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Bayrou, seul en piste, fonde le Mouvement démocrate

Envers et contre la majorité de son groupe parlementaire, François Bayrou fonde aujourd’hui le Mouvement démocrate.



Les parlementaires n’étaient pas nombreux, ce matin, à la Mutualité, à Paris. Mais ceux qui étaient venus pour la fondation du Mouvement démocrate ont été chaleureusement remerciés par les 2 500 militants présents. « Je n’ignore rien des pressions électorales qui s’exercent sur un certain nombre d’élus, a commencé François Bayrou, tous n’y répondent pas de la même manière et c’est pourquoi je voudrais vous demander d’applaudir les députés qui sont à cette tribune ! » Sur scène, à ses côtés, on pouvait reconnaître sa fidèle directrice de campagne, Marielle de Sarnez (députée européenne), Anne-Marie Comparini (députée du Rhône), Jean Lassalle (député des Pyrennées-atlantiques), le sénateur Michel Mercier et l’écologiste Corinne Lepage. Dans la salle, quelques têtes connues ont, elles aussi, été saluées avec chaleur : Gilles Artigues (député de la Loire), le sénateur Jean Arthuis et l’ancien ministre UMP Azouz Begag, notamment.

Contre les « parlementaires robotisés »
Alors que 22 députés sur les 29 que comprend le groupe UDF ont décidé de soutenir la majorité présidentielle, le candidat centriste a d’abord tenté de rassurer, à huis clos, le bureau politique. Il s’est ensuite adressé aux sympathisants, dans un discours qui n’était pas sans rappeler ceux qui ont émaillé sa campagne présidentielle. Fustigeant des « parlementaires robotisés qui votent systématiquement dans le même sens sans même avoir examiné les textes qu’on leur propose » et renvoyant dos à dos « la majorité qui vote toujours oui et l’opposition qui vote toujours non », François Bayrou a déclaré qu’il souhaitait « résister », contrairement aux membres de son parti qui ont « cédé ». Dans l’après-midi, les membres du conseil national ont voté, à main levée et à l'unanimité moins 4 voix et 4 abstentions, la transformation de l’UDF en UDF-Mouvement démocrate. Selon le candidat centriste, la nouvelle formation aurait déjà recueilli 22 000 pré-adhésions par Internet depuis dimanche.

L'au-revoir des fidèles
Surprise : vers 13 heures, le député européen Jean-Louis Bourlanges, opposé à la naissance de ce nouveau parti, est monté à la tribune. François Bayrou a lui-même insisté pour que la salle, houleuse, garde son calme. Très troublé, Jean-Louis Bourlanges est venu dire « au revoir » aux militants. Il a défendu le choix des députés ralliés à l’UMP – citant Hervé Morin, le président du groupe UDF à l’Assemblée et Charles de Courson, l’économiste du Parti. « Ne croyez pas que Charles de Courson vous a trahi », a-t-il lancé. D’un point de vue stratégique, il a mis en avant la difficulté, pour l’UDF, de s’imposer aux élections législatives : « on ne gagne pas en scrutin majoritaire quand on est le troisième et qu’on n’a pas d’amis », a-t-il analysé. Puis il a mis en cause le choix de François Bayrou dans l’entre-deux tours, faisant valoir qu’« on ne peut pas être à la fois un parti qui soit ni de droite ni de gauche, et en même temps dire qu’on fait de Nicolas Sarkozy et de sa majorité l’ennemi public numéro un. » François Bayrou l’a remercié et a fait comprendre qu’il laissait la porte ouverte : « Ce n’est pas parce qu’il y a des gens qui choisissent un autre chemin que nous ne pourrons pas nous retrouver un jour. » D’ici-là, son nouveau parti projette de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. A l'exception de celles tenues par les députés sortants UDF qui soutenu François Bayrou jusqu'au premier tour.



Voir le discours de François Bayrou :






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