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Bayrou dénonce une entente Sarkozy-TapieCe matin sur RTL, le leader du Modem était colère. Evoquant la décision du tribunal arbitral d'accorder 285 millions d'euros à Bernard Tapie, François Bayrou a parlé d'une « opération d'intoxication» et de « protections au plus haut niveau de l'Etat».
Très remonté depuis la décision du tribunal arbitral d’accorder 285 millions d’euros d’indemnités à Bernard Tapie, Bayrou a remis le couvert ce matin sur RTL en dénonçant clairement une entente entre Nicolas Sarkozy et l’homme d’affaires-comédien.
« Ceci est une opération d'intoxication » a déclaré le leader du Modem. François Bayrou a d’abord écarté le chiffre de 285 millions d’euros, préférant s’en remettre au calcul du Monde qui évoque 400 millions au total avant de s’en prendre au tribunal arbitral : « c’est une blague de dire tribunal arbitral ! On a justement voulu mettre en place des arbitres qui sont des personnes privées, d'ailleurs lourdement dédommagées. Ils vont toucher chacun plus de 300.000 euros. On a voulu mettre en place ces arbitres, pourquoi ? Pour éviter la décision de justice dont on savait, en raison d'une décision de la Cour de Cassation, qu'elle serait défavorable à Bernard Tapie ». Bayrou veut casser la table Qualifiant Tapie d’aventurier, François Bayrou, très très remonté a explosé devant le qualificatif de « préjudice moral » : « Ça donne envie, Monsieur, de casser la table devant laquelle on est. Préjudice moral ? J'ai regardé. On donne 45 millions d'euros à Tapie pour préjudice moral ; et il suffit de regarder le pedigree de Tapie, comme on dit pour les chevaux, pour avoir une idée de ce que « moral » en l'occurrence signifie. (…). J’ai regardé ce qu’on donne pour une victime du cancer de l’amiante (…) On donne 45.000 euros. La mort à son conjoint. Et pour Tapie, on donne 45 millions d'euros. Mille fois plus. Est-ce que ça ne vous donne pas envie de casser cette espèce d'injustice perpétuelle dans laquelle on vit ». Tapie-Sarkozy : un bout de chemin ensemble Enfin, le président du Modem a clairement évoqué des « deals politiques ». Pour preuve, les messages adressés par Nicolas Sarkozy aux radicaux de gauche : les concessions accordées au PRG sur la constitution des groupes parlementaires, la nomination de Jean-François Hory, ancien dirigeant du PRG au temps de la « gloire » de Tapie, au conseil d’Etat. « Chaque fois que Nicolas Sarkozy a été soit au ministère des Finances, soit à la présidence de la République, comme par hasard des protections se sont déclenchées à l'endroit de Bernard Tapie(…) » a conclu François Bayrou qui appelle à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire afin de faire notamment la lumière sur les circonstances qui ont conduit à écarter la justice de cette affaire. Jeudi 17 Juillet 2008 - 15:57
Régis Soubrouillard
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