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Bayrou, c'est beaucoup de Pébereau, beaucoup de Barre et un zest de PinayPar Hervé Nathan, rédacteur en chef de Marianne.
François Bayrou a quelque chose de Clémenceau. On se souvient que le Tigre disait : « j'ai un programme, je fais la guerre ». Bayrou, quatre-vingt-dix ans plus tard dit en substance : « j'ai une politique économique : je réduis la dette ». C'est le message qu'il a voulu faire passer vendredi, lors de sa conférence de presse. La dette financière, la dette générationnelle, la dette écologique, voilà l'ennemi. La dette, la dette, la dette, il n'y a que cela qui compte. Et de ce point de vue, son message est cohérent : pas question de réduire les impôts (prélèvements obligatoires) avant quelques années, le temps de ramener le fardeau national à de plus justes proportions. Les niches fiscales plafonnées, un programme minimaliste (20 milliards d'euros, quand le PS est à 35 et l'UMP à 30 milliards), des économies identifiées : tout cela fait de Bayrou le candidat de Michel Pébereau, auteur du rapport sur le dette et président de l'Institut de l'entreprise (et du site debat2007.fr).
Mais François Bayrou, avec son scénario, accepte aussi de réduire la croissance à 2% par an. C'est peu, mais c'est logique : avec des dépenses publiques en baisse de 7 milliards d'euros pendant trois ans (c'est ce qui ressort de son cadrage budgétaire), le PIB devrait être moins dynamique de 0,5% C'est donc renoncer à lutter réellement contre le chômage. Car sans croissance, et même avec les « deux emplois sans charge », les entreprises n'embaucheront pas, ou peu. Dans ce cas, Bayrou rappelle un autre centriste : Raymond Barre. Lui aussi avait le culte de l'équilibre des comptes publics. Lui aussi avait institué des « emplois sans charge » dans les années 70-80. Le « meilleur économiste de France » avait gagné la bataille des déficits, mais il avait perdu celle du chômage. Et Giscard était apparu comme « l'homme du passif » et avait perdu les élections. Reste à comprendre pourquoi François Bayrou, qui drague ouvertement à gauche, a pu présenter une réforme de l'ISF qui revient à diviser l'impôt sur la fortune des plus riches des français par 40, et celui des « juste fortunés » par 5 ! Là ce n'est plus Pébereau ni Barre, c'est Antoine Pinay (celui de l'amnistie fiscale et de l'emprunt gagé sur l'or et hors droits de succession…), et c'est bien dommage… Lundi 26 Février 2007 - 17:44
Hervé Nathan
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