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TRIBUNES

Dans la liesse de la Convention démocrate de Denver

Thierry Rochas est l'envoyé du parti Nouveau Centre à la Convention démocrate de Denver. Il raconte, pour marianne2.fr, la journée d'hier où les délégués se sont échauffés en écoutant Bill Clinton, toujours aussi efficace, et Joe Biden, le candidat à la vice-présidence qui s'est montré mordant.



Convention de Denver (Barack Obama, licence CC, Flickr)
Convention de Denver (Barack Obama, licence CC, Flickr)
On annonçait le troisième jour de la convention comme une transition avant le grand soir du discours d'acceptation de Barack Obama. Mercredi, me disait Veronica Pollock, la responsable VIP and Politics, "c'est le jour après le discours de Hillary", sous entendant qu'il fallait bien reprendre un peu son souffle.

Et bien, ce fut la journée la plus dense et la plus surprenante de la Convention. Dès 15h, les procédures de présentation des deux candidats démocrates étaient en route. Le long protocole (respecté à la lettre et dans un timing impeccable) se déroulait tranquillement. Pour tous les délégués présents dans la salle, le point d'orgue arriverait plus tard, avec un discours de "Bill" et aussi la première apparition du "futur" vice président Joe Biden (réputé être un orateur à surprises, voire à gaffes...).

Bref, je commençais à envisager un repli stratégique au Draft (mon bar, mon restaurant, ma salle de travaill, mon observatoire social...) quand les différents Etats ont commencé à annoncer le décompte des votes des délégués entre Clinton et Obama. Sans surprise, le Sénateur de l'Illinois se retrouvait dès les premières minutes très très largement en tête.
Quelques heures plus tôt, Hillary avait pris soin de réunir ses partisans dans une salle voisine pour achever de les convaincre d'unifier le parti.

Puis la parole vint à l'Etat de New York. Hillary Clinton donna alors l'ensemble des voix de ses délégués au sénateur Obama. Dans l'acclamation générale, elle proposa ensuite d'interrompre la procédure de décompte pour nommer le candidat Obama par acclamation. Avec les yeux fixés sur le futur, et dans un esprit d'unité; avec comme seul objectif la victoire; déclarons tous ensemble et d'une seul voix, ici, maintenant, que Barack Obama est notre candidat et sera notre prochain président".

La présidente de la procédure d'investiture, Nancy Pelosi, accepta et procéda dans la foulée à ce qui restera un moment fort de cette convention. Barack Obama fut investi par une salle en délire dans les 3 minutes qui suivirent. Bien sûr, rien n'est totalement imprévu dans ce qui venait de se passer. Mais quand même, quel show !

L'animal politique Bill Clinton

Quelques heures plus tard, arriva le fameux discours de "Bill". Clinton a toujours adoré la castagne. Sous ses allures bon enfant, l'animal politique est redoutable ! Il avait très naturellement endossé le rôle de "porte flingue" durant la campagne de sa femme, permettant à celle-ci de ne pas trop entrer dans les combats et… de sortir des polémiques, souvent par le haut. Ce rôle incombera désormais au vice-président nominé : Joe Biden.

"Hier soir, Hillary nous a dit qu'elle ferait tous ce qui est en son pouvoir pour faire élire Barack Obama. Et bien ce soir, nous serons deux -- Nous serons même 18 millions d'entre nous ", s’est exclamé Bill Clinton. Sous entendu, voilà ce que nous apportons comme dot... Le mariage est désormais entériné, la hache de guerre enterrée."Tout ce que j'ai appris pendant mes huit années à la présidence et au cours du travail que j'ai accompli depuis, en Amérique et dans le monde, m'a convaincu que Barack Obama est l'homme pour ce job", a dit Bill Clinton, sous les yeux de Michelle Obama, visiblement émue.

Enfin, last but not least, Joe Biden arriva. Son rôle n'est pas simple car il est peu connu du grand public. Ce soir, c'est un peu son "Grand Oral". L'assistance l'écoute avec attention. Il sera désormais le bras armé d'Obama, celui qui partira au contact. Et pour son premier discours il a correctement remplis son rôle de chien d'attaque vis à vis de MacCain et tout particulièrement sur le bilan de la politique étrangère de Bush. "Notre pays est moins sûr et plus isolé que jamais dans l'histoire récente. (...) La politique étrangère de Bush-McCain a creusé un fossé très profond et nous avons désormais très peu d'amis pour nous aider à en sortir".

Enfin, cerise sur le gâteau, Barack Obama en personne a rejoint son "futur" Vice Président dans une salle en délire. Haranguant la salle d'un "J'ai l'impression qu'elle se passe plutôt bien cette convention, qu'en pensez vous ?" il a très chaleureusement remercié Bill Clinton et Joe Biden pour cette soirée, clôturant son mot d'un " nous aurons demain une soirée fantastique, que tous ceux qui veulent venir, viennent !" On ne pouvait rêver meilleur teasing !

Jeudi 28 Août 2008 - 15:45
Thierry Rochas
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