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Après Drucker, Besancenot éblouit les sondeursMais où s'arrêtera-t-il ? C'est la question qui donne des sueurs froides au Parti Socialiste. A raison : une étude de l'Ifop montre que le gentil facteur de Neuilly représente une menace bien réelle pour le PS.
Souvent considéré comme un simple « phénomène médiatique », -même pas cap’ de se présenter à la présidentielle, selon Laurence Ferrari… - Olivier Besancenot est l’objet de passions antagonistes au sein de la gauche française.
Une curiosité que ce facteur qui, en quelques années, a réussi à passer du statut de bleu-bite trotsko-politique à celui d’opposant médiatique redouté et, désormais, de menace politique bien réelle pour les partis installés. C'est ce qu'établit Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l’Ifop , dans une étude politique consacrée au cas Besancenot. Poids lourd de la vie politique française Présidentielle de 2002, référendum européen et bataille autour du CPE en 2005, présidentielle de 2007 : Besancenot s’est imposé comme un poids lourd de la politique française –au point de décrocher une invit’ chez Drucker…[« Cette victoire politique et symbolique a d’ailleurs entériné comme un passage de témoin (ou un changement de génération) entre son aînée Arlette Laguiller et le jeune facteur de Neuilly, qui la devance depuis cette date en termes de popularité parmi les sympathisants de gauche » ]iécrit Jérôme Fourquet. Le tournant du référendum européen C’est le référendum de 2005 qui l’installe véritablement et déjà durablement comme une alternative à la gauche de gouvernement. Sa cote de popularité passe alors de 35 à 65%. « Par ses arguments, il a donc su sensibiliser et intéresser des populations potentiellement critiques à l’égard du libéralisme et de la mondialisation mais qui s’étaient progressivement retirées du champ politique. Parallèlement, le leader de la LCR a, lors de cette campagne, conforté son audience auprès des soutiens de l’extrême-gauche, marqué des points dans l’électorat communiste au point d’y atteindre plus de 70 % de bonne opinion en septembre 2005 et progressé chez les sympathisants socialistes, où il franchit la barre des 50 % de bonne opinion à l’occasion du référendum » analyse le rapport. Révolutionnaire sympa Lors de la présidentielle de 2007, c’est l’image d’insoumission à l’establishment politique et de proximité qui installe le candidat Besancenot dans le cœur politique des Français. C’est aussi parce que le candidat de la LCR n’est pas perçu comme un « révolutionnaire pur et dur » qu’il parvient à conquérir un électorat d’ordinaire insensible à ce type de discours. Encore que l’intéressé est moins lisse qu’il ne le laisse paraître, c’est plutôt son côté caméléon aussi à l’aise avec Joey Starr ou Drucker que l’icône du Che qui prédomine. Ainsi, lors de la présidentielle de 2007, l’image de Besancenot s’est surtout améliorée sur le plan qualitatif.
Die Linke en Version Française
Même les municipales de 2008, d’ordinaire peu favorables aux « petits » partis, ont concouru à l’installation de la LCR dans le paysage politique français, la ligue s’imposant sur le plan local comme LE parti de la gauche de la gauche. L’étude de l'Ifop fait apparaître que, si le PS pourra toujours profiter des reports de voix de la LCR, la ligue est désormais, avec Olivier Besancenot, une véritable nouvelle offre politique qui se dessine à la gauche du PS , à la manière de Die Linke en Allemagne, formation alliant les anciens communistes du PDS et des déçus du SPD et qui est aujourd’hui représentée dans dix parlements régionaux. Besancenot, le joujou de Sarko ? « (…)Olivier Besancenot pourrait alors se voir ouvrir de nouvelles perspectives, notamment si le train des réformes sarkozystes continue au même rythme, écrit encore Jérôme Fourquet. Engendrant mobilisation et radicalisation éparses dans différents secteurs de la société, la « rupture » pourrait amener certaines clientèles de gauche (enseignants, fonctionnaires, syndicalistes, précaires) à se tourner vers le Nouveau Parti Anticapitaliste, incarnant le mieux l’opposition frontale au sarkozysme ». Un chèque en blanc à Sarkozy, qui aurait déclaré à François Hollande lors d’un voyage : « On va vous faire avec Besancenot ce que vous nous avez fait avec Le Pen pendant des années… ». Un prêté pour un rendu, en somme...A ceci près que si Le Pen a su rassembler toutes les mouvances de l'extrême droite sur son nom, Besancenot n'a pas encore prouvé qu'il saurait s'émanciper de son positionnement extrêmement… particulier. . L'étude de l'Ifop n'aborde d'ailleurs que très superficiellement les -malgré tout très explosives- questions idéologiques. Un groupe « d’éveil » au Bristol Qu’on se rassure, conscient tout de même du risque d’être doublé sur sa gauche, presque sorti de sa léthargie estivale, le PS a constitué un « groupe de veille » autour de Daniel Vaillant (!). Les empêcheurs de tourner en rond se seraient réunis le 11 juin au Bristol. On imagine le conseil de guerre… Quitte à ne rien faire, un groupe « d’éveil » de tout le PS eut sans doute été plus approprié… Vendredi 18 Juillet 2008 - 06:33
Régis Soubrouillard
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