|
||||||||||
Widgets, univers et mobilité Marianne2.fr
|
Bling-blng Meurtres a Saint-Tropez
Résumé du chapitre précédent:
Un troisième héritier de Tony Mérou, lui-même mort dans des conditions suspectes, a été assassiné. Le commissaire Mangusta, mis sur la piste de Laurence Maserati par Célina Atlas, a entrevu le meurtrier au château-hôtel de la Poissonnière. Hélas, il a filé... Une foule aux abois tambourinait à la porte. Au commissariat de Saint-Tropez, on frisait l'émeute. Mangusta, enfermé à double tour, ne voulait voir personne. Pourtant, il le fallait bien. L'assassinat maquillé en suicide du jeune et prometteur Laurent Merou, troisième héritier du patriarche Tony, était devenu en l'espace d'une nuit une cause nationale. Les journalistes qui n'avaient rien à se mettre sous la dent avaient surgi comme des vautours. Le ministère de l'Intérieur, où l'on s'ennuyait comme un singe en cage, mettait la charrue avant les boeufs et les radios qui vivaient un été de vaches maigres suivaient le troupeau. Au beau milieu de cette jungle estivale en quête de la moindre information sur le coupable, seul le président semblait avoir d'autres poissons-chats à fouetter. Pas de chance pour les Mérou. Avec l'appui de l'Elysée, les enquêtes allaient généralement plus vite. Mais le président, d'une part, avait un emploi du temps surchargé et, d'autre part, il ignorait toujours l'existence de la menace «bling-bling». Brice Hortefeux avait jugé bon de tout lui cacher depuis le début de l'enquête. On avait déjà bien assez de gardes du corps à l'Elysée, et de manière générale dans Paris, qui depuis le début du mandat ressemblait à une gigantesque private party. Mangusta hésitait à faire une allocution publique. Mais que dire? Il ne savait absolument rien. Ou plutôt si, il avait surpris le meurtrier sur les lieux du crime. Mais il n'avait pu l'identifier, ni l'arrêter, ni même empêcher le meurtre. Belle presse pour la police tropézienne! D'un autre côté, la porte du bureau du commissaire était sur le point de céder. Des dizaines de paumes frappaient aux carreaux et on hurlait à tue-tête: «Mangusta! Parlez-nous! Le peuple a le droit de savoir! Au moins laissez entrer Voici et Closer!» S'il tardait encore à se montrer, le commissaire pouvait craindre une vague de lynchages publics. On allait probablement dresser une potence sur la place des Lices et commencer les exécutions sommaires. Et il n'y avait rien de pire que le maccarthysme tropézien: les dénonciations se fondant sur le niveau de vie, chaque touriste un peu dans la dèche risquait sa vie... Mangusta le savait mais préférait ne pas perdre de temps. Les médias pouvaient attendre, les Mérou, non. Malgré leur immense fortune, c'était un luxe qu'ils ne pouvaient s'offrir. A 15 heures précises, le notaire Guy Poupon devait procéder à la lecture du testament en présence des seuls héritiers encore en vie: Caroline, l'ex-femme de Tony, et deux des fils, Igor et Patrice. Leur race était en voie d'extinction. Une catastrophe écologique sans précédent, pour des Mérou. Mangusta fit jouer le loquet de la fenêtre, attendit le passage d'un cabriolet et bondit du premier étage sur le véhicule pour échapper à la conférence de presse. Sa conductrice n'était autre que Paris Ibis, la provocante et oisive compagne d'Igor Mérou. La jeune femme se déclara choquée mais aussi rassurée par la présence du commissaire sur son siège passager. Mangusta ne voyait pas les choses sous cet angle: il était à la place du mort. Comme le commissaire, la blonde Paris Ibis désirait assister à la lecture du testament. Pour apporter son soutien moral et désintéressé, naturellement. Le temps du trajet, Mangusta confia ses errances et ses craintes à l'actrice, puisqu'elle se présentait comme cela. L'époque était ainsi, on s'était débarrassé de l'expérience. Seule importait la notoriété. On suivait l'exemple politique. Le commissaire, d'ordinaire méfiant, savait qu'Ibis ne parlerait pas: à Los Angeles, la désintoxication était à la mode et, comme ses amies people, Paris entrait en cure un mois sur deux. Avec les médicaments qu'on ordonnait en rehab, la mémoire des stars en prenait un coup: arrivée chez le notaire, Paris Ibis aurait probablement oublié son entretien avec Mangusta. Le commissaire en profita pour soulager sa conscience. Il n'avait plus le moindre suspect en vue: la piste des héritiers, celle du dauphin Jean ou bien encore celles des ex du président n'avaient rien donné. Et toujours aucun indice concernant la disparition du jovial