sarkozy - comme d'autres journalistes télé, il a été promu cette année dans l'ordre national du mérite(gid)/478250 - qui le trouve « carré » et « direct », Canard Enchaîné dixit, il gardera finalement également une émission sur RTL… Une information qui relativise ses adieux faits en direct, «la mort dans l'âme», dixit l'intéressé.
Marc Lévy à toutes les sauces
Nicolas Demorand envisageait de présenter une émission de reportages, sorte de « Capital » culturel qui répondrait à des questions aussi diverses que : «Pourquoi les architectes sont-il des stars ?», «Luc Besson est-il encore un cinéaste français ?» ou encore « qu'est ce qui fait l'universalité d'un film comme celui de Laurent Cantet, palme d'or au festival de Cannes ? » tel qu'il l'avait expliqué à Daniel Schneidermann sur le site d'Arrêt sur Images. Au moins, les deux se rejoignaient-ils sur un point: « hors de question d'interviewer Marc Lévy avec une pince à linge sur le nez ». Une formule utilisée par le présentateur de RTL, reprise à son compte par celui de France-Inter. Populaire ou plus exigeante, Marc Lévy serait donc le mètre-étalon de la culture à la télévision. On pourra au moins objecter qu'il est des curiosités culturelles plus attirantes et moins exposées. Pince à linge ou pas… Lundi 30 Juin 2008 - 00:09
Régis Soubrouillard
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