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Besancenot, nouveau casse-tête du PSCette fois-ci ça y est : le postier est passé devant tous les leaders socialistes, Ségolène compris, dans les sondages. Désormais, il devient un vrai souci pour le PS, soulignant ses travers et ses erreurs.
Olivier Besancenot, meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. C'est un sondage OpinionWay pour Le Figaro qui le place devant Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et François Hollande. Un autre sondage de BVA L'Express place le leader de la LCR comme troisième personnalité politique français que les Français souhaitent voir prendre de l'influence, juste derrière Bertrand Delanoë et François Bayrou, mais devant Ségolène Royal. En terme de popularité, Olivier Besancenot se place désormais parmi les 5 hommes politiques les plus appréciés des Français, dépassant allègrement les 40% d'opinions favorables.
Un effet Drucker ? La sympathie significative portée à Olivier Besancenot ? Un «effet Michel Drucker». Invité dans l'émission du meilleur ami de la ménagère de plus de 50 ans, Besancenot est dédiabolisé et rentre dans l'establishment des paysages médiatique et politique français. Seconde raison de ce sursaut de popularité, la LCR est présente sur le front de tous les conflits sociaux, au combat contre toutes les actualités gouvernementales. Une Ligue à toutes les manifestations, une Ligue qui communique par dépêche à chaque nouvelle loi. Là où la gauche traditionnelle a déserté le pavé et le rôle d'opposant, la LCR trouve un boulevard dans le coeur des Français anti-sarkozystes. Luttes sociales contre luttes d'ego Troisième raison, et non des moindres, Olivier Besancenot lui-même. Sur le papier un non-professionnel de la politique, qui médiatiquement n'hésite pas à montrer et crier qu'il continue, lui, à travailler, et de facto en devient plus proche des travailleurs. La professionalisation des métiers de la politique, au Parti Socialiste principalement, nuit gravement à l'image d'un parti proche des préoccupations du Français moyen. En contradiction totale avec sa doctrine, Olivier Besancenot incarne seul toute la vie de la LCR. Seul leader de son parti. Les luttes de pouvoir aussitôt écrasées et étouffées. Le conflit interne, et là encore le PS s'avère à l'exact opposé de cette image, n'a pas lieu d'être et de transparaître. Alors que la seule image véhiculée depuis des années par le Parti Socialiste est celle d'un mouvement n'arrivant pas à éteindre les flammes ardentes de luttes d'ego, l'extrême-gauche s'est trouvée un seul et unique porte-parole en la personne de Besancenot. Alors que le bruit médiatique renvoyé par le PS est occupé à 90% par des petits mots assassins entre camarades, celui de la LCR porte à 100% sur la lutte au gouvernement de Nicolas Sarkozy. Olivier Besancenot continue d'ailleurs sa route. Faisant de la LCR table rase, il crée son Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Peu ou prou la même chose, mais la disparition des mots "communiste" et «révolutionnaire» ne peut être interprétée comme un hasard. Le nouveau nom gagne en légitimisation et devient symboliquement plus sage, médiatiquement et donc électoralement plus accessible, moins effrayant. L'erreur des socialistes Le PS, comme si ses luttes pachidermesques ne suffisaient pas, crée donc un groupe de réflexion sur l'extrême-gauche. Avec la tête de cette commission Henry Weber, Daniel Vaillant et Bruno Leroux, le Parti Socialiste prouve une nouvelle fois encore son incompréhension de ce que les Français attendent de lui : être le principal opposant à Nicolas Sarkozy. Plus les leaders du PS gagneront en sympathie dans les rôles de combattants à la droite et d'alternative crédible à sa politique, moins le leader de la LCR sera audible. Taper sur Besancenot ne fera que le renforcer. Forcément, la gauche du PS se rebelle contre ce groupe de travail anti-Besancenot, devenant une nouvelle source de conflit entre socialistes. Et il est fort à parier que les médias de droite se délectent à l'avance de ces dissensions. Principe des vases communicants. Le PCF est moribond. Le PS inaudible et sclérosé par lui-même. Les électeurs le regrettent. Et se retournent donc vers le NPA de Besancenot. Eparpillement des voix, donc difficulté pour la gauche dans son ensemble à constituer un véritable pôle face à l'UMP. Alliance ou rejet ? Plus Besancenot monte dans les sondages, plus la LCR prend de l'importance sur l'échiquier politique, plus Besancenot pensera être indispensable, accroissant de fait sa soif de pouvoir, revendiquant alors au moment des tractations électoralistes une plus grosse part du gâteau. La gauche peut se faire du soucis, elle n'en a pas fini de se taper la tête contre les murs. Le PS d'une part ne réussira pas à trouver une position commune à adopter face à la montée de Besancenot. Alliance ou rejet ? Sans réfléchir à l'envers : que souhaite Besancenot ? Jouer avec les socialistes ou se la jouer perso ? Accepter des accords avec les socialistes, ou casser la gauche à cause de lui ? La LCR (ou le NPA), le temps venu si la gauche remporte un jour les élections nationales ou si la question se pose, acceptera-t-elle de participer à la gestion du pouvoir ? Protester, Besancenot y excelle ; gouverner, Besancenot devra faire des concessions. Le voudra-t-il, sachant qu'il se coupera alors d'une partie de sa base la plus extrême ? La soif de pouvoir de Besancenot dépandra en parti de l'avenir de la gauche française, le PS n'étant pas prêt de s'enlever la balle qui gangrène son pied depuis des années. Nicolas Sarkozy a de beaux jours devant lui. Retrouvez le blog de Luc Mandret. (Photo : Philippe Leroyer Lundi 23 Juin 2008 - 00:39
Luc Mandret
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