ministre Jean-Louis Ballon. Que fallait-il faire? Choix numéro un: prier, lui répondit Paris Ibis, qui avait toujours été pieuse, même en tournant des scènes de nuit. Choix numéro deux: attendre, «l'assassin n'a pas fini son travail et l'agitation actuelle va probablement le pousser à commettre des erreurs». Choix numéro trois: acheter un nouveau chihuahua, «ça distrait toujours la presse». Paris s'égarait. Mangusta préféra suivre le conseil numéro deux, c'est-à-dire ne rien faire. Quelque part, c'était un chiraquien. La lecture du testament devait prendre deux heures, elle dura le triple. Il faut dire que la présence dans l'officine du suintant notaire Guy Poupon des deux superministres Brice Hortefeux et Bernard Kouchner n'aidait pas vraiment à gagner du temps. Le premier veillait à la sûreté nationale, le second à l'internationale. Le fait est que les deux hommes n'avaient tout simplement rien à foutre là, mais, en cette période estivale un peu creuse, l'affaire Mérou leur donnait l'occasion d'intervenir. Et du moment qu'on intervenait, on était toujours bien vu par la présidence. Peu importent les résultats. Kouchner avait même décidé de faire du zèle: pour éviter les indésirables et garantir la sécurité des Mérou, il avait détourné de nombreux sacs de riz destinés à une aide humanitaire quelconque et les avait empilés pour ériger de grandes palissades tout autour du bureau du notaire. On se serait cru en pleine cellule de crise irakienne. Seul manquait Saddam, mais, en matière de dictature, on avait toujours Caroline Mérou. L'ex-femme de Tony ne cachait pas son désagrément. Telle petite partie de la fortune ira à telle association et Caroline pestait. Telle autre micropart de la société familiale sera versée à tel cousin éloigné et Caroline grinçait des dents. Tel ridicule pourcentage reviendra à tel ancien ami et Caroline explosait de rage. La veuve s'emportait si fort que Brice Hortefeux s'était blotti sous la table. Rien ne semblait pourtant troubler le travail du transpirant Guy Poupon, qui, d'une voix frêle de stentor prépubère et les yeux embués de sa propre humidité, procédait lentement à la lecture des volontés de Tony. Après avoir dispersé les miettes, on passa enfin au chapitre intéressant: le gros du magot Mérou. Un à un, les derniers héritiers en vie se levèrent, les paumes tendues, comme pour recevoir l'extrême-onction. Patrice, d'abord, a qui Tony léguait tous ses actifs boursiers. Livide, le jeune homme accueillit la nouvelle d'un sourire timide. Depuis le début des meurtres, il avait perdu le sommeil. Mangusta avait d'ailleurs fait placer à son service un interne ultraqualifié venant de la clinique ultraprivée des hauteurs ultracoûteuses de Saint-Tropez. Le commissaire savait qu'entre deux injections de Cristox (mélange de Champagne Cristal et de Botox par intraveineuse censé rebooster Patrice) l'apprenti médecin pourrait le renseigner sur l'emploi du temps de l'héritier. Il avait appris que Patrice ne quittait plus sa chambre: il ne pouvait être coupable. Une fois les papiers signés, le jeune homme fit part de son désir immédiat de regagner la Suisse pour des raisons évidentes de santé. Mangusta n'y voyait aucune objection. Pas le moindre contrôleur des impôts dans les parages, on le laissa partir faire ses valises. Ensuite ce fut au tour d'Igor. Tony lui léguait l'ensemble de son patrimoine immobilier. Une fortune colossale, mais qui obligeait le jeune homme à rester sur place, puisque l'essentiel des biens du mort se trouvait sur la Côte. Contrairement à son frère, Igor se montra ravi de devoir demeurer encore un temps sur la French Riviera. Avec Paris Ibis, le fils de Tony vivait enfin d'amour et de Cristal frais. Ici ou ailleurs, tout ce qu'il désirait, c'était être avec elle. Il faut dire qu'avant Paris Igor s'était toujours tapé des thons. Une sale habitude pour un Mérou. Un frisson parcourut Mangusta: la présence prolongée d'Igor à Saint-Tropez constituait une menace et donc une dose de travail supplémentaire. Un frisson parcourut aussi Bernard Kouchner. L'aile nord de son édifice était en train de s'effondrer. Et plus le moindre budget pour colmater. Le ministre s'isola quelques secondes pour téléphoner à Dominique Strauss-Kahn. Vu l'importance de l'événement, il était temps de débloquer les fonds spéciaux du FMI. Enfin on passa à Caroline. La veuve se vit attribuer l'ensemble des comptes bancaires de Tony ainsi que toute sa collection d'art contemporain. Caroline se frottait les mains: entre un préservatif