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Comment l'auto indienne de Renault augmente le prix du pétroleAvec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Bonne ou mauvaise nouvelle, la voiture à 1620 euros que Renault va mettre sur le marché en Inde ?
Renault et Nissan s'associent à l'indien Bajaj pour fabriquer une voiture à 2500 dollars soit 1620 euros environ. Ce véhicule est destiné au marché indien et devrait concurrencer la Nano de l'indien Tata vendue au même prix. Cette concurrence va permettre à des millions d'Indiens de devenir automobilistes. Est-ce une bonne nouvelle ? Oui et non. Oui parce que ça crée des emplois. Non parce que ça crée de la pollution. Oui parce que cela accélère la fin du règne du pétrole, et que l'humanité sera bien obligée d'aller, cahin-caha, à pied ou à vélo, vers un autre modèle de développement. Non parce que le pétrole est partout (dans un ordinateur il y 612 litres de pétrole) et que les pays émergents, comme l'Inde, qui exercent une énorme pression sur les matières premières, vont exercer une pression accrue sur le pétrole... dont le prix fait s'envoler le prix de toutes les énergies...
De la production à la rente Car le baril à 125 dollars, c'est le prix du gaz qui monte, et même celui du charbon dont les réserves mondiales sont pourtant estimées à 150 ans (contre 40 ans pour le pétrole). Et derrière le pétrole, c'est le prix de l'électricité qui grimpe. Fioul, gaz et charbon sont utilisés majoritairement dans la production d'électricité, EDF, Eon et les grands producteurs d'électricité se réjouissent. Et même le prix de l'uranium augmente fortement. Nous sommes en train de passer d'une économie de la production (comme la production de la voiture à bas prix par Renault) à une économie de la rente : ce n'est plus le savoir et l'ingéniosité des hommes qui fait la valeur des choses, mais leur rareté. Rareté que l'on retrouve en matière agricole. Le prix des terres arables est en train de monter aussi. Aux Etats-Unis, le prix de la terre cultivable a augmenté de 17% cette année et ça va continuer. La question est : l'inventivité des hommes, peut-elle dépasser la rareté ? Renault, planche aussi, paraît-il sur une voiture électrique viable dans cinq ans. C'est cela la vraie révolution. La phrase du jour : «La sphère des valeurs dépassées et déchues augmente sans cesse; le vide et l'indigence en valeur se font de plus en plus sensibles : mouvement irrésistible» (Nietzsche. Contribution à l'histoire naturelle de la morale) Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49. Mardi 13 Mai 2008 - 23:47
Bernard Maris
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