en duvet d'autruche géant, une bouche d'évacuation de WC turcs en cristal vénitien et un collage sur céramique de slips kangourous usagés ayant appartenu aux titulaires de l'équipe de France 1998, la collection Mérou ne valait rien. Mais François Pinault, féru d'art contemporain, s'en porterait sûrement acquéreur à prix d'or. Cependant, le bonheur de Caroline fut de courte durée. Alors qu'elle tendait encore les mains pour recevoir la pièce maîtresse de l'héritage, Guy Poupon annonça une nouvelle spectaculaire. «Je vais maintenant procéder à la dernière phase de l'exécution testamentaire. Celle qui concerne l'attribution des droits du mort sur une oeuvre artistique que M. Mérou contribua à produire avant sa mort. Une oeuvre majeure, voire inestimable, tant pour sa participation essentielle au patrimoine culturel français que par la nature illustre de son auteur. Je veux, bien sûr, parler de la chanson l'Amoureuse, le dernier single de notre aimée présidente. Et, bien que le nouveau dépositaire des droits de l'oeuvre ne soit malheureusement pas présent parmi nous aujourd'hui, je vais tout de même vous révéler son nom: il s'agit de M. Jean-Louis Ballon, ministre d'Etat.» On fit des oh! Et des ah! On fit même des ih! Et des uh! Chez certains encore, comme Caroline, on s'étrangla. Mais que signifiait cette absurdité? Pourquoi Ballon? Certes, le ministre avait accepté de prendre Alexis Mérou à son service, mais de là à finir couché sur le testament! D'habitude, Jean-Louis finissait plutôt couché dans une ruelle, inconscient, un verre à la main. Et, depuis sa disparition, certains le pensaient même coupable... Toujours est-il que Ballon venait de toucher le jackpot. Avec les précieux conseils de Thierry Chaussette, spécialiste du marketing au gouvernement, la promotion du single présidentiel avait été tonitruante. Les ventes crevaient le plafond. Même Florent Panini avait envoyé des félicitations de Patagonie par pigeon voyageur. Mais la bête avait été abattue en vol au-dessus des jardins de l'Elysée: le président n'aimait pas qu'on le prenne de haut. La nouvelle fit son effet. Paris Ibis broya la main d'Igor: la dot était un peu maigre. Caroline essaya d'étrangler Guy Poupon, Brice Hortefeux se mit à sucer son pouce en pensant très fort à François Fillon et Bernard Kouchner passa de nombreux coups de fil sur la ligne rouge de l'ONU. Mangusta fut alors contraint d'user de sa légendaire force de persuasion pour détendre l'atmosphère, en invitant tout le monde à dîner chez Fax. Le bistrot de la vieille ville, célèbre pour ses encornets farcis, envoyait toujours la note à ses clients par fax, pour éviter les attaques cardiaques. On accepta de se calmer. Mais Poupon n'en avait pas encore fini avec la famille. Massant lentement son cou perlé de sueur et rougi par la poigne de Caroline, le notaire mit tout le monde en garde avant de prendre congé. «Une dernière chose, messieurs les Héritiers. Il n'est pas impossible que le meurtrier frappe à nouveau. Dans ce cas, naturellement, il faudra à nouveau revoir la répartition de l'héritage en fonction des survivants. Nous retrouver dans de telles conditions serait bien entendu extrêmement fâcheux, mais inévitable. Votre nouvelle fortune constitue un appât idéal. Je ne vous dirai donc pas à bientôt.» Tout le monde s'empressa de quitter le bureau. Chacun pensait en silence au discours de Poupon. Un appât, disait- il. Sombre présage pour des Mérou. Mais déjà on songeait à l'avenir. On parlait dépenses, investissements, fêtes et shopping. On parlait de fortune et de gloire, on parlait de la Suisse. On parlait même de nouveaux chihuahuas. On recevait aussi des encouragements par SMS: «Bravo pour le pactole», «Félicitations! Tu viens de passer 10e dans le classement Forbes», «Magnifique, tu vas pouvoir claquer un max», et encore bon nombre d'autres choses élégantes. Dehors la nuit était déjà tombée. Mangusta laissa partir Mérou et ministres dans les vans blindés affrétés par le magazine Gala, qui couvrait tout l'événement. Le commissaire préférait prendre un taxi pour réfléchir. Lui seul ne s'était pas laissé gagner par la liesse des liasses. D'abord parce qu'elles n'étaient pas pour lui, et puis surtout à cause des meurtres: le coupable courait toujours dans la nature... Mangusta conseilla un raccourci au chauffeur. Il fallait emprunter des petits chemins sinueux et son 4x4 Mercedes biturbo chromé aux jantes alu 18 pouces s'y prêtait parfaitement. A Saint-Tropez, même les taxis faisaient rêver. Le commissaire s'était assis à l'avant et, bien que malmené par les nombreux virages qui le projetaient soit contre la vitre, soit contre le conducteur du véhicule jusqu'à lui faire des bécots sur la joue, notre héros gardait la tête froide. Une obscurité malsaine recouvrait la presqu'île d'un voile mortuaire. Mangusta en fit d'ailleurs la remarque au chauffeur. Mais ce dernier ne disait mot, préférant écouter sur Radio Vitamines les mix suaves de Bob Sinclair, le célèbre DJ qui ne se produisait jamais en public sans porter les tenues extravagantes de son homonyme d'«Amicalement vôtre», sa série fétiche. Personne ne voulait écouter Mangusta. Pourtant, le commissaire ne croyait pas si bien dire. En passant devant la villa de Bernard Montiel (la plus petite de Saint-Tropez), Mangusta eut une vision d'horreur: filant en sens inverse sur une énorme moto noire, le meurtrier passa sous ses yeux comme une bombe. La même cape sombre, la même capuche, la même silhouette que sur la navette de Cannes ou dans la suite de Laurent Mérou. Et cette apparition fantomatique avait quelque chose de la mort elle-même. A un détail près: c'était une mort en Ducati. Le chauffeur de taxi n'eut que le temps d'écouter les trois premières notes de Fuck Me Now, le dernier opus du poétique DJ Bob Sinclair: déjà le bras puissant de Mangusta l'éjectait par la vitre conducteur. Le commissaire tira le frein à main, mit le véhicule à l'équerre, fit un double débrayage, passa la 6e et se lança à la poursuite du coupable. Esprit malin ou pas, il était rare qu'un suspect motorisé échappât à Mangusta. Mais celui-là avait du cran. Beaucoup de cran. Après avoir repéré son poursuivant, le meurtrier sortit de la route pour prendre la fuite. Sautant sur un talus, il vola au-dessus de la grille d'entrée de la villa du célèbre philosophe Béchamel et faillit écraser sa compagne, Arielle Delaballe, qui s'adonnait à l'une de ses séances de bronzage intégral nocturne favorites. «Rien de mieux que la lune pour faire bronzer ma lune», disait Arielle. Et Béchamel ne pouvait la contredire, car D y avait du Simone de Beauvoir dans cette poésie du soir. Mais nul ne pouvait arrêter Mangusta: il défonça la grille de la propriété et laboura la pelouse sous les 500 chevaux de son 4x4. Béchamel sortit alors de la cuisine en brandissant un batteur électrique: on l'avait dérangé en pleine tambouille. Ou en pleine écriture, c'était équivalent. La poursuite reprit de plus belle. On renversa de nombreux Tropéziens, on traversa de nombreuses maisons et on rentra même dans quelques salons décorés par Philippe Flack. Au passage, Mangusta chaparda un ou deux bibelots. Mais, au fur et à mesure que le commissaire se rapprochait du bolide noir, une certitude le gagnait. A voir la route que semblait prendre le fuyard, il ne pouvait vouloir se rendre que dans un endroit. Un lieu aussi fameux qu'étrange dans le contexte de l'enquête: La Matraque, la célèbre maison de Brigitte Bardot... Impossible! cria Mangusta. Ca ne peut pas être elle! Pourquoi celle qui avait toujours défendu les phoques voudrait-elle maintenant s'en prendre à des Mérou? Et puis le commissaire savait qu'il avait à faire à quelqu'un de nettement plus sportif que BB. Toujours est-il que la moto se dirigeait bel et bien vers La Matraque. Et, pour la première fois de cette histoire, Mangusta décida enfin d'anticiper. Contournant la demeure, il se gara sur le bord de la route pour laisser croire au meurtrier qu'il avait réussi à le semer. Bien que son T-shirt Dolce & Gabbana motif arc-en-ciel en silicone nord- californien puisse le trahir, le commissaire alla se poster près de l'entrée. Le plan fonctionna à merveille. Se croyant enfin seul, le motard gara son engin dans le jardin de la maison et s'avança vers la porte. C'est alors que Mangusta bondit comme un tigre du Bengale, tenant en main sa matraque en acajou signée Armani Casa. Il frappa de toutes ses forces sur le crâne du meurtrier et se pencha sur le corps immobile. Enfin, il allait connaître son identité. Enfin, il avait gagné. Enfin, il allait toucher sa prime. Respirant à fond pour marquer le coup, le commissaire retira la capuche d'un coup sec et un visage apparu. Et pas n'importe quel visage. Mangusta eut la surprise de sa vie: il s'agissait de la présidente... Samedi 16 Août 2008 - 00:00
CARLO BRONZI
Lu 1422 fois
|
Nos blogueurs associés
Nos chroniqueurs associés
![]()
Sur le blog de Marianne2.fr
|
||||||||
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72
|
||||||||||

















